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Canadian Parents for French, un organisme de promotion de l'enseignement de français langue seconde, demande aux candidats aux élections municipales à travers le Manitoba de garder l’enseignement du français en tête. À ce jour, une quarantaine de candidats, aux postes de conseillers, maire et commissaires scolaires, ont signé un engagement à cet effet, mis de l'avant par l'organisme.
Le but de l'initiative, explique le directeur général de CPF Manitoba, Joel Martine, était surtout la sensibilisation et la promotion de son organisme auprès de futurs élus.

La division manitobaine de CPF a envoyé un courriel à tous les candidats aux élections municipales du 28 octobre, avec un engagement joint. Les candidats ont pu signer un formulaire d'appui comme celui-ci.
Photo : Canadian Parents for French
C'est important pour nous que les candidats qui se présentent à toutes les élections qu'ils comprennent les enjeux, puis l'importance de français langue seconde ici au Manitoba, dit-il.
Joel Martine affirme que c’est la première année que CPF Manitoba mené une telle campagne. Il dit que la division albertaine de l’organisme avait mis en place une initiative similaire lors de leurs élections municipales l’an passé.
Il précise que le CPF mène des campagnes similaires en Colombie-Britannique et en Ontario. Tous ces efforts sont possibles grâce à l’embauche d’un employé à temps partiel dédié aux affaires publiques.
On a la capacité de maintenant faire envoyer tous ces engagements, envoyer tous ces courriels, faire la recherche. C’est une nouvelle façon pour nous de vraiment faire la revendication, faire la sensibilisation de tous les enjeux de français langue seconde au Manitoba, explique Joel Martine.
Leia Patterson occupe le rôle de coordinatrice des affaires publiques avec Canadian Parents for French et a orchestré l’envoi des engagements vers tous les candidats au Manitoba. Elle-même finissante du programme d’immersion manitobaine, elle reconnait l’importance de l’enseignement de français langue seconde de haute qualité.
Je suis très reconnaissante des possibilités que l’immersion m’a données. J'ai été capable de travailler en France, au Québec, puis tout ça, c'est vraiment grâce à mes expériences en immersion, dit-elle.
Leia Patterson explique avoir envoyé un courriel à chaque candidat dans la province - même ceux qui ne présentent pas aux postes de conseil scolaire. Selon elle, des conseillers municipaux et des maires ont également un rôle à jouer dans la promotion de l’éducation en français.
Ils vont définir le ton de comment la Ville ou la municipalité va engager avec la communauté francophone, affirme-t-elle.
Ils sont aussi responsables des choses, comme les règlements de zonage. C’est ça qui influencent où se situent les écoles françaises, puis immersion ou combien de programmes à la bibliothèque sont offerts en français, s’il y a des programmes après l'école qui sont offerts en français.
Pourquoi signer un tel engagement
Chris Sigurdson, ancien commissaire scolaire de la Division scolaire Louis-Riel, à Winnipeg, essaie de faire le saut au conseil municipal de Winnipeg. Le candidat dans Saint-Vital fait partie d’une dizaine de candidats qui ont signé l’engagement du CPF à ce jour. Season Kirkwood, une autre candidate dans Saint Vital, a également signé l’engagement.

Malgré ses racines franco-manitobaines, Chris Sigurdson regrette d’avoir perdu une partie de son français. Il indique cependant que, grâce à l’immersion française, ses enfants ont pu renouer avec cette partie de leur héritage et même travailler en français.
Photo : Radio-Canada / Maggie Wilcox
Je suis très heureux de signer ce document. Je pense que c'est une initiative extrêmement précieuse, surtout pour moi, car je suis très fier de mes origines franco-manitobaines, dit Chris Sigurdson. Nous avons, en effet, une histoire et une culture très solides en matière d’immersion française, qui s’est construite au fil des dernières décennies dans ce quartier de la ville. Et nous en sommes très fiers.
Il avoue que, contrairement à un commissaire scolaire, un conseiller municipal ne pourra pas influencer l’enseignement du français en tant que deuxième langue. Néanmoins, s’il devient conseiller municipal, il entend continuer à mettre le français de l’avant.
Le rôle d'un conseiller municipal serait quelque peu limité par rapport à celui d'un conseiller scolaire, mais l'essentiel est en réalité de soutenir et d'encourager tous les niveaux de gouvernement – fédéral, provincial et municipal –, ainsi que les conseils scolaires, afin de garantir la solidité et le maintien de l'enseignement en français dans la Ville, dit-il.
Jocelyn Greenwood, candidate au poste de commissaire du quartier 4 de la Division scolaire Louis-Riel, explique avoir signé l’engagement pour maintenir le niveau d’enseignement en français au sein de cette division, qui a le plus grand programme d’immersion française à travers la province.
Elle dit que le maintien des niveaux d’éducation fait partie des raisons qu’elle brigue ce poste.
J'ai un petit-fils qui va entrer en Grade 2, et c'est pour cette raison que je me présente aux élections. Je veux que les écoles soient sûres et qu'elles lui offrent une bonne éducation, entre autres choses, affirme Jocelyn Greenwood.
Elle avoue que la qualité de l’enseignement en français n’est pas souvent la première préoccupation qu’elle entend aux portes des électeurs. Mais, selon elle, c'est le cas uniquement parce que l'enseignement est déjà de haute qualité.
Je pense qu'ils ont le sentiment que le français est bien représenté. Et comme nous faisons partie de la Division scolaire Louis-Riel, cela devrait l'être, indique Jocelyn Greenwood.
À date du 2 octobre, 38 candidats ont signé l’engagement de CPF, et une liste à jour est disponible sur le site web de l’organisme. (nouvelle fenêtre)


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