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Au cœur de la cité royale de Loches (Indre-et-Loire) se trouve la collégiale Saint-Ours, édifice chargé d'Histoire. Le lieu est notamment connu pour abriter un somptueux tombeau.
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Par Amandine Vachez Publié le 2 août 2026 à 6h02
Cette église, trésor d’architecture romane au cœur de la cité royale de Loches, à environ 40 km au sud de Tours en Indre-et-Loire, a une histoire fascinante à raconter. La collégiale Saint-Ours, actuellement en restauration, est un monument emblématique de la ville. Non contente de valoir à elle seule le coup d’œil, elle a été construite pour abriter une précieuse relique, et a été choisie pour accueillir un somptueux tombeau. Celui de la « Dame de Beauté », une femme ayant marqué l’Histoire de France.
Un édifice construit au 12e siècle, pour abriter une précieuse relique
Située au cœur de la cité royale de Loches, à proximité immédiate du logis royal, la collégiale Saint-Ours couronne admirablement la vieille ville. Dédiée à l’origine à Notre-Dame, elle fut construite pour abriter une précieuse relique. Il s’agit de la ceinture de la Vierge.
Elle était alors desservie par un collège de douze chanoines, d’où le titre de collégiale. C’est après la Révolution française qu’elle devint église paroissiale Saint-Ours, reprenant le nom d’une église proche faisant référence au premier évêque qui a christianisé la région, et désormais détruite.
« Fondée vers 965 par le comte d’Anjou Geoffroy Grisegonelle, père du célèbre Foulques Nerra, c’est à ce dernier que l’on doit la construction de l’édifice dans la première moitié du 11e siècle », retrace la municipalité. Un siècle plus tard, le prieur Thomas Pactius a fait réaliser d’importants travaux d’agrandissement de la collégiale qui lui donnent le visage qu’on lui connaît.
Véritable splendeur romane, l’édifice date principalement du 12e siècle. Son architecture comprend deux éléments exceptionnels datant du milieu du siècle :
- un portail polychrome sculpté de personnages et d’animaux fantastiques caractéristiques du bestiaire roman, considéré comme le mieux conservé de Touraine,
- deux pyramides octogonales creuses appelées « dubes », qui couvrent la nef, constituant une particularité unique en France.
Des remaniements ont été faits au 19e siècle – une partie du chœur s’est effondrée -, mais l’essentiel de la bâtisse date du Moyen Âge, comme le souligne l’office de tourisme local, dans un entretien accordé à Actu Tours.
Le remarquable gisant d’Agnès Sorel, première favorite de roi de France
La bâtisse abrite un somptueux tombeau. Celui de la première favorite officielle d’un roi de France, Agnès Sorel. « C’est en 1450 que le tombeau d’Agnès Sorel, favorite de Charles VII, est installé dans la collégiale de Loches selon la volonté de la défunte », indique la Ville.
Restauré en 2015, le gisant en albâtre, posé sur une dalle et un coffre de marbre noir, est de qualité princière pour une simple favorite du roi, ce qui donne à ce monument un caractère exceptionnel. Un trait qui répond parfaitement à la destinée de cette demoiselle de compagnie d’Isabelle de Lorraine, duchesse d’Anjou, remarquée autour de 1443 par le roi de France, de 20 ans son aîné.
Entrée au service de la reine, Agnès Sorel qui marquera par sa beauté acquiert bientôt le statut de favorite du officielle, nouveauté à la cour. Elle apportera un souffle nouveau et une mode avant-gardiste, et inspirera notamment Jean Fouquet dans le portrait de La Vierge et l’Enfant entourés d’anges.
Enceinte de son 4e enfant, cette femme aussi appréciée que décriée, notamment par le dauphin et futur roi Louis XI, perdra la vie à 27 ans, en couches.
Le tombeau d’Agnès Sorel a connu cinq emplacements successifs au sein de la collégiale, et du logis royal, avant d’être réintégré dans la collégiale en 2005. Lors de ce dernier déplacement, une étude paléopathologique a été effectuée sur les restes de celle que l’on appelle la « Dame de Beauté », permettant de révéler que son décès est lié à une surdose de mercure. Empoisonnement volontaire ou non ? On n’aura sans doute jamais la réponse officielle, même si la quantité relevée permet de douter fortement du caractère accidentel.
L’église, située place Charles VII à Loches, est accessible tous les jours en été, de 9h à 21h30 (accès libre). En savoir plus : sur la collégiale, sur le projet de restauration, sur Agnès Sorel.
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