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Depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle, les artistes ont de plus en plus peur d’être remplacés, mais ce n’est pas le cas pour ces étudiants du programme de conception graphique au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB).
Avec 12 étudiants inscrits en première année et huit finissants, cela représente une grande classe, explique l'enseignant Olivier Cormier, qui est également coordonnateur au programme de conception graphique.
L'IA menace-t-elle le métier de graphiste?
Olivier Cormier affirme que le métier de concepteur graphique n’est pas près de disparaître.
Je ne dirais pas que c’est une menace, c’est plutôt un outil, tout comme l’ordinateur l’était, autrefois. La conception graphique existait avant l’apparition de l’ordinateur, dit-il.

« Les œuvres que produit l’IA sont très semblables les unes des autres. Un graphiste peut aider les entreprises à se démarquer », déclare Olivier Cormier, enseignant et coordonnateur au programme de conception graphique au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier
Ça donne l’opportunité aux personnes qui ne sont pas graphistes de créer des choses dont ils peuvent être fiers, mais il y aura toujours une clientèle qui recherche l’authenticité, quelque chose d’unique et personnalisé qu’on ne trouve pas en utilisant l’intelligence artificielle , dit-il.
Les cours de graphisme parlent d'IA
Grace Goubo, étudiante en deuxième année en graphisme au CCNB est du même avis que son professeur. C’est un outil comme un autre pour les graphistes, dépendamment de son utilisation. Ces cours l'encouragent à développer ses propres idées.
Il est important de développer notre propre sens de la créativité, dit-elle.
L’étudiante souhaite travailler dans une entreprise pour pouvoir avoir une identité précise à développer.
Marc Abo est finissant au programme de graphisme au CCNB à Dieppe. Le designer est maitre de la créativité, de la compréhension du besoin du client, il faut seulement s’adapter avec son temps, dit-il
La conception graphique était la corde qui manquait à mon arc pour pouvoir réaliser mes rêves dans le monde des communications et du marketing, ajoute-t-il.

Marc Abo (à gauche) et Grace Goubo (à droite) sont tous les deux étudiants en deuxième année en graphisme au CCNB de Dieppe et sont convaincus que l'IA ne peut pas remplacer la compétence d'un graphiste dans le domaine artistique et humain.
Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier
La fatigue de la bouillie de l’intelligence artificielle
Frédéric Plamondon, professeur à l’école des sciences de la gestion au département de management à l'UQAM voit des signes de fatigue qui s’installent concernant le AI Slop.
Linkedin permet à ses utilisateurs et utilisatrices d’étiqueter les messages qui semblent être générés par l’intelligence artificielle parce qu'on juge que c'est de la triche de l’utiliser pour avoir l’air performant ou pour avoir l’air de dire des choses importantes, dit-il.
Du côté du jeu vidéo, l’utilisation de l’IA générative dans la création des textes, des personnages, etc., est très mal vue par beaucoup de communautés de joueurs, ajoute-t-il.
Ces exemples lui démontrent que certains employeurs seront plutôt enclins à vouloir revenir à création originale.
Ce sera vu comme un signe de compétence, de savoir-faire, de professionnalisme et de statut social de pouvoir faire affaire avec des artistes véritables qui produisent des contenus originaux
Selon l'enseignant, l’industrie de l’IA est beaucoup plus inquiétante que les applications de l'intelligence artificielle.
Ce qui est souhaité par ces compagnies-là, c’est de commercialiser l’intelligence. Ils ne vont pas s’arrêter à automatiser la création d’une affiche. Ils vont essayer de convaincre de plus en plus de clientèle d’utiliser ça, s'inquiète-t-il.
Un usage mixte de l’IA
Le professeur pense que l’utilisation de l’IA sera mixte, donc parfois utilisée pour des communications simples, mais, pour ce qui a trait à la communication directe avec la clientèle, le contenu original reviendra à l’ordre du jour, selon lui.
L’IA est omniprésente sur les réseaux sociaux et sur les milieux de travail, c’est agaçant et je pense qu’on va finir par nous irriter suffisamment pour qu’on s’en détourne, conclut-il.
D'après les informations de Kristina Cormier et Fred Cammarano


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