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Votre cœur mesuré toutes les cinq secondes : jusqu’où la nouvelle Apple Watch veut analyser votre santé

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Toutes les cinq secondes, toute la journée, sans que rien ne soit déclenché. C’est la cadence à laquelle l’Apple Watch Series 12 relève désormais la fréquence cardiaque. Douze mesures par minute, en tâche de fond, et un objet qui change de nature au passage : la montre ne prend plus le pouls, elle enregistre une courbe continue.

Présentées le 9 septembre à Cupertino, la Series 12 et l’Ultra 4 reposent sur un ensemble baptisé Health Sensing System, qui associe des capteurs optique et électrique redessinés à la nouvelle puce S11. La variabilité cardiaque y est relevée jusqu’à vingt-quatre fois plus souvent que sur la génération précédente, selon Apple. De cette matière brute sortent un score quotidien de forme, un âge biologique estimé et, plus tard cette année, une application Santé entièrement refondue.

Mesurer plus souvent ne garantit pas de mesurer juste. Apple a donc publié le même jour une étude de 1 254 participants exploitables, menée face à six appareils concurrents nommés, capteur au poignet et ceinture cardiaque en référence.

Source: DR

Cinq secondes : quand la mesure devient un flux

Le capteur optique fonctionne par photopléthysmographie. Des LED vertes éclairent le poignet, un photodétecteur mesure la lumière renvoyée, et les variations d’absorption trahissent le passage du sang à chaque battement. Apple a élargi ces diodes et les a rendues plus économes, ce qui autorise une cadence permanente sans vider la batterie en une demi-journée.

Cette fréquence irrigue tout le reste. Les anneaux d’activité gagnent en justesse, une complication affiche le rythme en direct sur le cadran, et la variabilité de la fréquence cardiaque sort enfin de sa niche de sportifs avertis.

La VFC ne mesure pas la vitesse du cœur mais son irrégularité, l’écart entre deux battements successifs. Un organisme bien récupéré ne bat pas comme un métronome, il accélère et ralentit au gré du système nerveux autonome. Une variabilité élevée est généralement associée à une meilleure récupération, une variabilité basse à un état de stress. Apple en distingue maintenant deux lectures, l’une centrée sur la récupération quotidienne, l’autre sur l’état de santé plus large, cardiovasculaire compris. Les valeurs nocturnes sont comparées à la ligne de base personnelle du porteur, et une nouvelle vue diurne permet de basculer d’un régime à l’autre.

Deux nuances n’apparaissent pas sur scène. La valeur affichée toutes les cinq secondes n’est pas celle qui atterrit dans HealthKit : en arrière-plan, l’application n’en reçoit qu’une toutes les trente secondes, pour ménager la mémoire de la montre. Et l’application Vitals reste explicitement classée comme un outil de bien-être, sans usage médical.

Source: DR

Un score sur dix pour dire ce que le corps peut encaisser

La nouveauté la plus visible s’appelle readiness. Chaque jour, la montre agrège l’activité récente, la charge d’entraînement, les constantes et le score de sommeil pour produire une note de 0 à 10, assortie de quatre verdicts possibles qui vont de « Recover » à « Go For It » dans la version anglaise. Le score évolue au fil des heures si une séance intense ou une dérive des constantes vient modifier la donne, et détaille les facteurs qui le tirent vers le haut ou vers le bas. L’algorithme a été bâti à partir des données de l’Apple Heart and Movement Study, avec des physiologistes de l’exercice et des médecins maison.

Le prolongement se joue sur l’iPhone. L’application Santé refondue ajoute un onglet Longévité qui analyse les données dans la durée et calcule un Health Age, estimation de l’âge auquel se situent certaines métriques par rapport à l’âge réel. S’y ajoutent des évaluations de mouvement filmées par la caméra du téléphone, qui apprécient la souplesse ou l’équilibre en croisant l’image et la fréquence cardiaque relevée au poignet. Apple pousse même la logique jusqu’au laboratoire, avec des analyses de plus de cinquante biomarqueurs facturées 119 dollars, commandées depuis l’application et réalisées dans environ deux mille centres Quest Diagnostics.

Le calendrier tempère l’enthousiasme. Cette application Santé n’arrivera que plus tard dans l’année, en anglais américain d’abord, et le Health Age exige de porter la montre. Le laboratoire à 119 dollars, lui, ne concerne que les États-Unis. L’acheteur français repartira donc avec le capteur, pas encore avec la lecture.

Source: DR

1 254 participants, un Polar H10 et six concurrents

Ces superlatifs de précision, la marque les accompagne cette fois d’un document public, ce qui reste rare dans la catégorie. Le protocole est détaillé. Chaque participant portait une Apple Watch à un poignet et un appareil concurrent à l’autre, avec une ceinture pectorale Polar H10 comme référence et une attribution du poignet dominant tirée au sort. Les comparateurs sont nommés : Garmin Forerunner 970, Google Pixel Watch 4, Huawei Watch 5, Samsung Galaxy Watch 8, WHOOP 5, plus une bague Oura Ring 5 portée à l’index.

Les activités ont été choisies pour leur difficulté, de la course en extérieur au renforcement musculaire, soit précisément les situations où un capteur optique décroche, entre verrouillage sur la cadence de foulée et crispation de l’avant-bras sous charge. L’étude a réuni 1 460 volontaires sur cinq sites, dont deux confiés à un prestataire extérieur, jusqu’en Malaisie. Un cinquième des participants retenus présentait un phototype V ou VI, détail qui n’a rien d’anecdotique quand la fiabilité de la mesure optique selon la couleur de peau fait l’objet d’un débat documenté.

Les résultats sont donnés comparaison par comparaison. Sur 159 croisements activité par métrique, l’Apple Watch ressort plus précise avec un intervalle de confiance à 99 % dans 139 cas. Dix-huit conclusions restent indéterminées. Dans deux, le concurrent fait mieux, la Pixel Watch 4 au repos, pour un écart inférieur à 0,5 battement par minute.

Ces chiffres n’effacent pas la question de la méthode. L’étude a été conçue, conduite et analysée par Apple, son protocole validé par des comités internes à l’entreprise, et elle n’a pas été soumise à une revue par les pairs. Sa propre conclusion est d’ailleurs plus mesurée que le discours de scène, puisqu’elle revendique la meilleure précision parmi les appareils évalués dans cette étude, quand le communiqué annonce la meilleure précision d’un objet connecté, sans réserve.

Crédit : Apple

Ce que la montre entend, et quand

Le second front s’ouvre du côté du micro. Une double pression sur la couronne digitale affiche les quinze dernières secondes d’une conversation sous forme de texte, pour rattraper une phrase manquée. Siri Recap produit après coup un titre et quelques points clés, un résumé et non une transcription. La reconnaissance des sons alerte les personnes sourdes ou malentendantes d’une sirène ou d’une alarme sans que l’iPhone soit à proximité.

Apple a construit l’ensemble autour d’un compartiment matériellement isolé dans la puce S11, le Secure Exclave, qui traite l’audio à l’écart du reste du système avant de le supprimer. Aucun enregistrement n’est conservé, ni le système ni les applications ni la marque n’accèdent au son brut, chaque fonction s’active à la main, et le rattrapage se signale par un carillon audible même en mode silencieux. Les locuteurs ne sont jamais identifiés.

Reste que ces fonctions arrivent en bêta à la fin de l’année, en anglais, et pas dans l’Union européenne au lancement. Le mouvement d’ensemble, lui, est lisible : Apple ne vend plus une montre qui compte les pas, mais un capteur permanent doublé d’un moteur d’interprétation qui traduit la physiologie en scores et en âges. Rien de tout cela ne relève du diagnostic, et la marque prend soin de le rappeler en note de bas de page. Pour l’acheteur français, l’affaire tient en deux dates. Le capteur est au poignet le 18 septembre. L’intelligence censée lui donner du sens attend toujours son visa européen.

Apple Watch Series 12 à partir de 449 euros, Apple Watch Ultra 4 à 899 euros. Précommandes ouvertes, disponibilité le 18 septembre. L’étude de précision cardiaque est consultable sur apple.com/hraccuracy.

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