Sur la route des vacances, voici ce qu'on appelle une réalité contre-intuitive : sur autoroute dense, rouler plus vite ne permet pas toujours d'arriver plus rapidement à destination.On vous explique pourquoi 

O.T. - Aujourd'hui à 17:00 - Temps de lecture :

 lorsque la circulation devient dense, quelques variations de vitesse suffisent à déstabiliser l'ensemble du flux. Photo Romain Doucelin/Sipa

Le trafic routier est un système collectif : lorsque la circulation devient dense, quelques variations de vitesse suffisent à déstabiliser l'ensemble du flux. Photo Romain Doucelin/Sipa

À l’approche des grands départs, certains comportements de conduite suffisent à provoquer des ralentissements... voire à créer des embouteillages sans qu'aucun accident ou obstacle ne soit en cause !

Ces ralentissements, appelés "bouchons fantômes", apparaissent lorsqu'une succession de freinages et d'accélérations se propage de véhicule en véhicule, jusqu'à provoquer un ralentissement, voire un arrêt complet, plusieurs centaines de mètres plus loin.

 Tous responsables ?

Pour Sébastien Gomes, Directeur du développement d'Alyce et ingénieur transport, « plus le flux de voitures est important, plus la vitesse moyenne va diminuer. Et lorsqu'on se retrouve pour un grand chassé-croisé avec 2000 véhicules/heure sur l'autouroute, la vitesse moyenne optimale pour écouler ce flux sera de 70 km/h. La moindre interaction négative va faire tomber cette vitesse à 30 km/h... et là on n'écoule plus que 1000 véhicule/heure». 

Le trafic routier étant un système collectif : lorsque la circulation devient très dense, quelques variations de vitesse suffisent à déstabiliser l'ensemble du flux. « Un simple freinage peut déclencher une réaction en chaîne qui se propage de véhicule en véhicule. Les embouteillages sont donc souvent le résultat d'un comportement collectif, bien plus que la conséquence d'un incident visible ».

Augmenter la vitesse... ralentit la circulation !

Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas la vitesse maximale qui permet de fluidifier le trafic, mais la régularité de la circulation. 

Les recherches menées ces dernières années montrent qu'une vitesse plus homogène limite les freinages en chaîne, réduit les phénomènes d'accordéon et contribue à améliorer les conditions de circulation lorsque le trafic est dense. 

« Une étude italienne publiée en 2024 sur les systèmes de régulation de vitesse sur autoroute met notamment en évidence jusqu'à 4 % de réduction du temps de trajet moyen et 12 à 20 % de réduction des écarts de vitesse entre les véhicules ».

Comment limiter les effets des bouchons fantômes ? 

“Le trafic fonctionne comme un système collectif : lorsque chaque véhicule roule à une allure différente, les perturbations se propagent et finissent par créer des bouchons. À l’inverse, plus les vitesses sont homogènes, plus le trafic est capable d’absorber les ralentissements.” explique Sébastien Gomes.

La présence d'un poids lourd sur voie de droite par exemple, va entrâiner des freinages. Les premiers sur la voie du milieu vont freiner fort pour que le trafic des voitures puisse doubler le PL. C'est le début d'une onde de congestion. Si tout le monde freine fort... c'est le bouchon assuré en quelques kilomètres. Une conduite souple permet d'absorber en partie l'onde de congestion. Et un freinage progressif evite justement de propager cet onde plus à l'arrière. 

Le respect des distances de sécurité pour éviter les freinages et une anticipation des « problèmes » peuvent permettre de limiter l'apparition de ces bouchons fantômes.

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