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Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador croit désormais qu’il faut augmenter la cadence et finaliser le plus rapidement possible le nouveau partenariat énergétique avec le Québec annoncé le mois dernier.
Tony Wakeham, alors qu’il était chef de l'opposition, avait martelé qu’il n’y avait pas d'urgence (nouvelle fenêtre) pour négocier avec Hydro-Québec. Il avait notamment promis un examen indépendant (nouvelle fenêtre) et un référendum sur toute future entente concernant la production d’hydroélectricité sur le fleuve Churchill. Deux promesses qui sont depuis passées à la trappe.
Entouré de travailleurs de la construction mardi à Mount Pearl – pendant une annonce importante qui ressemblait plutôt à un rassemblement électoral – Tony Wakeham a plutôt rappelé les dizaines de milliers d’emplois qui pourraient découler de la nouvelle entente-cadre.
L’accord de principe sur 50 ans, une version renégociée de l'entente annoncée par les libéraux en 2024, porte sur l’avenir du complexe hydroélectrique de Churchill Falls et la construction du barrage Gull Island, tous deux au Labrador. Selon les progressistes-conservateurs, l'entente-cadre pourrait générer des revenus de 49 milliards $ pour le Trésor provincial d’ici 2077.
Il faut lancer la construction dès que possible. Il faut finaliser cette entente aujourd’hui. Il faut le faire, ajoute Tony Wakeham, en soulignant que le fédéral se montre prêt à financer de gros ouvrages à la lumière de la guerre tarifaire.
L’accord de principe ne sera plus sur la table dans un an, soutient-il. Si on attend, on n’obtient rien. [...] Si on ne va pas de l’avant maintenant, Gull Island ne sera jamais construit, poursuit-il, en précisant que le projet évalué à 29 milliards $ ne va pas devenir moins cher.
Débat spécial à l’horizon
Tony Wakeham en fait les commentaires une semaine avant le début d’un débat spécial sur l’entente-cadre. Pendant quatre jours, l’équipe de négociation de Terre-Neuve-et-Labrador et d’autres experts engagés par le gouvernement provincial vont répondre aux questions des députés.
Tony Wakeham a indiqué mardi que ces derniers pourront aussi poser des questions directement au gouvernement pendant 30 minutes par jour.
Pendant le rassemblement, Bob Fiander, président du regroupement de 14 syndicats de la construction Trades NL, a souligné que son organisation appuie l’entente-cadre et les emplois qu’elle pourrait représenter.

Le président du regroupement de syndicats de la construction Trades NL, Bob Fiander (à droite), aux côtés du premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, pendant une conférence de presse à Mount Pearl le 8 septembre 2026.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
En ce moment, 70 % de nos membres sont au chômage, affirme celui dont le groupe compte 14 000 membres. Il soutient que trop d’ouvriers terre-neuviens et labradoriens doivent faire le choix difficile de quitter la province pour trouver un emploi.
Personnellement, je suis fatigué de voir la main-d’œuvre de notre province contribuer à l’économie du reste du Canada. Préparez-vous, vous allez pouvoir rentrer à la maison, lance le premier ministre.
Si le NPD provincial demande (nouvelle fenêtre) une révision indépendante de l’entente-cadre, un document hautement technique qui porte sur le complexe de Churchill Falls et la construction de nouvelles installations hydroélectriques et éoliennes au Labrador, Tony Wakeham soutient que ce n’est pas nécessaire et qu’il n’y a pas de temps à perdre.
Enterrer pour de bon le contrat de 1969
Annoncée en grande pompe le 17 août dernier, l’entente-cadre vise à remplacer le contrat de 1969 de Churchill Falls, qui rime avec rancœur à Terre-Neuve-et-Labrador depuis des décennies. Ce contrat béton permet à Hydro-Québec d’acheter l’énergie du vaste complexe hydroélectrique au Labrador à 0,2 cent le kilowattheure, un prix dérisoire, selon Saint-Jean. Et ce, jusqu'en 2041.
Le Québec, assoiffé d'énergie, accepte de déchirer le contrat actuel si, en échange, Terre-Neuve-et-Labrador autorise la construction de nouvelles installations énergétiques au Labrador, notamment le barrage Gull Island, dont la plus grande part de la production sera réservée aux consommateurs québécois.
L’actuelle entente-cadre, une version renégociée de celle annoncée par les libéraux en 2024, a été facilitée par le fédéral, qui promet de contribuer à hauteur de 10 milliards $ aux projets de construction et offre une garantie de prêt pour la construction de Gull Island.

À terme, le projet, s'il se concrétise, pourrait produire jusqu'à 14 000 MW d'électricité. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Greg Locke
Selon les progressistes-conservateurs, Terre-Neuve-et-Labrador aura accès à un maximum de 2350 MW si l’accord est finalisé, si la centrale existante de Churchill Falls est rénovée et si le barrage de Gull Island est construit. Hydro-Québec obtiendra 6915 MW.
L’entente prévoit aussi la construction d’une deuxième centrale à Churchill Falls (2500 MW) et d’un parc éolien (2000 MW), mais les deux projets doivent d’abord faire l’objet d’études de faisabilité.
Au cours des dernières semaines, les libéraux s'en sont surtout pris à la façon dont le prix de l’énergie de la centrale existante de Churchill Falls sera indexé au cours du contrat de 50 ans, qui n’offre aucune possibilité de renégociation avant 2077.
Certains détracteurs de l'entente soulignent que le prix moyen de l'énergie de Churchill Falls sera d'environ 7,4 cents le kilowattheure, alors que le coût des autres options sur le territoire québécois pour rehausser la production d'électricité est de 17 cents le kilowattheure. Hydro Terre-Neuve-et-Labrador rappelle toutefois qu'en rouvrant l'entente de 1969, Hydro-Québec renonce à une décennie et demie d'énergie à très faible coût.


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