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L’entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens de 15 % à 50 % sur les produits américains importés au Canada ajoute une bonne dose d’incertitude pour les entreprises de la région. Alors que la guerre commerciale s'intensifie, les entrepreneurs réclament de la prévisibilité.
Une entente imparfaite vaut mieux qu'aucune entente du tout pour la prévisibilité.
Elle explique que, bien que plusieurs affirment apprendre à vivre avec la première vague de tarifs, l'incertitude économique qui plane depuis la fin de 2024 menace sérieusement la planification des PME.
Elle demande au gouvernement Carney de retourner rapidement à la table des négociations pour que les entreprises puissent maintenir leurs opérations et les emplois locaux.

Claudette Migneault, PDG de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Fabienne Tercaefs
Il va falloir qu'il y en ait un des deux qui soit plus grand que l'autre et qui mette un peu ces différences-là de côté pour s'assurer de retourner rapidement à la table des négociations, estime-t-elle.
Elle craint la menace de représailles des États-Unis.
Peut-être qu'il y aura d'autres mesures plus strictes, plus sévères encore, qui viendront s'ajouter. Il va falloir que ça s'arrête parce que présentement, ce n’est bon pour personne : ni nos entreprises locales, ni votre portefeuille, ni le mien, ni la prévisibilité qu'on se doit d'avoir comme entrepreneurs.
Touchés par la bande
Les Industries Desjardins, un manufacturier de réservoirs d'acier de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, doit constamment se réajuster alors que la guerre tarifaire s'intensifie.
L'entreprise, qui écoule principalement ses produits sur le marché intérieur et utilise de l'acier canadien, est surtout touchée par l’augmentation du prix de l’acier et sa rareté.
Le prix de l'acier a fait un bond de quasi 100 % dans les quatre, cinq derniers mois. [...] Et il est rare. On a de la misère à avoir de l'acier. On a des contrats, mais on ne sait même pas si on va avoir l'acier pour les réaliser d'ici deux, trois mois. On vit beaucoup avec notre inventaire, ça rentre au compte-gouttes, explique le directeur des ventes, Éric Beaulieu.

Éric Beaulieu, directeur des ventes pour Les Industries Desjardins (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Il souligne que l'aide gouvernementale vise à soutenir les entreprises directement touchées par les tarifs, mais oublie les entreprises qui, malgré des carnets de commandes bien remplis, pourraient avoir de la difficulté à honorer leurs contrats en raison de la rareté de la ressource.
On est comme dans l'incertitude. C'est le plus gros enjeu, et il n’est vraiment pas à négliger. [...] C'est sûr que dans les prochains mois, on ne sera pas dans nos meilleurs mois.
Une exclusion névralgique
Du côté de l’entreprise AMT Moulage, à Saint-Cyprien, qui fabrique notamment des pièces d’aluminium destinées à l’industrie automobile, on explique qu’en raison d’une exclusion, les contre-tarifs canadiens ne s’appliquent pas aux alliages d'aluminium qu’elle achète aux États-Unis.
Pour notre organisation, cette exclusion est névralgique, souligne le directeur général stratégie Frédéric Jean dans un courriel.

Frédéric Jean est directeur général stratégie de l’entreprise AMT Moulage et l'un des copropriétaires de l'entreprise familiale située à Saint-Cyprien. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Il ajoute que l’entreprise n'est cependant pas épargnée par les effets indirects causés par le climat d’incertitude entretenu par la guerre tarifaire.
Dans le secteur des pièces automobiles, les décisions d’approvisionnement sont prises avec de très longs horizons, et une menace n’a pas besoin de se concrétiser pour influencer les attributions de contrats, explique-t-il.
Même son de cloche chez le fabricant de portes et fenêtres de Rivière-du-Loup Lepage Millwork.
Pour l'instant, les dommages sont limités. [...] C'est la chaîne d'approvisionnement de nos fournisseurs qui est dure à évaluer en ce moment. C'est certain que ça contribue à l'instabilité et aux turbulences que nous vivons présentement, indique le directeur général, François-Xavier Bonneville, dans une réponse écrite.


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