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Alors qu’Edmonton vit l’été le plus pluvieux de son histoire, la Ville réévalue sa décision d’enfouir certains ruisseaux urbains, car leur disparition prive la capitale albertaine d'un bouclier naturel contre les inondations.
Le réseau n'est plus en mesure de gérer ces importants pics de débit liés aux intempéries que nous observons ces derniers temps, s’indigne Jillian Calvert, responsable des communications à l'Alliance du bassin versant de la Saskatchewan Nord, un organisme à but non lucratif.
Edmonton compte de nombreux cours d’eau urbains, notamment les ruisseaux Whitemud, Blackmud, Mill Creek, Fulton Creek, Wedgewood et Horsehills.
Selon l'Alliance, la décision prise il y a plus de 50 ans de drainer les zones humides et de les remplacer par des routes et des surfaces imperméables empêche désormais l'eau de s'infiltrer naturellement dans les sols et d’être rejetée dans la rivière.
Nous avons canalisé les ruisseaux sous terre, de sorte qu’ils ne suivent plus leur cours naturel, ajoute l'organisme en précisant qu’il s’agissait d’une pratique courante à mesure que les villes se développaient au cours du siècle dernier.
Jillian Calvert estime que le déroutement de certains tronçons du ruisseau Mill Creek aurait pu contribuer aux inondations survenues sur la route Connors la semaine dernière, forçant sa fermeture.

La route Connors a dû être fermée à la circulation le 27 juillet en raison d'inondations importantes ayant submergé plusieurs véhicules.
Photo : Radio-Canada
Mill Creek se serait jeté dans la Saskatchewan Nord un peu plus à l’ouest de l’endroit où il se jette actuellement, et [l'eau] se serait naturellement écoulée au milieu des arbres qui l’entouraient, explique-t-elle.
Cela aurait été un ravin classique se jetant dans la rivière, plutôt que de s'enfoncer sous terre, sous les infrastructures, pour ensuite déboucher dans un exutoire, regrette-t-elle.
Libérer les cours d’eau
Il y a près de 10 ans, la Municipalité a mené une étude de faisabilité sur la remise à ciel ouvert du ruisseau Mill Creek, avec des coûts estimés entre 80 et 130 millions de dollars environ.
Aujourd’hui, une dynamique s’est mise en place pour concrétiser ce projet.
La Ville et son service des eaux et d’assainissement, Epcor, travaillent sur un plan de prévention des inondations s’étalant sur 20 ans. Ce dernier prévoit notamment la construction de bassins de rétention des eaux pluviales pour faciliter la gestion des eaux de ruissellement et, par conséquent, limiter les inondations.

À la fin du mois de juillet, une nouvelle averse torrentielle a provoqué la crue du ravin de Mill Creek.
Photo : Radio-Canada / Geneviève Potvin
Ce n’est pas un projet facultatif, c’est une nécessité absolue, déclare le conseiller municipal Michael Janz, représentant la circonscription de Papastew.
Nous savons que les effets du changement climatique ne feront que s’aggraver; c’est pourquoi nous devons investir dans des mesures de prévention.
La Ville doit, quant à elle, éponger une facture de 30 millions de dollars, uniquement pour les réparations liées aux inondations de cette année.
Avec les informations d'Emily Rae Pasiuk


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