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De 1955 à 2014, la Fête des rhodos de Cerisy a marqué les mémoires. Une journée devenue incontournable dans le bocage qui a vu passer nombre d’artistes.
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Par Rédaction Flers Publié le 2 août 2026 à 6h02
Suite de notre série sur la fête des Rhododendrons de Cerisy-Belle-Étoile (Orne).
Au fil des années, la manifestation prend de l’ampleur. Organisée par le Comité des fêtes de Cerisy-Belle-Étoile, la fête des Rhodos devient rapidement l’un des grands rendez-vous populaires du Bocage normand avec une période de gloire jusque dans les années 1990. Après, ont suivi le début des déficits liés au différent entretien du matériel, les caprices de la météo, les normes de sécurité, des cachets en augmentation… Plongée dans ces souvenirs du Mont, racontés notamment dans les bulletins communaux des années 1992 à 1994.
Le Comité des fêtes s’efforce de proposer une édition différente d’une année à l’autre. Il faut rechercher de nouvelles idées, inviter des artistes différents, préparer l’accueil du public et tout mettre en œuvre pour que la fête soit une réussite.
Chaque édition représente un nouveau défi. L’objectif est toujours le même : connaître un nouveau succès et offrir au public une journée à la hauteur de ses attentes. Certaines années, plus de 12 000 personnes se déplacent pour participer à cette grande fête populaire.
Une fête préparée toute l’année
Derrière la journée de fête et les spectacles présentés sur le podium se cache un travail considérable. Chaque année, le Comité des fêtes se réunit pour faire le bilan de l’année écoulée et réfléchir aux actions à mettre en œuvre pour l’édition suivante.
Il faut tirer les enseignements de la fête précédente, étudier les résultats, réfléchir aux artistes à inviter, préparer l’organisation et anticiper les travaux nécessaires sur les installations.
Une telle manifestation ne se prépare pas en quelques semaines. Elle nécessite des mois de travail, de réunions et d’engagement. Le Comité des fêtes met tout en œuvre pour que chaque édition soit un nouveau succès et un véritable triomphe populaire.
1978 : La Belle Vie
Sacha Distel, auteur de la célèbre chanson La Belle Vie, s’est produit sur le célèbre Mont de Cerisy dans le cadre de ses animations estivales et de la célèbre Fête des rhodos en mai 1978. Un haut lieu de rassemblement normand qui a accueilli cette année-là une foule considérable devant une vedette de la chanson fort sympathique. Une des plus belles années aussi bien pour le nombre de visiteurs que de la météo qui laisse le souvenir d’un artiste au combien gentil et convivial très apprécié de tous.
En 1984, pour la première fois depuis 30 ans, la Fête des rhodos a connu la malchance et connu un pénible revers pour recevoir la tête d’affiche Pierre Perret et les danseurs « Danses des Philippines – Les Anatoles » en première partie de spectacle. « Les années se suivent et ne se ressemblent pas… Aide-toi et le ciel t’aidera » disait Raymond Lecornu qui a été de nombreuses années au comité et président du comité des fêtes en 1959 pendant quelques années.
1991 : Enrico Macias à l’affiche
En 1991, la 37e Fête des rhodos accueille Enrico Macias en invité d’honneur.
En première partie se produisent Harmonica Swingers et un groupe péruvien. Cette édition connaît une fréquentation supérieure à celle de l’année précédente, avec 500 entrées supplémentaires et une augmentation de 5 francs du prix du billet.
Pourtant, le bilan financier reste difficile, avec une dépense de 180 000 francs supérieure aux bénéfices réalisés. À cela s’ajoutent l’entretien des installations et le suivi des réparations engendrées par différents incidents. Ces opérations nécessitent un temps important de la part du personnel communal.
La réussite d’une Fête des rhodos ne se mesure donc pas uniquement au nombre de spectateurs présents le jour de la manifestation. Derrière la fête, toute une organisation doit être entretenue et suivie au fil de l’année.
1992 : une année plus difficile
L’année suivante, la 38e Fête des rhododendrons accueille Michel Fugain en invité d’honneur. Fano et Victor Vivier, conteur normand, assurent la première partie.
Mais le bilan de l’édition 1992 est beaucoup plus difficile. La fréquentation diminue d’un tiers par rapport à l’année précédente, soit une baisse de 30 000 francs, pour un budget de 250 000 francs.
André Lucas, président du Comité des fêtes reconnaît alors que l’on peut parler d’un échec sur le plan du succès populaire et de l’aspect financier. Mais il refuse de considérer la fête comme un échec dans tous les domaines. Les conditions météorologiques avaient été satisfaisantes, notamment au regard des nombreux week-ends difficiles du mois de juin. Surtout, le spectacle avait été de qualité et le public présent était reparti très satisfait de la prestation de Michel Fugain.
Cette remarque montre toute la complexité de l’organisation d’une telle manifestation. Une fête peut ne pas atteindre les objectifs financiers espérés tout en restant une réussite artistique et humaine.
Le souvenir de Jean-Claude Bourdon
Maire de Cerisy-Belle-Étoile de 1989 à 2008, Jean-Claude Bourdon a connu de nombreuses éditions des Fêtes des rhododendrons. Il garde notamment un souvenir particulier du passage de Michel Fugain, qui fut visiblement séduit par le domaine et la beauté de ses rhododendrons.

« J’ai une anecdote savoureuse. Michel Fugain, conquis par le site du Mont de Cerisy et ses fleurs, m’a donné son numéro de téléphone sur un coin de nappe pour recevoir un pied de rhododendron de Cerisy que le maire lui a remis en mains propres en vallée de Chevreuse à la bonne saison pour être replanté. Le maire a reçu un accueil fort chaleureux à son domicile ! C’est pour moi un souvenir inoubliable… » déclare l’ancien maire. Cette anecdote illustre le pouvoir de séduction du domaine. Au-delà du spectacle, les artistes eux-mêmes pouvaient être touchés par la beauté du site et la richesse de ses floraisons.
1993 : quand la sécurité fait trembler la fête
L’édition 1993 restera comme une année particulièrement riche en émotions.
Le programme s’annonce pourtant prometteur, avec notamment les danseurs de Kaoma, le groupe « Il était une fois », « Les Vagabonds et des danseurs acrobatiques ». Mais, quelques jours avant la fête, l’inquiétude s’installe. Jean-Claude Bourdon, maire de Cerisy-Belle-Étoile à cette époque, se souvient.
La Fête des rhodos 1993 a vécu beaucoup d’émotions, car le sous-préfet a téléphoné le vendredi précédant à la mairie pour savoir si nous avions eu la visite de la commission de sécurité.
Les visites de sécurité ont bien eu lieu. Pourtant, le Comité des fêtes et la municipalité se posent de nombreuses questions quant à la faisabilité du spectacle. La fête pourra-t-elle réellement se dérouler dans les conditions prévues ?
Découvrez la suite de la série dans la prochaine édition.
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