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DÉCRYPTAGE – Les derniers 8es de finale ont été disputés mardi, avant la première journée sans match du tournoi et les quarts à partir de jeudi. Bilan.
Le grand huit. Après 72 matchs de poule et les deux premiers tours de la phase à élimination directe, on connaît désormais le tableau des quarts de finale de la Coupe du monde 2026. Les principaux favoris (France, Espagne, Angleterre, Argentine) sont au rendez-vous de ce top 8 mondial, à l’exception notable du Portugal, écarté par l’Espagne (0-1). Éliminés par la Norvège (1-2), les Brésiliens de Carlo Ancelotti, eux, n’étaient généralement pas cités parmi les véritables prétendants à la victoire finale… Retour sur des 8es de finale riches en rebondissements avant une journée vierge de match ce mercredi, et le début des quarts, jeudi, avec notamment l’affiche entre la France et le Maroc (22 heures), remake de la demie de 2022, au Qatar.
Les cadors au rendez-vous
Un long tunnel. Les trois coups de la Coupe du monde ont été donnés il y a quasiment un mois jour pour jour, le 11 juin dernier, à Mexico. Il reste moins de deux semaines avant la finale du 19 juillet, au MetLife Stadium, et les choses sérieuses ne commencent finalement que maintenant. Avec les gros bras au rendez-vous, les cadors prêts à en découdre, le gratin. Après son sans-faute en phase de groupes, la France est encore en quarts, comme toujours depuis la nomination de Didier Deschamps (2014, 2018, 2022, 2026), après avoir écarté la Suède (3-0) et le Paraguay (1-0). L’Espagne, l’Angleterre et les champions du monde argentins aussi. Et devinez quoi ? Il n’est pas interdit de retrouver ces quatre nations en demies, avec des chocs XXL en perspective… En attendant, les (vrais) favoris répondent présent au Mondial.
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Les stars au tapis
Après Manuel Neuer (Allemagne), Virgil van Dijk (Pays-Bas) et Sadio Mané (Sénégal) en 16es, plusieurs légendes du ballon rond sont tombées en huitièmes, pour ce qui était certainement leur dernier Mondial. Ce n’était pas loin pour Léo Messi (voir par ailleurs)… Le couperet est tombé pour Cristiano Ronaldo (Portugal), qui va (sans doute) tirer, à 41 ans, un trait sur le football international. Quintuple Ballon d’or et auteur de 146 buts en 233 sélections, «CR7» a décroché l’Euro, en 2016, mais jamais la Coupe du monde.
Idem pour le Pharaon Mo Salah (34 ans, Égypte), Neymar (34 ans, Brésil), qui n’a jamais disputé un quart de finale au Mondial, et Luka Modric (40 ans, Croatie), qui s’est hissé en finale en 2018, face aux Bleus (défaite 2-4). Une page du football international se tourne avec ces fins de parcours.
Des matchs fous
La phase de poules et les belles histoires nées de l’élargissement à marche forcée à 48 nations, c’est bien. Les matchs couperets et le très haut niveau, c’est mieux. À quelques exceptions près, comme le terne Suisse-Colombie (0-0 ap, 4-3 tab) de mardi, la phase finale a accouché de nombreux matchs fous, suspense, tension, moments forts à gogo. Et notamment en 8es. À commencer par la remontada hallucinante de l’Argentine, menée 0-2 à la 78e et qui a inscrit trois «pions» en 13 minutes face à l’Égypte (3-2). Un but et une passe décisive pour Léo Messi. «Il a tout gagné, tout accompli, mais ces larmes montrent que sa faim de gloire et son amour pour ce maillot n’ont pas de plafond», s’enflamme la «fédé» argentine sur X (ex-Twitter). Pas mieux.
Il y a aussi eu le but assassin de Mikel Merino à la 91e minute pour donner la victoire à l’Espagne face au Portugal dans un choc de cadors (1-0), le caractère de l’Angleterre de Jude Bellingham (2 buts) pour l’emporter à 10 contre 11 dans l’enfer de Mexico (2-3) ou encore la tension lors du succès de la Norvège d’Erling Haaland (2 buts) face au Brésil (2-1). Et bien sûr, le match quelque peu tendu et accroché entre la France et le Paraguay (1-0), avec le penalty libérateur de Kylian Mbappé. La pression ? «KM» ne connaît pas.
Trump et Infantino gâchent la fête
C’est LE scandale de cette Coupe du monde, celui qui inquiète pour la suite et pose d’innombrables questions. Expulsé lors de la victoire 2-0 face à la Bosnie-Herzégovine, en 16es de finale, l’attaquant américain Folarin Balogun a été autorisé à jouer contre la Belgique, en huitièmes. Pourquoi ? Car la Fifa a visiblement cédé sous la pression de Donald Trump, qui a joué de son influence pour donner à Team USA les meilleures chances de briller et de durer dans le tournoi, avec toutes les implications économiques que cela peut avoir. Gianni Infantino s’est couché. C’est grave. Dans un monde parfait, ce dernier devrait en payer le prix aux prochaines élections à la tête de la confédération internationale. Tout porte à croire qu’il n’en sera rien...
En attendant, les Américains ont pris le bouillon face à de surprenants Belges, qui n’ont pas manqué de moquer Trump après leur carton (4-1). Clair, net et sans bavure. «Balogun est venu me voir (à la fin du match) et j’ai apprécié. Il n’y est pour rien», souffle Rudi Garcia, le sélectionneur français de la Belgique. «Je suis frustré, déçu par les personnes qui n’arrivent pas à comprendre la situation, a quant à lui déclaré Mauricio Pochettino. Pourquoi insulter ou recevoir beaucoup de messages négatifs ou de menaces ? On ajoute le volet politique, le volet manipulation, on parle d’éthique, d’intégrité et on veut tout mélanger», a poursuivi le technicien argentin, rappelant que Ronaldo a récemment bénéficié des mêmes largesses de la Fifa. À noter que les trois pays hôtes sont sortis, les États-Unis, le Mexique et le Canada.
Les arbitres au banc des accusés
Depuis le début de la compétition, on loue régulièrement la qualité de l’arbitrage, moins de Var, plus de jeu, plus de volonté de laisser jouer pour être précis. Mais on a beaucoup parlé des arbitres en 8es de finale. À tort ou à raison. À commencer par Ilgiz Tantashev, le sifflet ouzbek de 42 ans qui a officié lors de Paraguay-France. On a rarement vu un arbitre vivre un tel naufrage. On peut parler du comportement néfaste des Paraguayens, venus pour détruire, truquer, salir. Mais ils n’auraient pas dû pouvoir s’adonner à ce genre de choses, en tout cas pas autant, avec un arbitre digne de ce nom pour diriger les débats. En fait, M. Tantashev n’a rien dirigé du tout !
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Du côté de l’Égypte, on s’insurge aussi. «Nous avons été lésés, tout le monde l’a vu», peste Mostafa Ziko, résumant l’état d’esprit des Pharaons après leur défaite face à l’Argentine (2-3). Les titres de la presse égyptienne sont à l’avenant. Mais contrairement à Ilgiz Tantashev, le Français François Letexier a globalement tenu son match, entre fermeté, justesse et pédagogie. À noter que Donald Trump avait mis en doute la probité de Raphael Claus, arbitre du match États-Unis – Bosnie, qui avait exclu Balogun. La Fifa, qui ne dit pas que des bêtises, a volé au secours de «l’un des meilleurs arbitres professionnels au monde», mettant en avant son «professionnalisme et (son) intégrité».
Norvège, Belgique et Suisse, les invités surprises
On l’a dit, la France, l’Espagne, l’Angleterre et l’Argentine étaient attendus à ce niveau de la compétition. Ce n’est pas non plus une surprise de retrouver le Maroc, tombeur du Canada (3-0), dans le Top 8. Un Maroc qui a effectué des investissements conséquents et s’est doté de structures de premier plan pour s’inviter à la table des grands avant la Coupe du monde 2030. Emmenée par la machine à buts Erling Haaland, la Norvège a bien fait de reposer ses cadres contre la France. Des Norvégiens aussi forts avec que sans le ballon et qui vont donner du fil à retordre aux Anglais en quarts de finale. On n’attendait pas non plus la Suisse à ce stade. À noter que six nations européennes, une africaine et une sud-américaine sont en lice.
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Et il y a cette Belgique qui a si mal commencé le tournoi (2 nuls), cette Belgique qui était donnée pour morte lorsqu’elle était menée 0-2 par le Sénégal, en 16es, et qui a débuté sans Romelu Lukaku, Jérémy Doku et Kevin de Bruyne face aux États-Unis. Place aux jeunes, place à la fraîcheur chez des Diables rouges étonnants. «Il ne faut pas généraliser, chaque match a son histoire. J’ai hésité jusqu’à ce matin pour le 11. Je voulais des joueurs à 100% et de la vitesse devant. Le plan a fonctionné. Ils voulaient nous presser haut et c’est nous qui l’avons fait», a déclaré Rudi Garcia, qui en veut encore plus.


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