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CHRONIQUE - En France, une naissance sur trente a lieu par le biais des techniques de PMA. La fecondation in vitro est la plus complexe.
C’est une femme de 40 ans. Avec son mari, ils essaient d’avoir un enfant depuis un an. «À son âge, le pronostic n’est pas idéal» ; «sa réserve ovarienne réduit de jour en jour» ; «la qualité et le nombre de ses ovocytes décroissent» et comme beaucoup de ses semblables, membres d’une génération «pour qui la trentaine est l’entrée dans la vie adulte», «elle n’en savait rien». En France, l’âge de la première grossesse a nettement reculé : de 26,5 ans en 1977 à 29,1 ans en 2023. C’est une des causes de l’infertilité croissante. Pour son essai publié ce 4 septembre aux éditions Universités Paris Cité, Noémie Merleau-Ponty, anthropologue au CNRS, s’est intégrée au quotidien d’un laboratoire de fécondation in vitro (FIV). Le lieu vers lequel sont vite orientés les cas complexes (femmes en fin de trentaine ou atteintes d’une pathologie), où finissent par arriver celles pour qui les autres techniques - monitorage de l’ovulation, stimulation, inséminations - n’ont rien pu faire. Des lieux auxquels près de dix millions d’enfants dans le monde doivent (en partie) leur naissance depuis 1978. En France, la première a eu lieu en 1982 : un bébé-éprouvette prénommé Amandine.
Noémie Merleau-Ponty raconte les histoires des couples (à l’époque de son immersion, en 2012, la PMA n’est pas ouverte aux femmes seules), mais surtout les questionnements éthiques et psychologiques de ceux qui manient pipettes et microscopes face à ce travail magnifique mais si décevant sur le plan statistique. Car la FIV ne surmonte pas tout : à mesure que la qualité des ovocytes diminue, les chances de parvenir à une naissance s’amenuisent. Les étapes prennent du temps, les mois et les années passent vite. En 2023, sur un peu moins de 20.000 tentatives, on compte un peu moins de 3000 grossesses. Après un premier échec, un couple sur quatre renonce sans pourtant avoir eu un enfant de manière naturelle. Trop douloureux, trop prenant voire trop cher dans le privé.


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