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Vente d’alcool entre provinces : les frais de livraison risquent de freiner l’enthousiasme

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L’Ontario et huit autres provinces permettront bientôt aux consommateurs d’acheter directement le vin, la bière et les spiritueux produits ailleurs au pays. Saluée par le premier ministre Doug Ford comme une avancée pour le commerce interprovincial, la mesure suscite toutefois un accueil partagé dans l’industrie, où plusieurs estiment que les principaux obstacles demeurent.

Doug Ford présente cette initiative comme une façon de renforcer l’économie canadienne face aux droits de douane américains, affirmant qu’il faut adopter une approche Équipe Canada.

Doug Ford lors d’une conférence de presse en marge du Conseil de la fédération à Charlottetown le 21 juillet 2026.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, estime que le Canada doit passer à l’offensive contre les États-Unis. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Eli J. Ridder

Pour certains acteurs du secteur viticole, la mesure représente néanmoins un début plutôt qu’une véritable transformation.

C’est un excellent premier pas, affirme Dave Everitt, cofondateur et vigneron à Paradise Grapevine. Mais je ne pense pas que ça va changer énormément les choses pour nous.

Le principal problème, selon lui, est la logistique.

Expédier une seule bouteille de vin de Toronto à Vancouver peut lui coûter environ 40 $, sans compter les risques de bris ou de gel durant le transport. Selon lui, le véritable potentiel économique viendrait plutôt d’une ouverture des marchés de gros permettant aux producteurs d’entreposer et de distribuer leurs produits directement dans les autres provinces.

Une mesure pour les amateurs

Même constat chez Jordan St. John, expert dans l’industrie de la bière.

Selon lui, la nouvelle possibilité intéressera surtout les consommateurs déjà passionnés qui recherchent des produits précis introuvables dans leur province.

Je ne pense pas que cela changera grand-chose pour le consommateur moyen, résume-t-il, soulignant que les coûts de transport limitent fortement l’intérêt de faire livrer de la bière ou du vin partout au pays.

À Toronto, Nicole Raufeisen, directrice des opérations des bars à vin et boutiques Grape Witches, rappelle que les principaux obstacles demeurent.

Pour elle, l’entente facilite uniquement les ventes directement aux consommateurs. Elle ne modifie pas les règles qui compliquent l’importation et la vente en gros des vins provenant d’autres provinces.

C’est un petit pas dans la bonne direction, dit-elle. Mais ça ne change rien à la disponibilité des vins canadiens dans les boutiques et les restaurants.

Selon elle, les consommateurs devront connaître les producteurs desquels ils souhaitent acheter, accepter des frais de livraison élevés et, dans certains cas, commander plusieurs bouteilles à la fois pour rentabiliser l’expédition.

Une avancée, selon les vignerons

Du côté de Vignerons Canada, le ton est plus optimiste.

Dan Paskowski dans un vignoble.

Dan Paszkowski est le président-directeur général de Vignerons Canada, l’association nationale de l’industrie viticole canadienne. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Son président-directeur général, Dan Paszkowski, qualifie l’entente de percée historique, estimant qu’elle ouvre un nouveau marché, particulièrement pour les petits producteurs qui pourront maintenir le lien avec les touristes ayant visité leur vignoble.

Il reconnaît toutefois que les provinces devront encore régler plusieurs questions, notamment les taxes applicables, les systèmes de déclaration et les modalités de livraison, afin que le nouveau régime soit simple et abordable pour les consommateurs.

C’est un événement majeur pour l’industrie. Je travaille personnellement sur cette question depuis 20 ans. Il reste encore quelques obstacles à surmonter, mais le fait que les gouvernements se soient unis pour y parvenir est formidable.

Il nous reste encore un peu de travail à faire, mais je pense que nous pourrons mettre en place un système qui fonctionnera, conclut M. Paszkowski.

Dans un courriel à Radio-Canada, le Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) a confirmé que les producteurs des provinces participantes qui souhaitent se joindre à cette initiative peuvent entamer le processus d’autorisation avec la LCBO.

Avec les informations de Charley Dutil

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