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Des comédiens sourds racontent leurs parcours de vie

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Le festival NextFest d’Edmonton s'apprête à accueillir une pièce unique en son genre. « Deaf Heart » met en scène sept comédiens qui racontent chacun l’histoire de leur vie.

Correction :

Dans une version précédente de cet article, nous avons utilisé l'expression sourd-muet, aujourd'hui considérée comme désuète et inappropriée. Nous présentons nos plus sincères excuses aux personnes qui ont pu être offensées par ces propos. Nous avons également corrigé l'orthographe du nom de la comédienne Ladan Sahraei et rétabli les faits concernant le nombre de représentations de la pièce.

Les interprètes sont sourds : l’entièreté de leurs scènes sera racontée par la scénographie, le mime et la mise en mouvement du corps.

Un moment suspendu, où se succèdent sept récits bouleversants.

Des comédiens syriens, iraniens, cris, philippins et albertains

Depuis six mois, la troupe se réunit chaque semaine pour préparer la mise en scène des récits.

Pour la directrice artistique, Thurga Kanagasekarampillai, c’est une occasion de montrer la diversité d’une communauté dont on parle rarement et dont les histoires sont très peu racontées.

Thurga Kanagasekarampillai parle devant la caméra.

Thurga Kanagasekarampillai, la directrice artistique du spectacle, a voulu faire connaître l'histoire touchante et humaine de personnes sourdes pour souligner qu'elles « sont comme tout le monde ».

Photo : Radio-Canada / JORDAN MESIATOWSKY

Elle ajoute que, hormis la langue, les personnes sourdes n'ont aucune différence avec les autres personnes : on ressent des émotions, on a le même corps, on connecte de la même manière.

Et c’est là toute la puissance de cette pièce.

Des récits bouleversants de gens ordinaires

Les comédiens proposent donc de raconter l'ensemble ou une partie de leur vie.

Abdullah Barhom est né dans une Syrie en guerre. Il a très rapidement compris que ses parents ne pourraient pas être là pour lui, parce qu'ils seraient trop occupés à survivre dit-il. Sourd, il se retrouve isolé d’une société déjà meurtrie, sans personne pour [lui] donner à manger et n'a aucune chance d'aller à l’école.

Abdullah Barhom parle en langue des signes devant la caméra.

Abdullah Barhom raconte sur scène son sentiment d'isolement et de grande solitude quand il a fui la Syrie et est arrivé en Turquie. Il a découvert qu'il ne connaissait pas la langue des signes turque.

Photo : Radio-Canada / JORDAN MESIATOWSKY

Sur scène, il a voulu projeter des images de sa vie là-bas, raconter la fuite vers la Turquie et le sentiment d’exclusion qu'il a vécu quand il ne comprenait pas la langue des signes turque.

Quand je joue sur scène, je repense à toutes ces personnes qui me manquent. Beaucoup de ma famille sont morts ou disparus. Je revois le passé et je réalise qu'ils me manquent.

Chad Wolfe raconte les souffrances de sa nation crie

Sur scène, Chad Wolfe évoque les nombreuses souffrances qu'ont connues les siens et qu'ils continuent de vivre. Il parle de la nation crie, du vol de son territoire et de la contamination de son eau par l’activité industrielle, qui impose aux habitants d'acheter de l'eau en bouteille.

Sur scène, il donne à voir son lien à la Terre, aux animaux et à son environnement. Son tambour représente le battement du cœur de Terre mère que chaque enfant peut entendre, dit-il.

Chad « RunningBear » Wolfe dit le mot bison en langue des signes.

Chad « RunningBear » Wolfe parle des bisons de son territoire cri, décimés par les colonisateurs. Sa communauté a connu des grandes famines à cause de cet événement.

Photo : Radio-Canada / JORDAN MESIATOWSKY

Ladan Sahraei raconte les prisons iraniennes et les abus envers les femmes

Ladan Sahraei a vécu en Iran avant de fuir pour le Canada. Elle raconte le quotidien d’une femme dans un pays où on impose le port du hijab aux femmes, sous peine de prison.

Des choses arrivent aux femmes en prison : parfois des viols, parfois des meurtres et parfois les personnes disparaissent.

Ladan Sahraei est sur scène avec d'autres comédiens.

Ladan Sahraei évoque sur scène sa vie en Iran, où elle est forcée de porter un hijab, sous peine d'être emprisonnée et de subir des abus.

Photo : Radio-Canada / JORDAN MESIATOWSKY

Sur scène, elle a voulu transmettre le sentiment de liberté qui s’est emparé d’elle quand elle est arrivée au Canada et qu'elle a pu vivre selon ses propres règles.

Une pièce proposée dans le cadre du festival NextFest à Edmonton

Ces récits et d'autres encore font l'objet de quatre représentations au Théâtre Roxy, à Edmonton. La première aura lieu samedi le 6 juin.

C'est l'occasion, pour la troupe, de présenter le résultat de six mois de travail et, pour le public, de prendre connaissance de ces histoires de vie bouleversantes.

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