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Un glissement de terrain correspond au déplacement d'une masse de roches, de débris ou de sols le long d'une pente, rappelle l'US Geological Survey (USGS). Ce type de « mouvement de masse » peut survenir presque partout, sur Terre comme ailleurs dans le Système solaire. Des images prises par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter ont ainsi révélé des glissements relativement récents dans un cratère proche de Nili Fossae, non loin de Jezero, le site exploré par le rover Perseverance.
Sur notre planète, ces phénomènes résultent d'un déséquilibre entre la gravité et les forces de résistance du sol. « Lorsque la force de gravité dépasse la résistance d'une pente, celle-ci cède », résume le British Geological Survey. Mais dans la réalité, les causes sont rarement uniques : pluies intenses, remontées d'eaux souterraines, érosion, cycles de gel-dégel ou encore activités humaines fragilisent progressivement les terrains jusqu'à la rupture.
Les volcans, terrains propices aux catastrophes
Les pentes volcaniques réunissent toutes les conditions favorables aux glissements géants. Hautes, abruptes et fragilisées par les remontées de magma, elles sont souvent traversées par des systèmes hydrothermaux acides qui transforment les roches en argile, diminuant leur cohésion. Lorsqu'un glissement s'y déclenche, il peut se transformer en lahar, une coulée de boue et de débris capable de parcourir des dizaines de kilomètres à grande vitesse.
Paradoxalement, ce type d'effondrement peut aussi déclencher une éruption. En arrachant une partie du cône volcanique, la pression exercée sur le système magmatique chute brutalement, favorisant la vaporisation de l'eau et la montée du magma.
Le record absolu : le mont Saint Helens
Le plus grand glissement de terrain jamais enregistré s'est produit le 18 mai 1980, au mont Saint Helens, dans l'État de Washington, aux États-Unis. À la suite d'un séisme supérieur à magnitude 5, l'effondrement du flanc du volcan a libéré un volume colossal de matériaux : 2,5 km³, soit l'équivalent d'environ 1 000 pyramides de Gizeh.
La décompression soudaine a provoqué une explosion latérale fulgurante, avec des vitesses atteignant 1 072 km/h, suivis d'une éruption plinienne de neuf heures. La coulée de débris, parfois profonde de plus de 180 mètres, a dévasté la région, détruisant habitations, ponts, voies ferrées et infrastructures sur des dizaines de kilomètres.
Le 18 mai 1980, tout a basculé en quelques instants au mont Saint Helens. © Smithsonian ChannelQuarante-six ans plus tard, les conséquences persistent. Les rivières Toutle, Cowlitz et Columbia transportent toujours des volumes de sédiments bien supérieurs à ceux d'avant 1980, compliquant la navigation, la gestion des inondations et la pêche. Une preuve spectaculaire qu'un glissement de terrain peut remodeler durablement un paysage, et marquer l'histoire géologique autant que la mémoire humaine.


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