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Choc, beauté, vertige : voici les photos scientifiques les plus marquantes de 2025

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Depuis le mois de septembre dernier, nous nous sommes donné un nouveau rendez-vous. Autour de la photo de la semaine. Mais nous voici à la toute fin de l'année. Alors, comment faire autrement que de vous proposer aujourd'hui plutôt, une sélection des plus belles photos de l'année ? Ma sélection...

En commençant par l'une de celle dont je vous ai parlé il n'y a pas si longtemps. Au détour d'une brève publiée ici même, sur Futura. Celle d'un homme en train de tomber... droit sur le Soleil. Non, vous ne rêvez pas. Cet astrophotographe et ce Youtubeur parachutiste l'ont vraiment fait. Je vous laisse cliquer sur le lien ci-dessous pour en découvrir les secrets.

L’astrophotographe américain Andrew McCarthy publie une image à couper le souffle d’un parachutiste en train de tomber « sur » le Soleil. © Andrew McCarthy, X

L’astrophotographe américain Andrew McCarthy publie une image à couper le souffle d’un parachutiste en train de tomber « sur » le Soleil. © Andrew McCarthy, X
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Quand l'humain se heurte à la Nature

Toujours dans l'extrême, et pour passer sur les plus mauvais de nos souvenirs de cette année 2025, je vous emmène en Jamaïque. Fin octobre dernier, l'île a été confrontée à un ouragan d'une violence inouïe. Au-dessus des Caraïbes, Melissa a atteint la redoutée catégorie 5. Faisant plusieurs dizaines de morts et laissant derrière elle, un paysage de désolation. Selon les scientifiques, le changement climatique a accru la vitesse maximale des vents et l'intensité des précipitations de l'ouragan, amplifiant les dégâts économiques de 34 %.

Des voitures englouties par la boue après le passage de l’ouragan Melissa en Haïti, le 30 octobre dernier. © Clarens Siffroy, AFP, Getty Images, Times top 100 images of 2025

À peine plus au nord, c'est tout au début de cette année 2025 que Los Angeles (États-Unis) avait vécu les incendies les plus destructeurs et meurtriers que la ville n'ait jamais enregistrés. Ils ont ravagé des quartiers entiers et une trentaine de personnes y ont perdu la vie.

Une étude de World Weather Attribution estime que le changement climatique a augmenté de 35 % la probabilité de survenue des conditions météorologiques à l’origine du type d’incendies qui ont frappé Los Angeles en janvier 2025. © Ringo Chiu, Reuters, Nature image of the month

Et d'autres images doivent rester dans un coin de nos têtes -- de nos cœurs... -- pour ne pas oublier que ces catastrophes ne se produisent pas seulement de l'autre côté du monde...

La Nature sous influence

Si la nature met de plus en plus les humains à l'épreuve, ces derniers le lui rendent plutôt bien. Le réchauffement climatique a un impact sur l'environnement que nous avons parfois du mal à intégrer. Mais cette photo que la revue Nature a mise à l'honneur au mois de février dernier nous en donne un aperçu. Des capybaras (Hydrochoerus hydrochaeris) recouverts d'une substance visqueuse verte suite à la prolifération d'une épaisse couche de cyanobactéries à la surface du lac Salto Grande (Argentine). Une prolifération massive due aux fortes chaleurs et aux faibles précipitations de ces dernières années. En partie liées au changement climatique...

Plus ces algues vertes persistent, plus elles deviennent un danger pour l’environnement. © Juan Mabromata, AFP, Getty, Nature image of the month

Avec l'une de leurs photos de l'année, les rédacteurs de National Geographic mettent, quant à eux, en avant une autre conséquence des activités humaines sur la nature : la fragmentation des habitats naturels. Le long de la frontière accidentée entre le Mexique et les États-Unis, d'immenses murs perturbent les migrations des espèces. Des solutions ont été imaginées pour les petits animaux. Mais les plus gros restent bloqués.

Ici, un pécari, sorte de petit sanglier américain, qui emprunte une « porte pour chien » installée par le gouvernement américain à la frontière avec le Mexique. ©Jaime Rojo, National Geographic

Parmi les images de l'année de la revue Nature, également, une photo bouleversante qui pourrait... qui devrait nous encourager à repenser la gestion des ressources sur Terre.

Un paresseux à l’air placide accroché à une clôture barbelée. Comme le symbole de la fragilité de la vie dans le monde d’aujourd’hui. © Emmanuel Tardy, Nature best science images of 2025

Pour la note d'optimisme, parce qu'on ne se refait pas, deux photos qui montrent comment certains s'emploient à rattraper les dérapages des autres. Une jeune girafe (mise à l'honneur par le Times) que l'on aide à retrouver sa voie de migration.

Des gardes du Kenya Wildlife Service chargent la cage d’une jeune girafe dont les yeux ont été recouverts d’une couverture dans un véhicule. © Tony Karumba, AFP, Getty Images, Times 100 pictures of the year 2025

Ou le rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni) que les chercheurs tentent de sauver de l'extinction grâce à la fécondation in vitro.

Ce fœtus de rhinocéros est le fruit du premier transfert réussi d’embryons chez une mère porteuse par fécondation in vitro (FIV). En raison d’une infection, il n’a pas survécu, mais cette percée ouvre la voie à la sauvegarde du rare rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni). © Jon A. Juárez, Wildlife Photographer of the Year

Encore tant de belles choses à découvrir

Poursuivons notre voyage avec cette image que j'ai découverte dans la sélection du mois de février de la revue Nature. Une photo qui nous rappelle que nous avons encore beaucoup de belles choses à découvrir sur notre propre Terre. Comme ce tournesol laineux photographié dans le parc national de Big Bend, au Texas (États-Unis). Un nouveau venu au sein du groupe des tournesols.

Ce tournesol s’avère tellement différent de ses plus proches parents qu’il justifie un genre entièrement nouveau. © James Bailey, Nature’s February best science images

Et puis, il y a cette photo d'un marsupial sauvage (Dasyurus viverrinus). Elle a valu à son auteur, Ben Alldridge, une place de finaliste au Beaker Street Science Photography Awards 2025. Elle montre que la fourrure de l'animal absorbe les ultraviolets et les émet ensuite à une longueur d'onde différente, créant ainsi une lueur bleu éclatant. Stupéfiant !

Cette photo prise en Tasmanie est la première à montrer la bioluminescence de cette espèce, le quoll oriental, dans la nature. Elle a été prise dans le cadre d’un projet visant à étudier les effets de la pollution lumineuse. © Ben Alldridge, Beaker Street Science Photography Prize

Le corps humain aussi est merveilleux

L'autre chose face à laquelle je ne cesse jamais non plus de m'émerveiller, c'est la complexité du corps humain. Au fil des mois, j'ai vu passer pas mal de photos qui nous sont très intimes. En voici trois exemples. Saurez-vous reconnaître ce qu'il y figure ?

Cette première image a remporté un concours photo organisé par un hôpital de Londres. Ce qui ressemble à de petites fleurs bleues se cache en réalité... dans la muqueuse de notre côlon !

Ces cryptes coliques, de profondes poches dans la muqueuse du côlon, ont été photographiées par une chercheuse dans le cadre de ses travaux sur la maladie de Hirschsprung. Cette maladie provoque de fortes douleurs abdominales et des occlusions intestinales du fait de l’absence de certaines cellules nerveuses dans le gros intestin. © Lucy Holland, University College London

La deuxième a remporté le Wellcome Photography Prize 2025. Et, petit indice, elle montre une structure de seulement 12 micromètres. Une structure qui peut nous coûter la vie. Vous avez deviné ? Vous avez, devant vous, des cristaux de cholestérol !

Les cristaux de cholestérol comme ceux-ci peuvent s’accumuler dans l’organisme et endommager les vaisseaux sanguins. Jusqu’à provoquer un infarctus ou un AVC. © Steve Gschmeissner, Wellcome Photography Prize 2025

Dernier exemple, cet imbroglio de boulettes et de filaments qu'on a bien de la peine à identifier. Mais qui préfigure une véritable révolution. Parce qu'il s'agit là d'un nouveau matériau biologique contenant les composants nécessaires à la croissance du cartilage, ce tissu qui protège nos os et nos articulations. Et qui ne peut pas se réparer de lui-même. Avec quelques développements supplémentaires, les scientifiques espèrent que leur matériau pourra un jour nous éviter quelques prothèses ou soulager ceux qui souffrent d'arthrose.

Des chercheurs ont injecté ce biomatériau dans le cartilage endommagé des articulations du genou de moutons. Les zones endommagées se sont progressivement comblées par la formation de nouveau cartilage. © Jacob A. Lewis et al., PNAS

Ceux qui font avancer la science aussi sont à l’honneur

Au-delà des sujets de la recherche, j'aime me souvenir aussi que derrière tous ces travaux, il y a ceux qui font la science au quotidien. Alors, transportons-nous sur quelques-uns de leurs terrains de jeu. Du côté de l'Antarctique, d'abord. Grâce à cette incroyable image du South Pole Telescope (SPT). Tous les jours, des chercheurs de station Amundsen-Scott affrontent des températures glaciales et parcourent des kilomètres à pied pour le dégager de la neige.

Des chercheurs bravant des températures qui oscillent entre -50 et -70 °C pour que ce télescope continue à mesurer le rayonnement de fond cosmologique provenant de l’Univers primordial. © Aman Chokshi, South Pole Telescope, Station Amundsen-Scott

De retour dans l'hémisphère nord, c'est du côté de la Sibérie que nous allons rencontrer des géologues qui travaille à l'élaboration de profils dans des zones proches de gisements aurifères. Des gisements d'autant plus intéressants qu'ils semblent cacher aussi d'importantes quantités de cuivre ou de tungstène.

Les géologues demeurent souvent pendant des années dans des régions reculées et inaccessibles. Ils doivent non seulement maîtriser les techniques de laboratoire, mais aussi avoir de solides compétences de survie en milieu sauvage. © Jiayi Wang, Université des géosciences de Chine

Pour conclure sur ce thème, une photo qui peut faire sourire. Mais qui, personnellement, a plutôt tendance à m'interroger...

Des robots humanoïdes s’affrontent lors de la finale du 100 mètres, le troisième jour des Jeux mondiaux de robots humanoïdes 2025, le 17 août. © Lintao Zhang, Getty Images, Times 100 pictures of the year 2025 

Et si nous prenions un peu de hauteur ?

Notre tour de l'année en images touche à sa fin. Mais il ne saurait s'achever sans que je vous propose de prendre de la hauteur. Un peu d'abord. Grâce à cette photo prise par un drone au-dessus du Svalbard (Norvège). Celle qu'un cachalot en décomposition et d'une ourse sur son dos qui tente d'en percer la peau pourtant particulièrement coriace. Une photo comme un symbole de plus des effets du changement climatique. Les cachalots, en effet, préfèrent normalement les eaux tempérées. Mais le réchauffement pousse aujourd'hui certaines baleines vers le nord.

Les scientifiques n’ont pas pu déterminer les causes de la mort de cette baleine. La vieillesse ou une blessure causée par un bateau, peut-être. Toujours est-il qu’elle a attiré l’attention de cette ourse affamée. © Roie Galitz, National Geographic

Depuis la Station spatiale internationale, cette fois, c'est un farfadet que l'astronaute Nichole Ayers a photographié. Un bref éclair de lumière apparu au-dessus d'un orage. À environ 80 kilomètres d'altitude. Là encore, le réchauffement climatique pourrait avoir joué son rôle. Car il affecte l'intensité et la fréquence des éclairs.

Les farfadets — ou sprites pour les anglophones — sont causés par l’interaction de l’azote moléculaire présent dans l’atmosphère avec la foudre chargée électriquement. © Nichole Ayers, Nasa

Enfin, cette photo finaliste l'Astronomy photographer of the year 2025 du Royal Observatory Greenwich (Royaume-Uni). Elle nous plonge dans le groupe dit de Deer Lick qui abrite la galaxie spirale NGC 7331 et le célèbre Quintette de Stephan. Pour un spectacle à couper le souffle d'interactions galactiques.

Pour obtenir cette image, douze photographes, une équipe de traitement et six mois de travail. Pas moins de 6 000 heures d’exposition au final. Et un résultat splendide. © Deep Sky Collective, Astronomy photographer of the year 2025

Juste parce que c’est beau

De quoi nous relier directement à notre dernière catégorie. Celle qui met à l'honneur des images, juste parce qu'elles sont jolies. Et c'est déjà pas si mal...

L'occasion d'aller voir un peu ce qui se passe dans les profondeurs, aussi. Avec ce gorgonocéphale qui vit à plusieurs centaines de mètres au fond des océans. Une sorte d'étoile de mer à panier aux nombreux bras entrelacés qui peuvent atteindre un mètre de long et qui peuvent se régénérer.

C’est grâce à un véhicule sous-marin télécommandé, le ROV SuBastian que des chercheurs ont désormais accès à des régions de nos océans reculées et riches en une biodiversité surprenantes. © ROV SuBastian, Schmidt Ocean Institute

Ensuite, la photo qui a remporté le prix du London Camera Exchange Photographer of the Year est tout simplement magnifique. Elle pourrait presque nous faire aimer les araignées. Foi d'arachnophobe ! Il s'agit-là d'araignées-crabes. En pleine parade nuptiale.

Cette photo surréaliste a été prise en Inde par un photographe naturaliste. Elle met en lumière de manière spectaculaire la différence de taille entre une araignée-crabe mâle et sa femelle. © Sandip Guha, London Camera Exchange Photographer of the Year

Toujours du côté du vivant, une photo juste merveilleuse d'un minuscule crabe bonbon juvénile (Hoplophrys oatesii). Il est perché sur un tapis de corail rose éclatant dans lequel il est à deux doigts de passer inaperçu. Ça aurait été dommage...

C’est bien l’œuvre d’une artiste que d’avoir repéré et mis en lumière cette scène rafraichissante au cœur d’une année… pas toujours rose ! © Jade Hoksbergen, Ocean Photographer of the Year

Et enfin, il y a la beauté troublante de la nature inanimée. Ici, des nuages circulaires illuminés par la lave du volcan Villarrica, au Chili, à la tombée de la nuit.

Le volcan Villarrica que l’on découvre sous son plus beau jour ici est l’un des plus actifs du Chili. © Francisco Negroni, Nature images of the year 2025

Parce que Noël, c’est demain…

Avant de vous laisser pour le réveillon de fin d'année, et au cas où il vous manquerait un dernier beau cadeau à faire à quelqu'un que vous aimez, je vous propose de craquer pour le livre de Felice Frankel, Phenomenal Moments. Du haut de ses 80 ans, cette chercheuse du Massachusetts Institute of Technology (MIT, États-Unis) nous invite à prendre le temps de regarder le monde avec des yeux d'enfant.

Nous avons sélectionné sept livres pour raconter Noël aux enfants et partager un peu de magie des fêtes en famille. © kirillslov, Pixabay
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Parmi les 40 images destinées à nous « révéler la science cachée qui nous entoure », ce qui ressemble bien à des fraises blanches (mais attention, vous pourriez être surpris), des feuilles d'automne qui se parent de rouge et de jaune ou encore quelques reflets du soleil sur la surface ridée de l'eau. Jolies, mais assez faciles à identifier. Mais aussi d'autres photos, un peu plus mystérieuses. Comme celle-ci...

Les photos proposées par Felice Frankel dans son livre, Phenomenal Moments, ont toutes été prises avec des moyens très modestes. Un simple smartphone généralement. Celui qu’on a à portée de main… quand on cuisine. Car ici, ce que nous admirons, c’est bel et bien la condensation de l’eau de quelques poivrons sur le couvercle de la poêle. © Felice Frankel, Phenomenal Moments

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