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Discipline, moins d’État et la DRIPA façonneront le leadership de Kerry-Lynne Findlay

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La nouvelle cheffe du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Kerry-Lynne Findlay, a gagné son pari en utilisant un slogan qu’elle a martelé et qui a retenu l’attention d’analystes politiques : « la foi, la famille et la liberté ». Ce slogan donne un aperçu des priorités et du style de leadership de Mme Findlay.

Bâtir la crédibilité du parti

Lors de la course à la chefferie et après sa victoire, Kerry-Lynne Findlay ne s’est pas gênée pour affirmer qu’elle était une réelle conservatrice et la seule qui a gouverné sous la bannière conservatrice.

Plusieurs analystes, comme Timothy Van den Brink et Bryan Breguet, estiment qu'elle utilisera son expérience au fédéral sous l’ancien premier ministre du Canada Stephen Harper et sous le chef conservateur Pierre Poilievre pour organiser ses troupes et unir son caucus, déchiré sous le leadership contesté de l’ancien chef John Rustad.

Je m’attends à ce qu’elle trouve les points en commun qu’ont les membres de son caucus pour l’unir. Et un de ces grands points, c’est l’animosité envers le NPD.

Bryan Breguet souligne que, sous Pierre Poilievre, Mme Findlay a été la première femme whip du Parti conservateur du Canada. Il croit qu’elle va utiliser les atouts acquis dans ce rôle pour professionnaliser et donner la crédibilité dont la formation politique a besoin pour donner cet air de gouvernement en attente et écarter tout amateurisme.

Ce professionnalisme servira aussi à attirer les dons et les candidats pour la prochaine élection prévue en 2028.

Kerry-Lynne Findlay.

Avocate en droit civil de profession, Kerry-Lynne Findlay travaille dans la fonction publique depuis plus de 15 ans. Elle a été whip sous le chef fédéral Pierre Poilièvre. C’est avec cette expérience qu’elle assure qu’elle gardera le Parti conservateur de la Colombie-Britannique uni.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Et cela se traduit souvent chez les conservateurs par l'instauration d'une discipline stricte au sein du caucus pour éviter à tout prix les erreurs et protéger son image.

Je m'attends à voir, je ne veux pas dire une main de fer, mais je pense qu'un contrôle assez strict de ce que les députés font et disent. Pour montrer que le parti ne fait pas d'erreur et n’a pas de bozos dans ses rangs.

Par contre, ce contrôle accru pourrait se heurter à la résistance d'un caucus jeune et inexpérimenté, peu habitué à ce genre de directives.

Moins de gouvernement, plus de liberté

Cette semaine, Kerry-Lynne Findlay a de nouveau confirmé qu’elle voulait créer une alliance avec l’Ouest canadien, c’est-à-dire avec l’Alberta et la Saskatchewan.

Cette coalition, a priori, sert à stimuler et renforcer les partenariats économiques des trois provinces, notamment l’acheminement des ressources naturelles, comme la potasse, le pétrole et le gaz vers les ports de la Colombie-Britannique.

C'est une victoire assez facile pour elle [Mme Findlay] et pour les conservateurs, parce que l'opinion publique, l'ambiance actuelle est qu’on veut développer les ressources.

Mais surtout, l’alliance servirait de front commun pour défendre les intérêts de l’Ouest face à Ottawa, souvent perçu par les premiers ministres albertain et saskatchewanais comme un gouvernement qui s'immisce dans les champs de compétence provinciaux.

Kerry-Lynne Findlay a aussi affirmé qu’elle voulait un gouvernement provincial axé sur la liberté individuelle.

Elle s'oppose fermement aux mesures de contrôle et de réglementation qu'elle qualifie d'idéologiques ou de bureaucratiques, notamment dans les secteurs des ressources naturelles et de l'éducation.

Selon Bryan Breguet, cette direction du parti est évidente parce qu’elle peint le Nouveau Parti démocratique (NPD) comme étant peu efficace dans le développement et l’acheminement des ressources naturelles, un enjeu devenu essentiel dans un contexte économique difficile avec la guerre commerciale avec les États-Unis.

Cela force aussi le NPD à défendre sa dette record qui l’a poussé, au dernier budget, à réduire la taille de son gouvernement.

Les droits des Autochtones

Pour le moment, plusieurs experts pensent que la question principale aux prochaines élections provinciales tournera autour de la Loi provinciale sur la Déclaration des droits des peuples autochtones, connue sous le nom de DRIPA.

Les jugements Cowichan et Gitxaala ont paralysé le NPD depuis les derniers mois.

La décision Cowichan, rendue l’été dernier, a conclu qu’environ 3,25 km2 de terres dans la ville de Richmond sont des terres ancestrales, et cela comprend des propriétés privées. Cette décision ne s’est pas basée sur la DRIPA, mais bien sur l'article 35 de la Constitution canadienne.

La décision Gitxaala se base sur la DRIPA et affirme que la loi provinciale sur les droits miniers ne respecte pas les droits des Autochtones.

Le premier chef du Sommet des Premières Nations en Colombie-Britannique, Robert Phillips, a tout de suite tendu la main à Mme Findlay en lui demandant de mettre ses préjugés de côté et de s'asseoir avec les Premières Nations.

Le chef Phillips a notamment fait référence aux commentaires de Mme Findlay à l’endroit de son collègue Peter Milobar, qui serait, avait-elle dit, en conflit d’intérêts parce que sa femme est autochtone.

Kerry-Lynne Findlay a aussi indiqué qu’elle va abroger la DRIPA, sans préciser comment elle allait s’y prendre.

Tout comme Bryan Breguet, M. Van den Brink souligne l’expérience de Mme Findlay comme avocate en droit civil.

Une fois que l'on s'engage à collaborer et à consulter, les choses changent. On peut souvent abroger des lois, mais d'un point de vue juridique, dans ce cas précis, cela pourrait s'avérer beaucoup plus contraignant. Et dans une certaine mesure, Mme Findlay, qui est avocate, comprend bien cette réalité.

Mais M. Breguet ajoute que la nuance en politique, ce n’est pas gagnant, surtout en période de campagne électorale.

Même au-delà des faits, l'idée que vous pouvez perdre votre maison, c'est de la dynamite électorale. Alors, à mon avis, elle ne voit pas son rôle et la campagne électorale comme un moment pour tenir un débat académique ou nuancé. L'enjeu va être simple : on va éliminer la DRIPA.

Tout de même, Nathan Cullen, un ancien député fédéral et provincial du NPD, qui a siégé lorsque Mme Findlay était ministre du Revenu national sous Stephen Harper, rappelle qu'une approche plus nuancée et moins polarisante peut être gagnante.

Dans le dossier de l'oléoduc Northern Gateway, lorsqu'elle siégeait au cabinet Harper, leur stratégie qui consistait à diaboliser et à tenter d'intimider les Britanno-Colombiens s'est retournée contre eux de façon spectaculaire. Je pense que c'est ce qui a ultimement mené à leur défaite.

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