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La Ville de Baie-Saint-Paul ne pourra pas autoriser de nouveaux projets de construction sur son territoire jusqu’à la construction d’une usine de traitement des eaux, exigée par le ministère de l’Environnement, car les infrastructures actuelles vont atteindre leur limite.
Le coût d’une telle usine est estimé entre 13 et 14 millions de dollars, selon le maire de Baie-Saint-Paul, Michaël Pilote.
Un montant que la Ville ne peut se permettre de payer seule, affirme-t-il. Pour une ville d'environ 8000 habitants comme Baie-Saint-Paul, c'est tout simplement impossible de financer un tel projet sans l'aide du gouvernement québécois.
La bonne nouvelle, c’est que le gouvernement caquiste a annoncé un nouveau programme l’été dernier pour permettre le financement de ce genre d’infrastructures pour les municipalités qui construisent des logements.
Donc, on serait admissible… Admissible ne veut pas dire qu'on sera retenu!
Le programme peut financer 50 % des coûts des installations de traitement des eaux, ou même jusqu’à 80 %, selon certaines conditions, explique M. Pilote.

Michaël Pilote espère recevoir une réponse positive du gouvernement provincial.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
Il s’attend à recevoir une réponse du gouvernement dans les prochains mois, au plus tard au début de 2027.
Une ville freinée dans son élan
Ce frein au développement survient alors qu’il est difficile pour certaines personnes de se trouver un logement dans la région de Charlevoix.
Selon Michaël Pilote, le taux d'inoccupation à Baie-Saint-Paul est d’environ 1 %.
C'est difficile de se trouver un logement et un logement qui est abordable, affirme le maire. On comprend, les coûts de construction qui sont rendus aujourd'hui assez élevés. Donc, les nouveaux logements disponibles, souvent c'est 1500, 1600 $ par mois.

Baie-Saint-Paul a connu une croissance de sa population dans les dernières années, mais les logements se font rares.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
Il souligne aussi qu’il y a de la surenchère, autant pour la location d’appartements que pour l’achat d’une maison. Les jeunes familles ont de plus en plus de difficultés malheureusement à acquérir une propriété à l'intérieur du territoire.
Si la Ville de Baie-Saint-Paul n'effectue pas le projet de construction d’usine de traitement des eaux, on pourra rester des années dans cette malheureuse situation.
Les projets déjà approuvés par la Ville et compris dans l’analyse de la capacité actuelle du réseau d’égout, pourront aller de l’avant. Cela inclut un projet de 43 logements abordables dont la construction doit commencer dans les prochains jours.
Le maire de Baie-Saint-Paul souligne d’ailleurs que de nombreux logements ont été construits au cours des dernières années, entre autres en permettant de convertir des garages en logements et en permettant la construction de minimaisons.
Les infrastructures en eau, l’angle mort de la crise du logement
La question des infrastructures en eau, l’APCHQ [Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec] a dit dans la dernière année que c'était l'angle caché ou l'angle mort de toute la crise de l'habitation, souligne Isabelle Demers, vice-présidente au développement stratégique, affaires publiques et innovation de l'APCHQ.
Baie-Saint-Paul est loin d’être seule à faire face à ce problème. Lévis a notamment imposé un moratoire sur la construction dans les secteurs Saint-Nicolas et Desjardins.
Au Bas-Saint-Laurent, la Ville de Rimouski exige une contribution aux promoteurs immobiliers pour financer une partie des investissements nécessaires aux réseaux d'aqueduc et d'égout.

À travers la province, la construction de 30000 logements serait freinée par la désuétude des infrastructures, selon Isabelle Demers de l'APCHQ.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
Isabelle Demers indique que le déficit de maintien des infrastructures actuelles est de 20 milliards de dollars au Québec, alors qu’il y a des besoins additionnels évalués à 23 milliards de dollars.
On voit là qu'on est dans un ordre de grandeur avec beaucoup trop de zéros. Donc, il faut absolument avoir un plan d'action qui est clair parce que le logement dépend de la capacité de connecter les logements justement aux infrastructures en eau.
Elle estime qu’il s’agit d’une responsabilité partagée par tous les paliers de gouvernement, tant fédéral, provincial que municipal.
Isabelle Demers ajoute que la population a aussi une réflexion à faire sur sa consommation d’eau.
Il va falloir aussi avoir une réflexion, peut-être provinciale ou nationale, sur comment on permet aux villes de financer ces actifs-là, ces infrastructures en eau. Est-ce qu’on devrait aussi s'assurer de moins gaspiller l'eau?, conclut-elle.
D'après les entrevues de Gabriel Paré-Asatoory


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