Face à la pression principalement induite par leurs études, de nombreux adolescents chinois consomment des médicaments contre la toux de manière excessive. Source d’inquiétude du côté des autorités, cette tendance ayant pour but de fuir la réalité peut tout de même aller jusqu’à l’overdose.
Pourquoi détourner l’usage de ces médicaments ?
Le 28 aout 2026, un article de la BBC a traité d’un phénomène de plus en plus visible en Chine. Depuis plusieurs années, un nombre croissant d’adolescents détournent des médicaments contre la toux pour planer. Il est ici question de comprimés ou de sirops consommés à des doses massives. La substance principalement ciblée est le dextrométhorphane (DXM), un antitussif provoquant – en cas de forte dose – des effets psychotropes, hallucinogènes et dissociatifs similaires à ceux de la kétamine.
La plupart de ces jeunes détournent ces médicaments pour faire face au stress et à l’anxiété chronique, un état induit par la pression des études. Rappelons tout de même qu’en Chine, le système scolaire est très compétitif. L’examen national d’entrée à l’université (Gaokao) le symbolise. Parfois, les ados passent une dizaine d’heures par jour à étudier pour le préparer, avec la peur au ventre.
L’autre principale source d’anxiété provient de la cellule familiale, principalement la relation avec les parents. Il faut dire que la politique de l’enfant unique, bien qu’abolie en 2016, a généré des familles dont le seul enfant porte sur ses épaules toutes les attentes de réussite de ses parents. En conséquence, ce fardeau psychologique peut entrainer un isolement social et des tensions difficiles à supporter.
Des restrictions de plus en plus fortes
Il faut savoir que l’extrême majorité des médicaments consommés ne sont disponibles que sur ordonnance. Cependant, acquérir ce genre de produits sur Internet est beaucoup plus facile. Comme le révélait le China Daily dans un article de 2024, le gouvernement avait officiellement classé le dextrométhorphane comme substance psychotrope de catégorie II. Cette mesure a rendu beaucoup plus difficile les conditions d’accès à cette molécule. Le dextrométhorphane avait d’ailleurs déjà fait l’objet d’une mesure en 2021, passant de la vente libre à la prescription sur ordonnance.
« Son inscription au catalogue national des médicaments psychotropes de catégorie II implique que les vendeurs doivent le vendre conformément aux dosages prescrits et sur présentation d’une ordonnance médicale. Les ordonnances doivent être conservées pendant deux ans et la vente du médicament aux mineurs est interdite, selon l’administration. Un registre dédié, tenu par un personnel désigné, doit être mis en place pour enregistrer les ventes. », pouvait-on lire dans l’article.
Cependant, les autorités chinoises sont allées encore plus loin en opérant une réforme structurelle globale en 2026. Désormais, l’État suit de manière stricte la distribution, l’usage dérivé potentiel ainsi que la sécurité de chaque substance de sa production jusqu’à sa commercialisation. Néanmoins, nulle doute que les adolescents trouveront d’autres moyens pharmaceutiques pour se soulager malgré les restrictions. Il faut dire qu’en Chine, les médicaments sont assez bon marché.
Crédit : DelsymDes risques importants pouvant aller jusqu’au décès
A terme, l’abus de ce genre de substance comporte des risques sur le plan de la santé mentale et physique. Il peut être question d’une altération rapide de la mémoire, d’une diminution des capacités de concentration ou encore, d’une altération du jugement. De fortes doses peuvent aussi induire des états de délire, des hallucinations, de la paranoïa intense et des crises de psychose.
Par ailleurs, la présence de paracétamol dans ces médicaments détruit lentement le foie, toujours en cas de fortes doses, en raison d’une insuffisance hépatique aiguë. On observe également chez certains consommateurs des convulsions, une forte détresse respiratoire, une tachycardie sévère, voire même des comas pouvant mener à la mort. Enfin, ces médicaments induise une forte addiction physique et psychologique chez les ados.
Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !