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À Québec, des pistes cyclables déneigées, mais peu fréquentées 

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À Québec, l’engouement pour le vélo hivernal s’avère frileux. Les cinq corridors cyclables les plus achalandés ont accueilli une fréquentation anémique au cours des quatre derniers mois : à peine 500 passages par jour, en moyenne, sur l’ensemble des tronçons les plus passants du réseau blanc.

La question a occupé bien des débats et du temps d’antenne sur les radios privées lors de la dernière campagne électorale : faut-il persister à déneiger des pistes cyclables que fréquentent seulement, selon la perception populaire, une poignée de cyclistes ?

Les compteurs mis en place par la Ville aux abords de 11 corridors cyclables donnent un portrait plus juste de l’achalandage hivernal. Le Devoir a retenu, aux fins de cet article, les pistes quatre saisons du chemin Sainte-Foy, de la rue Père-Marquette, de la rue Dalhousie, de la rue Einstein, de la route de l’Église et du corridor du Littoral dans le secteur Maizerets.

Les cinq autres compteurs, placés en bordure de sentiers seulement damés en hiver, se trouvaient surtout dans des parcs. Leurs résultats n’ont pas été pris en compte dans le cadre de ce reportage.

Les chiffres montrent qu’à Québec, la popularité grandissante du vélo pendant l’été ne résiste pas à l’arrivée des grands froids et à la mise au rancart des bicyclettes d’àVélo. Sitôt l’hiver venu, l’achalandage des pistes cyclables fond comme neige au soleil, avec des chutes de fréquentation pouvant atteindre 97 %.

Entre juin et septembre 2025, le corridor VivaCité du chemin Sainte-Foy, une artère cyclable délimitée par des bollards et qui relie l’Université Laval et le Vieux-Québec, a compté, en moyenne, près de 2000 passages chaque jour. Entre novembre et février, cet achalandage avait dégringolé à 205 passages par jour, en moyenne. Si on considère que chaque usager fait un aller-retour par le même chemin, ce sont donc environ 100 cyclistes qui ont emprunté quotidiennement, en moyenne, ce tronçon.

La baisse de fréquentation est encore plus marquée dans le corridor du Littoral du quartier Maizerets. Au cours de la période estivale étudiée, qui s’étire jusqu’en septembre, les compteurs avaient observé une moyenne de 2200 passages par jour. Au cours des quatre derniers mois, l’achalandage moyen s’élevait tout juste à 67 passages, soit une baisse de 97 %.

Sur la rue Dalhousie, il y avait, en moyenne, 110 passages de vélos par jour entre novembre et février, alors qu’elle accueillait en moyenne près de 3000 passages quotidiens au cours de l’été dernier. L’hiver retenait donc, là encore, à peine 4 % du trafic observé en période estivale.

La Ville « très encouragée »

L’administration de Bruno Marchand se dit « vraiment encouragée » par l’achalandage observé par les compteurs cet hiver — particulièrement en bordure du chemin Sainte-Foy. « Nous sommes au début d’un processus, mais, déjà, il y a un cycliste sur sept qui continue à circuler l’hiver, constate Yannick Fauteux, conseiller responsable de la mobilité des biens et des personnes. Québec, ce n’est pas Toronto, ce n’est pas San Francisco, mais à date, on est très encouragés. »

« Il y a de plus en plus de cyclistes d’hiver, mais ce n’est pas une montée exponentielle, ça c’est clair », nuance quant à lui Martial Van Neste, fondateur de la Table de concertation vélo des conseils de quartier. « Par contre, si je regarde ça par rapport à il y a 10 ans, il doit y avoir 100 fois plus de gens aujourd’hui ! »

La rigueur de la saison, un déneigement perfectible et une culture de l’auto encore bien ancrée à Québec expliquent en partie, à ses yeux, la faible fréquentation des principales artères du réseau blanc de la capitale constatée par les compteurs.

Il rappelle que les cyclistes qui veulent pédaler pendant la saison froide peuvent au moins le faire de façon plus sécuritaire depuis quelques années. « Au moins, nous avons un réseau hivernal, se réjouit M. Van Neste. Il y a une dizaine d’années, il n’y avait rien pantoute. »

L’usage parfois anémique des pistes déneigées, par exemple sur la voie cyclable de la rue Einstein, où le compteur a observé, en moyenne, 34 passages par jour au cours des quatre derniers mois, ne signifie pas pour autant que la Ville de Québec fait fausse route pour favoriser la pratique du cyclisme d’hiver.

« Nous n’allons pas fermer des routes de campagne parce qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui y passent, ajoute Martial Van Neste. Ça vaut la peine d’ouvrir un réseau blanc : ça comporte des bénéfices pour la santé et c’est ce que ça prend si nous voulons nous approprier l’hiver — même si le vélo d’hiver, ce n’est pas pour tout le monde, c’est clair. »

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