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Bonjour, je trouve que monsieur Lecornu a raison : ma maman de 84 ans est malade et alitée, et en totale situation de dépendance, mais bien vivante, et j'ai peur qu'avec cette loi on ne la pousse vers la « sortie... », ceci, sans son consentement ni le mien, pour des raisons mercantiles, rappelez-vous que notre pays est proche de la faillite. (or, on sait que la fin de vie est ce qui coute le plus cher à l'État.) Du reste on se remémore les commandos Rivotril lors de la crise Covid. C'est pourquoi sa décision de saisir le Conseil constitutionnel, à la veille du vote solennel du 15 juillet, est une bonne chose. Le Premier ministre demande aux Sages des clarifications sur trois points controversés : le délai de rétractation très court des malades, le sort des majeurs protégés et l'obligation faite à tous les établissements de pratiquer l'aide à mourir. Quitte à voir fermer ceux qui la refusent, comme les Petites Sœurs des pauvres. De nombreux témoignages de personnes en situation de handicap, relayés sur X, expriment un sentiment de menace. Face à l'irréversibilité de l'acte, ces garde-fous ne sont pas un détail : ils touchent à la dignité humaine.
Le premier ministre Sébastien Lecornu. LUDOVIC MARIN / AFP
C’est un nouveau coup de théâtre dans le trajet mouvementé de la loi sur l’aide à mourir. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, va saisir le Conseil constitutionnel sur une partie des dispositions du texte qui légalise l’euthanasie et le suicide assisté. Cette annonce surprise intervient la veille du vote solennel de la proposition de loi relative à la fin de vie, prévue le 15 juillet. Un signe de défiance alors que Matignon a laissé filtrer à plusieurs reprises le manque d’enthousiasme du premier ministre pour cette réforme. D’après l’entourage de Sébastien Lecornu, il s’agit d’une initiative personnelle, sans demande d’Emmanuel Macron ni même concertation.
Dans un communiqué que Le Figaro a pu consulter, daté du 14 juillet, la démarche est justifiée par le rejet du texte par le Sénat à trois reprises qui n’a pas permis «d’aboutir à un texte de loi répondant autant aux aspirations de ses défenseurs qu’aux préoccupations de ceux qui s’inquiètent de sa mise en œuvre».
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Sébastien Lecornu s’apprête à saisir les Sages de la rue de Montpensier sur trois aspects controversés du texte : le délai de rétractation des malades, la situation des majeurs protégés et l’obligation de tous les établissements de santé ou médico-sociaux de pratiquer l’aide à mourir.
Apporter «des clarifications nécessaires»
«Cette saisine doit pouvoir apporter sur ces questions l’ensemble des clarifications nécessaires, afin que l’application de la loi, si celle-ci est votée, puisse se faire dans le plein respect des principes que notre constitution garantit et, en particulier, de la dignité humaine», précise le communiqué qui évoque également le principe de liberté personnelle. Dans les colonnes du Figaro, le président du Sénat, Gérard Larcher a également annoncé le 8 juillet qu’il allait saisir en personne le Conseil constitutionnel sur le texte. Une démarche rare.
Dans la dernière ligne droite des débats, la question de liberté des établissements privés ne souhaitant pas abriter d’euthanasie ou de suicide assisté, notamment ceux créés par des congrégations religieuses ou spécialisés en soins palliatifs, est montée en puissance. Les Petites Sœurs des pauvres, notamment, ont annoncé vouloir fermer leurs établissements en France si elles étaient obligées d’appliquer le texte. Si le cabinet du premier ministre avait aussi laissé filtrer qu’il était attaché à cette liberté de conscience, le gouvernement n’avait cependant pas déposé d’amendement pour proposer une clause de conscience collective.
Le délai de réflexion de deux jours pour un patient pour confirmer qu’il souhaite l’administration de la substance létale a toujours été vivement contesté par les opposants à la loi, au regard de l’irréversibilité de l’acte. Après une demande d’un patient d’en finir, le médecin, lui, doit rendre une décision motivée dans un délai maximal de quinze jours, après avis d’un autre praticien. L’ancien ministre de la Santé et médecin Yannick Neuder avait mis en regard cette procédure d’autres actes médicaux. Pour la pose d’une valve cardiaque chez un sujet âgé, il faut trois avis médicaux et un délai de rétractation de 7 jours, avait-il argué.
En bout de course, la question de la capacité des majeurs protégés à exprimer un consentement libre et éclairé sur l’aide à mourir et à l’évaluation de ce consentement a agité les débats parlementaires.


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