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Des difficultés financières menacent l’avenir de l’église de Lamèque

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Le père David Ferguson appelle la communauté à la rescousse. Le curé de la paroisse Notre-Dame-des-Flots de Lamèque convie la communauté à une réunion d’urgence le 20 septembre, dans le sous-sol de l’église, au cours de laquelle il sera question de la situation financière de la paroisse.

Curé depuis un an de cette paroisse, M. Ferguson dit être face à une situation difficile. Le diocèse de Bathurst, qui s’occupe depuis quelques mois de la comptabilité de la paroisse Notre-Dame-des-Flots, vient d’arrêter les frais.

Par exemple, on commande des lampions qu’on met dans les églises. Avant qu’on ait les revenus de ça, les factures peuvent être aux alentours de 4000, 5000 $ quand on fait une grosse commande. Et donc, ça arrive que, pour nous, l’argent n’était plus dans le compte suffisamment pour couvrir cette facture-là, explique-t-il

La semaine dernière, [le diocèse] nous a avertis que, justement, on a un gros manque à gagner et, là on ne peut plus même émettre de chèque pour payer nos factures dans le moment.

David Ferguson est le curé de la paroisse

David Ferguson invite les résidents à ne pas écouter les commérages. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

En entrevue à l'émission La matinale d'ICI Acadie, Monseigneur Michel Proulx, évêque du diocèse de Bathurst, a voulu apaiser les craintes, affirmant que la situation de la paroisse de Lamèque ne l’inquiète pas.

Au contraire, ça me donne de l’espérance. Je suis content de voir que cette communauté-là veut se donner les moyens pour continuer à aller de l’avant. Donc, on n’est pas arrivés, là, à une étape de fermeture. C’est un peu comme un couple qui se dit, "bon OK, nos finances sont serrées, il va falloir qu’on prenne des décisions", explique-t-il.

La situation économique, elle est difficile présentement pour les couples, les familles. Donc, les communautés chrétiennes vivent dans le même monde, n'échappent pas à ça. Je trouve ça sain qu’une communauté en ce moment-ci dise, "il faut qu’on fasse le point".

Mgr Michel Proulx interviewé dans l'église.

Mgr Michel Proulx se montre optimiste.

Photo : Radio-Canada / Mario Landry

3000 $ de manque à gagner par mois

S’il approuve les propos de son évêque, l’abbé David Ferguson prévient néanmoins que des décisions difficiles pourraient devoir être prises.

À un moment donné, si la population locale ne veut pas contribuer davantage, et bien, oui, il y aura des questions éventuelles, un peu comme la question de la cathédrale Sacré-Cœur à Bathurst qui a été annoncée en fin de semaine, argumente-t-il.

On a des situations où il y aura des édifices qui, éventuellement, on n’aura pas le choix de fermer si la population ne veut pas les soutenir financièrement [...] C’est une réalité que beaucoup de paroissiens ne veulent pas entrevoir.

Une feuille annonçant une réunion.

Le futur de la paroisse pourrait être scellé au terme de cette réunion.

Photo : Gracieuseté de David Ferguson

Selon M. Ferguson, si la paroisse fait face à autant de difficultés, c’est d’une part en raison de factures d’électricité qui sont de plus en plus élevées et d’autre part, le résultat de quêtes de plus en plus maigres.

On a une loterie du club 300 qu’on appelle, qui nous rapporte environ 23 000 dollars par année qui, pas si longtemps passé, couvraient les dépenses du chauffage, par exemple, mais maintenant avec la hausse de l’électricité, même ce 23 000 dollars-là ne suffit pas pour couvrir les dépenses du chauffage, indique-t-il.

Pour fonctionner ici, il faudrait qu’on ait des revenus d’environ, minimum 4000 $ par mois, et ce n’est pas le cas dans le moment. On a un manque à gagner d’environ, presque 3000 $ par mois.

Le père Ferguson réfléchit déjà à des pistes de solutions. Il pense qu’il faudra procéder à une levée de fonds, et songe également à la possibilité que les résidents fassent de modiques contributions régulières.

Est-ce que des gens, par exemple, seraient intéressés à contribuer 20 $ par mois? Avec la population qu’on a ici, ça pourrait nous aider à flotter d’une façon plus équitable, s’interroge-t-il.

Il n’écarte pas non plus l’idée d’une collaboration avec la mairie ou avec des entités privées.

Le sous-sol de l’église depuis quelques années, même si ce n’est pas officiellement entendu, mais c’est vu comme un centre de réchauffement pour les mesures d’urgence, note-t-il.

Peut-être qu’on pourra approcher la municipalité ou d’autres, des compagnies ou quelqu’un qui pourrait nous aider à maintenir à la fois le centre de réchauffement, mais aussi à la fois l’église qui est au-dessus qui rend quand même plusieurs services.

Un chapelet de commérages

Si le père Ferguson demande la tenue d’une réunion d’urgence, c’est certes parce qu’il veut que des sources de revenus soient identifiées, mais c’est également, explique-t-il, pour mettre cartes sur table, histoire de faire taire les commérages de personnes mal informées.

Il y a une dizaine d'années, il y a eu une chasse à l'as majeure dans la région qui a rapporté, je pense, si je me rappelle bien aux alentours de six millions. Les gens nous disent, "où est-ce que cet argent-là est allé?" Mais à l'époque, dix ans passés, les services gouvernementaux qui gèrent les loteries nous avaient bien avertis qu'il fallait que les revenus de cette loterie soient assignés et distribués en dedans d'un an, un an et demi, justifie-t-il.

Les gens ont encore l'idée qu’on cache de l'argent ou qu'on a gaspillé le six millions, mais on a fait selon les règles de l'époque [...] et tout ce qui a débordé [...] ça a été donné pour le bien de la communauté, non seulement chrétienne, mais [...] on a aidé l'hôpital local, les foyers de soins, les maisons de jeunes, des personnes dans le grand besoin.

Le père Ferguson affirme qu’une partie de l’argent de l’époque a également été utilisé pour réparer toutes les églises de l’île, même si celles-ci ont fini par souffrir de l’usure naturelle.

L'église Notre-Dame-des-Flots.

Les fonds récoltés au cours d'une campagne de financement il y a dix ans ont été entièrement dépensés.

Photo : Gracieuseté de David Ferguson

Les gens oublient que, une fois les réparations faites, 10 ans plus tard, on vit dans un milieu où l'air est salin, où il y a du vent presque 24 h sur 24. Il y a des choses qui se détériorent. Il y a un entretien continuel qui doit être fait sur nos édifices, indique-t-il.

Il souhaite ardemment que la communauté - autant les personnes pratiquantes que non-pratiquantes - soit présente à la réunion d’urgence. Le père Ferguson espère que cette rencontre sera l'occasion de donner l’heure juste sur la situation dans laquelle se trouve la paroisse.

Avec des informations de l'émission La matinale d'ICI Acadie

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