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À Kiev, l’intensification des frappes balistiques russes met la population sous pression

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Malgré plus de quatre ans de guerre, Oleksiï Virskovsky ne descendait pas systématiquement aux abris lorsque la Russie bombardait Kiev à coups de drones et de missiles. Mais récemment, l’étudiant de 27 ans dit avoir « commencé à prendre la sécurité plus au sérieux ».

Depuis juin, la capitale ukrainienne est la cible de frappes massives, menées avec un nombre croissant de missiles, en particulier balistiques, plus rapides et complexes à intercepter.

« Les attaques sont devenues bien plus intenses », déplore le jeune homme, qui raconte que plusieurs immeubles voisins du sien ont été touchés.

Dans la nuit du 1er au 2 juillet, l’armée russe a lancé 74 missiles sur l’Ukraine, un bombardement d’une ampleur inédite qui a fait 30 morts à Kiev.

« Lors des trois ou quatre dernières attaques, ce sont les missiles balistiques qui ont causé la plupart des dégâts, avec davantage de victimes », souligne-t-il.

Durant une autre attaque la nuit du 5 au 6 juillet, aucun missile balistique n’a été intercepté par la défense antiaérienne ukrainienne, signe d’une évolution préoccupante pour la capitale.

Une nouvelle donne qui suscite l’inquiétude de nombreux Kiéviens.

Pénurie de missiles

« Plutôt qu’une nouvelle stratégie, nous assistons à une convergence de facteurs », explique pour sa part Sergiï Zgourets, analyste militaire ukrainien.

« D’une part, les limites des capacités antibalistiques de l’Ukraine, et, d’autre part, l’utilisation systématique de missiles balistiques par la Fédération de Russie ».

Les soirs de bombardement, les missiles russes sont tirés en salves successives et les explosions s’enchaînent à un rythme soutenu sur la capitale.

Des personnes originaires de Poltava, dans l’Est de l’Ukraine, interrogées par l’AFP, affirment ne pas se sentir sereines dans la capitale.

La Russie « cherche à surcharger les systèmes de défense antiaérienne et antimissile de l’Ukraine et obtenir un effet plus destructeur », analyse Oleksiï Kopytko, ancien conseiller du ministre ukrainien de la Défense.

Kiev souffre notamment d’un manque de missiles PAC-3 pour ses systèmes Patriot, essentiels pour intercepter les projectiles balistiques.

Le président Volodymyr Zelensky réclame depuis des mois un soutien accru de ses alliés, ainsi qu’une autorisation américaine pour en produire localement.

Une demande à laquelle le président américain Donald Trump a donné une réponse positive mercredi, depuis le sommet de l’OTAN en Turquie.

Abris saturés

Veronika Khoudenko, une stagiaire de 22 ans arrivée de Londres il y a un mois, passe désormais « chacune de ses nuits dans le métro ».

« Les dernières attaques sont très éprouvantes pour les nerfs », confie-t-elle, évoquant une fatigue qui affecte son quotidien.

Traditionnel refuge des habitants depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, certaines stations de métro du centre-ville sont aujourd’hui saturées.

Depuis plusieurs semaines, lorsque les réseaux sociaux avertissent d’attaques possibles durant la nuit, certains Kiéviens s’y réfugient directement après leur travail, avec des tapis de sol ou leurs animaux de compagnie, pour obtenir une place pour dormir.

Pour Anna Nesterova, podologue de 46 ans, les attaques sont devenues « plus effrayantes qu’avant ».

Pourtant, elle ne se rend pas dans les abris et préfère dormir dans un couloir, à distance des fenêtres susceptibles d’exploser sous l’effet des ondes de choc.

« C’est plus pratique pour moi et je me sens plus calme chez moi », explique-t-elle.

« Mon fils est à la guerre depuis qu’il a 18 ans. J’échange avec lui et je vois qu’il est calme là-bas, donc je dois rester calme ici aussi ».

Ioulia Parkhomenko installe, elle, un couchage dans sa salle de bain, où elle se réfugie avec ses enfants « dès que l’alerte aérienne commence ».

« À chaque attaque, c’est de plus en plus effrayant », confie la mère de famille de 34 ans. « Mes enfants ont vraiment très peur des bombardements, surtout l’aîné ».

Après s’être brièvement réfugiée en Pologne en 2022, elle s’apprête à y retourner temporairement avec sa famille, dans l’espoir que l’Ukraine trouve des solutions face aux missiles balistiques russes.

« Mais nous reviendrons de toute façon à la maison. Nous verrons comment la situation évolue », conclut-elle.

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