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Des centaines de personnes dans le Nord ont souligné mardi la 16e Journée de la robe rouge et ont marché en mémoire des femmes, des filles et des personnes 2SLGBTQI+ autochtones disparues et assassinées.
À Whitehorse, Jessie Dawson, une aînée de la Première Nation Kwanlin Dün, a insisté sur l’importance, pour les Autochtones, de reconnaître que nos proches disparus sont toujours avec nous, de rendre hommage aux familles et de les soutenir.

Participer à la Journée de la robe rouge importe pour Jessie Dawson, aînée de la Première Nation Kwanlin Dün.
Photo : Radio-Canada / Marie-Soleil Desautels
Même après des années, dit-elle, la douleur est toujours vive. Ces marches rappellent que les familles, les amis et les communautés ne sont pas seuls.
Le groupe est parti d’un bâtiment du ministère de l’Éducation à Riverdale pour se rendre vers le centre culturel Kwanlin Dün. En chemin, il s’est arrêté au monument inauguré en 2021 près du fleuve Yukon, en hommage aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées, pour une minute de silence et des chants.
Des robes rouges suspendues aux arbres le long du sentier Millennium rappelant les appels à la justice battaient dans le vent au rythme des tambours.
Jennifer Perrin, originaire de l’Ontario et établie au Yukon depuis une vingtaine d’années, participait à l’événement avec sa fille de quatre ans et demi.

Jennifer Perrin amène sa fille de quatre ans et demi à la Journée de la robe rouge et à d’autres événements pour la sensibiliser depuis son plus jeune âge.
Photo : Radio-Canada / Marie-Soleil Desautels
C’est un concept difficile à comprendre pour elle, mais, en tant que jeune enfant autochtone, je pense qu’il est important qu’elle soit consciente de ces réalités en grandissant, explique celle dont le partenaire vient de Dawson.
Elle poursuit en ajoutant qu’elle supervise l’équipe d’intervention en cas d’agression à caractère sexuel au gouvernement du Yukon et qu’elles voient régulièrement des situations liées aux femmes autochtones disparues et assassinées. Il est important qu’on se rassemble aujourd’hui pour reconnaître ces enjeux et sensibiliser, affirme-t-elle.
Un rapport de Statistique Canada publié en 2022 indique que plus de six femmes autochtones sur dix ont subi de la violence physique ou sexuelle au cours de leur vie.

Des fleurs ont été déposées près du monument inauguré en hommage aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées.
Photo : Radio-Canada / Marie-Soleil Desautels
Notre esprit ne peut pas être volé
La députée territoriale Doris Anderson, de la Première Nation Tagish Kwan, a rendu hommage aux victimes et à leurs familles à l’Assemblée législative.
Visiblement émue, elle a déclaré que de nombreuses familles des Premières Nations du Yukon sont touchées par ce qu’elle a qualifié de violence insensée.
Nous sommes forts et résilients en tant que Yukonnais, ensemble. Notre génération et celles à venir se souviendront de celles et ceux qui ont été touchés par la violence envers nos filles, sœurs, enfants, parents, amis, tantes. Sachez que notre esprit ne peut pas être volé.
Le long du sentier, des affiches présentant les 32 actions du plan du gouvernement du Yukon, découlant de sa stratégie pour s’attaquer à cette réalité, étaient plantées dans le sol. Le gouvernement territorial n’a pas été en mesure de fournir une mise à jour des avancées avant de publier.
Dibs Williams, de la Première Nation Kwanlin Dün, était aussi présent à la marche pour aider à attirer l’attention sur cette réalité laissée de côté et ignorée.

Dibs Williams (à droite) tient un drapeau des Premières Nations de Champagne & Aishihik avec une autre personne. Il aurait aimé que plus de leaders soient présents en cette journée commémorative.
Photo : Marie-Soleil Desautels
Selon lui, les séquelles des pensionnats, la violence et les dépendances ont créé une grande détresse chez les siens. Je le vois tous les jours : je marche dans la rue et je vois la tristesse sur les visages, dit-il. Il estime que la guérison passe par la reconnexion au territoire.
Votre silence est une approbation
À Yellowknife, les participants se sont d’abord réunis à l’Assemblée législative, où les Yellowknives Dene Drummers ont interprété une prière et quelques discours ont été prononcés, avant que la foule de quelques centaines de personnes ne marche en ville.

À Yellowknife, les commémorations ont débuté à l’Assemblée législative près du monument en l'honneur des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.
Photo : CBC / Allister McCreadie
L’artiste et militante des Territoires du Nord-Ouest, Gerrie Sharpe, a pris la parole, appelant à briser le silence face à la violence fondée sur le genre.
Je ne peux pas le dire assez : votre silence est une approbation, a-t-elle souligné.
Elle a insisté sur le fait que les femmes autochtones et les personnes 2SLGBTQI+ demeurent particulièrement à risque en raison de leur vulnérabilité perçue.
Gerrie Sharpe a rappelé que nous avons tous un rôle à jouer pour que cela cesse.


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