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Plus grande production d’électricité, nouveau projet éolien? À l’aube de l’élection du nouveau Grand Chef et du conseil de la Nation innue du Labrador, plusieurs éléments du nouveau protocole d'entente sur Churchill Falls entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador demeurent en suspens. La communauté innue pourrait même décider de s’y opposer.
Dans les derniers mois, Hydro-Québec a signé un protocole d’entente avec la Première Nation innue de Sheshatshiu, ainsi qu’avec la Nation innue du Labrador, dont le territoire comprend la centrale de Churchill Falls et le site projeté de Gull Island. Cependant,certains nouveaux éléments de l’entente pourraient mettre à l’épreuve cette entente avec les Innus.
Selon des informations obtenues par Radio-Canada, les deux provinces obtiendraient beaucoup plus d’électricité que ce qui était prévu dans l’entente de principe de 2024.
Pour y parvenir, les deux parties prévoient notamment développer une centrale de Gull Island beaucoup plus puissante et augmenter davantage la capacité de production des turbines de la centrale existante de Churchill Falls.
Le nouvel accord comprendrait également de la production éolienne, un élément qui ne figurait pas dans l’entente de principe de 2024 conclue par les précédents gouvernements.
Plusieurs grandes étapes à franchir
Pour le moment, la Nation innue du Labrador, qui est en plein processus électoral, n’est pas en mesure de réagir à ces nouvelles, nous a-t-on confirmé.
La Nation innue élira samedi un nouveau Grand Chef et un nouveau conseil. Leur position sur la nouvelle entente pourrait donc être déterminante pour la suite des choses.
Pour Jean-Thomas Bernard, professeur auxiliaire au Département de sciences économiques de l’Université d’Ottawa et spécialiste des questions énergétiques, l’accord des Innus et leur collaboration seront essentiels. D’autant plus que, dans le passé, certains projets énergétiques ont déjà fait face à leur opposition.
Si on veut développer de l'énergie éolienne sur le grand territoire du nord du Québec et du Labrador, il faudra des ententes avec ces communautés autochtones. Autrement, il ne se passera pas grand-chose.

Jordan Brown, maire de Labrador City. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Pour sa part, le maire de Labrador City,Jordan Brown, espère avoir un accès à une plus grande part de l'électricité produite au Labrador.
Nous espérons donc que cet objectif sera atteint et que cette entente se concrétisera enfin. Nous attendons patiemment depuis longtemps qu'elle soit conclue afin de pouvoir aller de l'avant.
Nous avons des projets miniers prometteurs, des possibilités de croissance économique et d'autres projets de développement qui sont en attente depuis très longtemps. Nous attendons qu'une entente soit conclue afin de pouvoir accéder à cette électricité et construire notre troisième ligne de transport, confie-t-il.

Lela Evans, ministre responsable du Labrador
Photo : Mike Simms/CBC
Alors que le manque de transparence est souligné par les partis d'opposition, Lela Evans, la ministre responsable du Labrador, n’a quant à elle pas voulu répondre à nos questions sur le sujet lors d’un point de presse vendredi matin. Elle n’a pas non plus voulu confirmer la date de la signature d’un éventuel protocole d'entente renégocié.
Elle s’est contentée d’affirmer que le nouvel accord pourrait créer davantage d’emplois et favoriser la prospérité économique de la province.
Durant la campagne électorale à Terre-Neuve-et-Labrador, le premier ministre Tony Wakeham avait également promis de soumettre les ententes définitives sur Churchill Falls à un référendum. Une telle consultation pourrait donc elle aussi faire basculer l’accord.
C'est une ressource publique d'une très grande valeur, et je crois fermement que les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador doivent bien comprendre cet enjeu, car il s'agira d'une entente à long terme, affirme de son côté Gabe Gregory, consultant indépendant en entrepreneuriat en faveur de ce référendum.
Nous en avons très peu entendu parler jusqu'à présent. À mon avis, le gouvernement a la responsabilité d'expliquer cette entente, de la rendre publique et d'en présenter tous les détails.
Enfin, les prochaines élections au Québec pourraient également compromettre la finalisation de l’entente.
Une intervention du fédérale déterminante

Le premier ministre canadien Mark Carney. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan
Avec le nouvel accord, le Québec recevrait plutôt 10 000 mégawatts (MW) et Terre-Neuve-et-Labrador, au moins 2350 MW, et possiblement jusqu'à 3000 MW.
L'intervention du gouvernement fédéral a facilité l'issue de la négociation. Ottawa a offert son soutien pour du développement économique à Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que le maintien d'un crédit d'impôt pour la production d'électricité.
Il semblerait que le fédéral a prolongé ce crédit d'impôt [au-delà] de 2035 pour ce projet-là en particulier. Donc, ce serait ni plus ni moins la façon d'absorber des coûts plus élevés.
Le gouvernement fédéral, évidemment, a ajouté de l'eau au moulin, et il y avait une mesure fiscale qui devait être mise en place en 2035 et qui consiste en un crédit d'impôt d'environ 15 % sur les investissements. Ça veut dire que le gouvernement fédéral ramasse 15 % de la facture, ajoute M. Bernard.


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