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Dès vendredi, les Albertains n’auront plus besoin d'ordonnance pour accéder aux services de radiographie, d’imagerie par résonance magnétique, de tomodensitométrie et d’échographies dans certaines cliniques privées.
Les patients pourront se procurer ce service sans ordonnance dans les cliniques privées participantes. Ils devront alors utiliser une assurance privée ou assumer eux-mêmes les frais, sauf si on leur diagnostique un cancer. Le cas échéant, le gouvernement remboursera un montant forfaitaire de l’examen correspondant au coût que l’acte coûterait au système public.
Un projet de loi à cet effet avait été déposé en avril dernier.
Les Albertains devraient d’abord confirmer les prix ainsi que les bénéfices et limitations de ces services avec la clinique avant que les examens leur soient administrés, a indiqué le ministre provincial des soins primaires et préventifs, Justin Wright.
Il a aussi précisé que les cliniques participantes maintiendront leur engagement de traiter les patients munis de prescription en premier.
Les cliniques privées admissibles n’ont pas l’obligation d’offrir les services paracliniques par ordonnance. Il y aurait près de 130 centres de radiologie qui opèrent de façon privée, qui administrent environ 60 % des tests, selon le radiologiste Robert Davies, présent à la conférence de presse.
Cette initiative permet aux Albertains d’avoir plus de flexibilité et de contrôle sur les décisions qui concernent leur santé, dit-il.
Selon Danielle Smith, cette nouvelle mesure permettra aux patients d’avoir des diagnostics hâtifs et améliora l’accès au système de santé. Elle explique aussi que l’accès sans ordonnances aux examens paracliniques s'inscrit dans la stratégie provinciale de lutte contre le cancer.
Cette approche est complémentaire, elle renforce le système de santé publique, elle ne le remplace pas. Les soins nécessaires restent prioritaires et financés par les fonds publics. Les Albertains pourront continuer de recevoir leurs examens diagnostiques et les soins dont ils ont besoin, quand et où ils ont besoin.
La première ministre affirme que l’Alberta est la première province à adopter un modèle similaire.
Une mesure qui soulève des doutes
Sharif Haji, porte-parole de l’opposition en matière de Santé primaire et préventive, croit que ce nouveau modèle montre que le gouvernement a abandonné son objectif de réparer le système de santé publique. Il soutient que le gouvernement n’atteindra pas son objectif de rendre les tests diagnostiques plus accessibles.
Ça ne réduira pas le temps d'attente et la crise du système d'urgence. Ça ne réglera pas les problèmes qui existent dans notre système de santé. Ça va rendre les temps d'attente plus longs en créant un système à deux vitesses possiblement plus accessible à ceux qui ont la capacité de payer.
Le président de l’Association des propriétaires de cliniques de soins primaires, Andrew Kohler, est aussi sceptique face à la solution mise de l’avant par le gouvernement. La radiologie représente la moitié du processus de diagnostic, sans médecins impliqués, guider le patient et interpréter les résultats, cette méthode risque de rendre le processus confus et ajouter des délais, dit-il.
Le médecin comprend pourquoi les patients auraient recours à des examens sans ordonnance puisque les temps d'attente sont longs et l’anxiété liée à la santé est une épreuve difficile.


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