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Les membres de la communauté innue de Pessamit se sont réunis samedi pour la Marche de solidarité-Mamuitetau afin de sensibiliser, entre autres, contre la violence faite aux femmes autochtones.
Le rassemblement a notamment été organisé pour appuyer trois femmes innues blessées le 16 août dernier à la suite d’une violation de domicile à Pessamit.

Des membres de la foule se disent encore marqués par l’événement. La communauté a aussi été secouée par une erreur sur la personne en mai et des incendies criminels en décembre dernier.
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
En ce moment, dans la communauté, les gens ont peur, fait remarquer une membre du comité organisateur de la Marche de solidarité-Mamuitetau, Audrey-Lise Rock-Hervieux, qui est aussi conseillère au conseil de bande de Pessamit.

Audrey-Lise Rock-Hervieux est également vice-présidente d’Espaces Femmes Premières Nations Québec et représentante jeunesse de la Nation innue pour Femmes autochtones du Québec.
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
C'est pour ça un peu aujourd’hui qu’on fait cette marche-là. C’est pour dire que c’est assez, ça ne peut plus durer, soutient-elle.
Un rassemblement né d’inquiétudes
Plusieurs membres de la communauté et des résidents de la Manicouagan avaient soulevé des inquiétudes à la suite du braquage au domicile survenu à Pessamit, qui avait ravivé les discussions sur la hausse de crimes violents dans la région.
On ne peut plus se permettre de vivre des atrocités comme on l’a vécu dernièrement.
Ça touche non seulement la communauté, mais toute la région aussi. Parce qu'on le sait que, dans d’autres villes avoisinantes, il s’est passé des choses également, indique Audrey-Lise Rock-Hervieux.

La conseillère note que certains participants à la marche viennent même de villes avoisinantes.
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
L’événement a été créé par un ex-policier de la communauté, Carl Bacon, qui remarquait que davantage de résidents venaient lui confier leurs inquiétudes, à la recherche de soutien.
Les autres membres du comité organisateur du rassemblement, toutes des femmes, l’ont ensuite aidé à concrétiser le projet. Rencontré sur place, Carl Bacon n’a pas voulu émettre de commentaire, et a décidé de laisser la parole aux femmes présentes lors de la marche.
Travailler sur les causes
Moi, je pense qu’on sent, effectivement, que les gens veulent faire en sorte d’avoir un environnement plus sécuritaire, conclut la présidente de Femmes autochtones du Québec, Marjolaine Étienne.

La présidente de Femmes autochtones du Québec, Marjolaine Étienne, était présente à la marche samedi à Pessamit avec d'autres membres de l'organisme.
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
La présidente de l’organisme estime qu’il s’agit d’un enjeu politique, qui se doit d’être abordé lors de cette campagne électorale provinciale.

Femmes autochtones du Québec demande des prises de position et des actions claires pour la sécurité des femmes des communautés autochtones partout au Québec.
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
C’est un travail collectif, c’est un travail de mobilisation, c’est un travail politique et avec des organisations qui représentent les femmes des Premières Nations, estime Marjolaine Étienne. Je pense que c’est le temps de travailler sur les causes.
Elle mentionne de même l’importance de reconnaître les impacts à long terme du colonialisme, des pensionnats, de la Loi sur les Indiens et du racisme systémique sur les communautés autochtones.
Une marche a également eu lieu simultanément à Uashat mak Mani-utenam pour cette cause, en appui au mouvement de Pessamit.


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