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Un peu comme pour l'Astronomy Picture of the Day (Apod) de la Nasa, il existe une Webb Picture of the Month de l'ESA qui, comme son nom l'indique, met en avant une ou deux fois par mois une image en fausses couleurs prise avec le télescope spatial James-Webb (JWST).
En cette fin d'août 2026, c'est une image d'une galaxie déjà observée par Hubble, mais revisitée par le JWST qui a été choisie. C'est une galaxie irrégulière magellanique située dans la constellation du Lion, initialement découverte par l'astronome germano-britannique William Herschel en 1784. De nos jours, elle est également cataloguée sous le nom de NGC 3239.
La Nasa a fait savoir il y a quelques jours que cela faisait déjà deux ans maintenant que le télescope spatial James-Webb avait repris le flambeau de Hubble pour nous révéler des images toujours plus spectaculaires du monde des nébuleuses et des galaxies. Pour fêter l'événement, elle a mis en ligne une nouvelle image d'une des mythiques galaxies irrégulières de Halton Arp, l'astrophysicien qui doutait du Big Bang.... Lire la suite
Mais surtout, elle a été incluse en 1966 dans l'Atlas of Peculiar Galaxies, aussi appelé communément atlas Arp. C'est un catalogue astronomique montrant des galaxies particulières que l'on doit initialement au défunt astronome états-unien Halton Arp (1927-2013). Il l'a publié une première fois en 1966 et, à sa mort, il recensait 338 galaxies.
Le saviez-vous ?
Halton Arp, tout comme Fred Hoyle, Margaret et Geoffrey Burbidge, est resté un opposant à la théorie du Big Bang de la fin des années 1960 (malgré la découverte du rayonnement fossile) jusqu’à son décès. Il mettait en doute, comme Hoyle, l’interprétation du décalage spectral selon la loi de Hubble-Lemaître en matière d’expansion de l’espace. Ce décalage devait avoir une autre interprétation, par exemple dans le cadre d’une théorie de la lumière fatiguée, faisant intervenir une perte continuelle d’énergie des photons émis par les astres avec la distance qu'ils parcourent sans que cette perte correspondant à un décalage vers les grandes longueurs d’onde, donc du bleu au rouge, ne soit due à la dilatation continuelle et accumulée des longueurs d’onde des photons du fait de l’expansion de l’espace lors de leur voyage.
La théorie de la lumière fatiguée était pourtant intenable, comme l’a rapidement montré une première fois le grand cosmologiste russe Yakov Zeldovich. Selon les lois connues de la physique, toute perte d’énergie selon la théorie de la lumière fatiguée impliquerait une perte aléatoire de quantité de mouvements pour les photons par interaction avec leur environnement, par exemple des poussières intergalactiques, de sorte que les images des étoiles et des galaxies seraient de plus en plus dégradées avec la distance, ce que l’on n’observe absolument pas.
De plus, comme l’explique le cosmologiste Ned Wright, l’expansion relativiste de l’espace implique que le temps d’évolution de la courbe de lumière des explosions de supernovae doit apparaître dilaté selon une loi bien précise, dilatation que ne peut prédire aucune théorie de la lumière fatiguée. Or, non seulement, on a bel et bien observé le phénomène et la loi prévue, mais le désaccord entre la théorie de la lumière fatiguée et les observations est de 11 sigma, comme disent les chercheurs dans leur jargon. C’est un désaccord colossal.
Arp était troublé par le fait que certains des objets de son catalogue montraient des galaxies en interaction ou pour le moins qui apparaissaient ainsi probablement du fait de leur rapprochement sur la voûte céleste. Or ces galaxies avaient des décalages spectraux différents, contredisant leurs associations apparemment étroites impliquant des distances similaires à la Voie lactée. Fort logiquement, Arp en déduisait que cela réfutait la théorie standard du décalage spectral. Un exemple connu est celui du Quintette de Stephan, un groupement visuel de 5 galaxies situé dans la constellation de Pégase et observé pour la première fois par l'astronome français Édouard Stephan en 1878. En fait, seules 4 galaxies sont véritablement en interaction et comme dans tous les autres cas qui troublaient Arp, on a pu montrer que les différences de décalage étaient bien dues à des distances spatiales différentes et les associations sur la voûte céleste étaient de simples astérismes comme les constellations.
Le plus lumineux des points brillants visibles dans Arp 263 est en réalité une étoile appelée BD+17 2217. Si elle apparaît si grande et si lumineuse, avec de longues aigrettes de diffraction produites par l’optique du télescope, c’est parce qu’elle appartient à notre propre Galaxie, la Voie lactée. Les galaxies visibles à l’arrière-plan sont beaucoup plus éloignées : la plupart se trouvent à des centaines de millions d’années-lumière de nous et d’Arp 263. Certaines peuvent être identifiées comme des galaxies spirales, mais la caméra NIRCam de Webb révèle également des centaines de galaxies encore bien plus lointaines, apparaissant sous la forme de petits points orangés. © ESA-Webb, NasaA et ASC, A. Leroy, ESA-Hubble, J. Dalcanton, A. Filippenko, N. Bartmann (ESA-Webb)
Une fusion récente de galaxies
Tout indique qu'Arp 263 doit son caractère irrégulier au fait qu'elle a été, plus ou moins récemment à l'échelle de temps du cosmos, le fruit d'une collision suivie d'une fusion galactiques.
Comme l'explique un communiqué de l'ESA et bien que ce ne soit pas visible sur l'image du JWST, NGC 3239 possède en particulier deux courants d'étoiles, c'est-à-dire des structures filamentaires que l'on peut produire en raison des forces de marée lors d'interactions gravitationnelles rapprochées entre deux galaxies, forces de marée arrachant ces courants des deux astres.
Cette vidéo présente deux vues d'Arp 263, une galaxie irrégulière située dans la constellation du Lion à une distance relativement proche d'environ 25 millions d'années-lumière. La première image provient du télescope spatial Hubble (Nasa-ESA), suivie de la nouvelle image du mois de l'ESA-Webb, réalisée à partir des données de l'instrument NIRCam du télescope Webb. © ESA-Webb, Nasa et ASC, A. Leroy, ESA-Hubble, J. Dalcanton, A. Filippenko, N. Bartmann (ESA-Webb). Musique : Stellardrone - Billions And Billions
La caméra infrarouge NIRCam du télescope James-Webb a révélé au cœur d'Arp 263 de nombreuses étoiles anciennes, mais surtout une intense activité de formation stellaire. Ces observations permettront aux astronomes d'étudier comment les perturbations provoquées par les fusions de galaxies modifient leur gaz et peuvent déclencher de vastes épisodes de formation d'étoiles.
Arp 263 constitue ainsi un laboratoire particulièrement intéressant pour comprendre les liens entre interactions galactiques et naissance des étoiles.
Le télescope James-Webb ouvre un « Coffre au trésor » cosmique caché à 7 500 années-lumière
On attend du télescope spatial James-Webb des révélations concernant la composition des atmosphères des exoplanètes proches du Système solaire, mais aussi des découvertes concernant la cosmologie et la naissance et l'évolution des galaxies primitives. Mais en bon héritier du télescope Hubble, il fournit aussi de nouvelles images d'astres dans la Voie lactée, images que la Nasa et l'ESA mettent périodiquement en avant. Ce mois-ci, c'est celle de la nébuleuse de la Carène.... Lire la suite


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