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Une nouvelle réserve naturelle de 1600 hectares voit le jour dans le centre de Terre-Neuve. L'initiative vise à protéger plusieurs espèces, dont le saumon atlantique et le caribou.
La réserve naturelle du lac Beothuk couvre des terres situées près de Millertown, à environ une heure de Grand Falls-Windsor et deux heures de Gander. Elle englobe également Rushy Pond ainsi qu'une portion importante du bassin versant de la rivière Exploits.
Le secteur revêt une importance particulière pour le saumon atlantique, puisqu'il est l'un des habitats les plus importants de l'espèce sur l'île de Terre-Neuve, selon Marie-Michèle Rousseau-Clair, vice-présidente pour l'est du Canada chez Conservation de la nature Canada (CNC).

Zone proposée pour la réserve naturelle du lac Beothuk.
Photo : Conservation de la nature Canada
La nouvelle aire protégée contribuera aussi à la préservation de la forêt boréale, des milieux humides et des habitats fréquentés par une population de caribous.
Actuellement, seulement 3 % du territoire du centre de Terre-Neuve bénéficie d'un statut de protection. La création de cette réserve s'inscrit dans l'objectif du gouvernement fédéral de protéger 30 % des terres et des eaux du pays d'ici 2030.
L'idée, ce n'est pas de mettre une cloche de verre, affirme la députée Nathalie Provost, secrétaire d’État (Nature) au gouvernement fédéral. L'idée, c'est de le faire de la manière la plus durable possible avec les humains, mais qui va permettre de protéger la biodiversité, de protéger la qualité des sols, la qualité de l'eau, la qualité de l'air.
Historiquement, on a détruit des espaces complets parce qu'on ne s'en souciait pas, rappelle-t-elle.
2 M$ d’une compagnie minière?
Le terrain appartient désormais à Conservation de la nature Canada, qui l'a acquis de la compagnie de pâtes et papiers Domtar — anciennement AbitibiBowater — pour 1,3 million de dollars.
Le projet bénéficie d'un appui financier de 180 000 $ du gouvernement fédéral.
La société minière Teck Resources verse pour sa part la plus grande somme, soit 2 millions de dollars.
Cette contribution peut surprendre. Pourquoi une compagnie minière finance-t-elle un projet de conservation?
Pour comprendre ce lien, il faut remonter quelques années en arrière.

La contribution de la société minière Teck Resources s'élève à 2 millions de dollars. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK
Teck Resources a exploité la mine de cuivre et de zinc Duck Pond, à une trentaine de kilomètres de Millertown, de 2007 jusqu'à sa fermeture, en 2015. Des travaux de réhabilitation environnementale sont d'ailleurs toujours en cours sur le site.
Bien que l'ancienne mine ne fasse pas partie de la nouvelle réserve naturelle, l'entreprise affirme vouloir contribuer à la préservation à long terme des écosystèmes de la région où elle a exercé ses activités pendant plusieurs années.
Ce projet contribue à l’héritage laissé par l’exploitation minière en aidant à protéger un bassin versant important, à soutenir l’habitat du saumon, et à assurer des retombées durables en matière de conservation pour les générations futures, explique Chris Adachi, directeur de l'environnement et des changements climatiques chez Teck Resources.
L’heure des consultations
L'annonce de cette nouvelle aire protégée survient avant la tenue de consultations communautaires.
Le projet n'en est qu'à ses débuts, mais Conservation de la nature Canada reconnaît que la création d'une réserve naturelle peut inquiéter des résidents, propriétaires de chalets ou utilisateurs du territoire.

De gauche à droite : Nathalie Provost, secrétaire d’État (Nature); Fiona Humber, mairesse de Millertown; Marie-Michèle Rousseau-Clair, vice-présidente pour l’est du Canada chez Conservation de la nature Canada; et Piers Evans, directeur de programme de l’organisme à Terre-Neuve-et-Labrador, lors de l'annonce de la création de la réserve naturelle du lac Beothuk, le 31 août 2026.
Photo : Radio-Canada
La mairesse de Millertown, Fiona Humber, qui accueille favorablement l'initiative, indique que des citoyens ont déjà soulevé plusieurs questions concernant la protection du patrimoine et du territoire associés au peuple autochtone beothuk.
Conservation de la nature Canada, de son côté, affirme qu'elle consultera les partenaires autochtones ainsi que les communautés locales, afin de s'assurer que les futures décisions de gestion reflètent les attentes et les préoccupations des différentes parties concernées.
Il faut travailler avec les communautés, affirme Marie-Michèle Rousseau-Clair. Il faut établir un plan de gestion.
La désignation du territoire comme réserve naturelle va restreindre son utilisation pour le camping, la coupe de bois et la récolte de ressources.
Toutefois, plusieurs activités récréatives pourraient y être permises, comme la chasse, la pêche, le piégeage et l’utilisation de véhicules tout-terrain. Les détails seront déterminés lors des consultations à venir.
Une rencontre d’information publique a d’ailleurs eu lieu samedi dernier à Millertown, pour permettre aux résidents d’en apprendre davantage sur le projet et de poser leurs questions.


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