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Le Nouveau-Brunswick perd encore deux journaux francophones avec la fin annoncée de la publication des hebdomadaires Info Week-End et L’Étoile.
L’hebdomadaire Info Week-End en a fait l’annonce dans son édition du 30 juillet.
Cette édition d’Info Week-End sera la dernière, une décision qui tient compte des réalités économiques et de l’évolution des habitudes de lecture qui touchent les publications hebdomadaires gratuites, peut-on lire sur la une du journal.
Un message annonçant la fin des activités de L'Étoile a également été publié sur la une de son édition de jeudi.

L'hebdomadaire «L'Étoile» a fait paraître sa dernière édition le 30 juillet 2026.
Photo : Gracieuseté : L'Étoile
Dans une déclaration envoyée à Radio-Canada, Postmedia, le groupe de presse propriétaire du journal, a indiqué qu’il mettait aussi fin à la publication de L’Étoile.
À la suite d’un examen de ses activités, Postmedia a pris la décision difficile de mettre fin à la publication de L’Étoile et Info Week-End, deux hebdomadaires gratuits qui ne sont malheureusement plus viables sur le plan financier, écrit l’entreprise.
D’après Postmedia, plusieurs facteurs ont été considérés pour en arriver à cette décision, qui mènera à la suppression d’un emploi.
Cette décision n’a pas été prise à la légère et reflète les réalités économiques actuelles ainsi que l’évolution des habitudes de lecture qui affecte [sic] les publications gratuites, ajoute Postmedia.
Ces journaux, tout comme l’ensemble des quotidiens anglophones du Nouveau-Brunswick, étaient la propriété de la famille Irving jusqu’à ce qu’elle décide de vendre son groupe de presse, Brunswick News, à Postmedia en 2022.
Un contexte économique difficile
Professeure émérite au Département d'information-communication à l'Université de Moncton, Marie-Linda Lord n'est pas surprise par cette annonce.
Postmedia a fermé déjà des centaines de journaux à travers le pays. Il y a deux situations, la baisse des revenus publicitaires pour la presse écrite, notamment, qui s'est déplacée vers les médias sociaux et, en même temps, le lectorat qui s'est aussi déplacé vers les médias sociaux.

Marie-Linda Lord s'inquiète de l'effritement de l'information locale au Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Kenneth Hébert
L'annonce de la disparition de ces deux hebdomadaires francophones survient quelques semaines après que Postmedia a aussi annoncé la fin de la publication du Miramichi Leader.
Au Nouveau-Brunswick, il ne reste donc que trois hedomadaires anglophones. Marie-Linda Lord craint qu'il sera ainsi plus difficile pour les Néo-Brunswickois de bien s'informer sur les enjeux municipaux importants dans leur région.
C'est une grosse perte, tout le monde souffre de ça. Quand ça fait un effet domino comme en ce moment, ça va avoir de grosses répercussions sur la vie citoyenne et la vie démocratique, il est là le grand enjeu [...], analyse-t-elle.
Il faut toujours rappeler que l'on a un devoir comme citoyen de bien vouloir s'informer et ça prend d'autant plus d'importance lorsque l'on voit ce genre de journal disparaître. Ce sont des signaux d'alarme.
Avec la fin des activités de L'Étoile et de Info Week-End, il ne reste plus que deux journaux francophones dans la province, soit le Moniteur Acadien, et le quotidien l’Acadie Nouvelle, qui a récemment annoncé qu’il ne publiera que deux éditions papier par semaine.
Ce changement a été motivé par le fait que Postmedia a annoncé en avril qu’elle fermait son service d’impression à Moncton et que l’ensemble de ses journaux du Nouveau-Brunswick seront désormais imprimés à Halifax.
Une crise qui dure depuis près de 20 ans
Mme Lord rappelle que le phénomène d'effritement de l'information locale n'est toutefois nouveau. Au fil des années, de nombreux journaux, comme Le Madawaska ou L'Aviron, ont cessé d’être imprimés au Nouveau-Brunswick.
D’après le Local News Research Project, un observatoire de l'information au Canada chapeauté par plusieurs universitaires, 13 médias ont disparu du paysage médiatique du Nouveau-Brunswick entre 2008 et le 8 juin 2026. À l’échelle du pays, c’est 490 quotidiens et hebdos qui ont cessé leurs activités au cours des 18 dernières années.
Selon Marie-Linda Lord, il faudra que les citoyens se mobilisent pour exiger davantage de sources d'information de qualité. Les solutions, ajoute-t-elle, ne viendront pas du privé et ce sera aux gouvernements de mettre en place des fonds d'aide pour les médias, comme l'a fait le gouvernement fédéral grâce à l'Initiative de journalisme local.
Avec des informations de Mathieu Roy-Comeau


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