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Environ 200 citoyens se sont mobilisés mardi soir à Barraute pour réitérer leur opposition au projet de transférer les élèves de 4e et de 5e secondaire à Amos. Ils demandent au Centre de services scolaire Harricana (CSSH) de travailler plutôt à des solutions pour garder tout le secondaire à l’école Natagan.
C’est près du double du nombre de citoyens qui s’étaient présentés à la réunion du conseil d’établissement des écoles de Barraute, le 25 février dernier. Cette fois-ci, il s’agissait d’une consultation publique où le CSSH a de nouveau présenté les deux options à l’étude pour l’école secondaire Natagan et l’école primaire Notre-Dame-du-Sacré-Coeur.
Essentiellement les mêmes arguments ont été présentés par la directrice générale Nancy Létourneau, qui a aussi pu approfondir certains éléments en fonction des questions posées par des citoyens le 25 février.

Nancy Létourneau a de nouveau expliqué toutes les raisons qui poussent son organisation à envisager le transfert de deux groupes du secondaire vers Amos.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Elle se défend de vouloir affaiblir les écoles de Barraute et veut plutôt les pérenniser en dépit de nouvelles contraintes, comme la requalification des indices de défavorisation qui privera Barraute de certaines mesures financières dès l’an prochain.
C’est le contexte actuel qui nous oblige à penser différemment. Et c’est ça qu’il est important de comprendre, et que je vois qui n’est pas bien entendu.
bien des élèves va être une priorité. J'entends que nos élèves de secondaire 4 et 5 ne sont pas prêts à venir à Amos. J'entends toutes les contraintes au niveau du parascolaire. Ce sont des éléments qui vont s'ajouter à l'analyse et c'est important de les considérer quand on va faire notre rencontre, le 31 mars, pour s'assurer qu’on fait la bonne lecture de ce qui est présenté avec les idées et les opinions de tout le monde », souligne Mme Létourneau.
Le CSSH propose aussi de rapatrier les groupes de la 5e année et de la 6e année du primaire à l’école secondaire Natagan, ce qui lui permettrait d’aller chercher des mesures financières additionnelles.
Crainte d’un effet domino
Les parents, les élèves et les citoyens présents ont réitéré leurs inquiétudes au niveau des impacts des déplacements, de la délocalisation des élèves hors de leur milieu et de la perte d’un service de proximité.

Jeanne Grenier est l'une des nombreuses personnes qui se sont présentées au micro mardi soir.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Citant l’exemple de trois écoles ailleurs au Québec qui ont fermé après avoir perdu des niveaux scolaires, Jeanne Grenier a dit craindre un effet domino.
Il y a des études qui disent que, quand on commence à enlever des niveaux dans une école, dans les cinq à dix ans suivants, l’école secondaire va fermer complètement. C’est arrivé pour trois écoles. C’est pourquoi enlever six élèves de secondaire 5 dans notre école peut tuer une école entière, affirme Mme Grenier.
Des pistes de solution
D’autres citoyens se sont présentés au micro avec des pistes de solution. Samantha Émond, administratrice du Mont-Vidéo de Barraute, croit que l’école Natagan pourrait attirer des élèves de l’extérieur en misant sur des concentrations sportives avec tout le potentiel qu’offre le Mont-Vidéo.
On serait en mesure de fournir un terrain pour pratiquer les sports d'été. Autant le cross-country, la randonnée, le vélo de montagne. Et en hiver : la raquette, le ski de fond, le ski alpin, le snowboard. Il y a une multitude de sports qui pourraient être offerts sur notre territoire, puis c’est inexploité dans le réseau scolaire. Je pense que c'est une avenue qui est vraiment importante à étudier, estime Mme Émond.

Le Mont-Vidéo est situé à un peu plus de 10 kilomètres de l'école Natagan. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mathilde Blayo
De son côté, déterminé à conserver tous les élèves à Natagan, le personnel scolaire s’est penché sur d’autres pistes de solution, même durant la semaine de relâche.
Si on regroupe les deux niveaux ensemble, le 4e et le 5e secondaire, on peut arriver à avoir une classe de 20 élèves. On a appelé des directions d'école, on a appelé d'autres enseignants dans d'autres écoles qui font exactement ça pour qu’ils nous envoient leur manière de faire, pour nous permettre de bâtir notre mémoire, explique l’enseignante Jessica Champagne.
Un sursis d’un an?
Présente à la consultation, la présidente du Syndicat de l’enseignement de la Jamésie et de l’Abitibi-Témiscamingue, Cindy Lefebvre, a rappelé les trois conditions nécessaires pour réussir une consultation publique. Elle a insisté sur le peu de temps laissé à la communauté pour s’informer et proposer des alternatives.
Ce qu'on aimerait en bout de piste, c'est que ce soit reporté au moins d'un an pour laisser le temps de réfléchir à d'autres scénarios qui pourraient être pertinents dans le contexte qu'on vit actuellement. On comprend qu’il y a beaucoup de nouvelles contraintes, mais on a l’impression que ce ne sont pas tous les scénarios qui ont été évalués, souligne Mme Lefevre.

Cindy Lefebvre estime que le CSS Harricana laisse bien peu de temps à la population et au personnel de l'école pour trouver des alternatives qui permettraient de conserver les cinq niveaux de secondaire à Barraute.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Nancy Létourneau ne se dit pas complètement fermée à cette idée, mais elle rappelle que les contraintes actuelles, au niveau de la baisse d’élèves, de la pénurie d’enseignants et de la difficulté à offrir tous les services aux élèves, seront toujours là dans un an.
La date limite pour déposer un mémoire au CSSH est le 25 mars. Un comité formé des maires des trois municipalités du secteur, de représentants du CSSH, du conseil d’établissement des écoles de Barraute et du conseil d’administration, analysera le dossier le 31 mars. Le conseil d’administration du CSSH prendra sa décision le 7 avril.
Une pétition en ligne compte plus de 630 signatures.


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