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De septembre 2025 à la fin de juin 2026, Adèle Oleschuk, une jeune Winnipégoise, a effectué une année d'échange scolaire en France. Par l'intermédiaire du programme international du Rotary Club, elle a navigué entre immersion culturelle, apprentissage intensif de la langue et découvertes historiques.
Chaque année, différents Rotary Clubs à travers le monde proposent des programmes internationaux à des jeunes de 15 à 19 ans. Cet échange scolaire dure de 10 à 12 mois et leur permet de découvrir une culture, un pays, mais surtout d’apprendre une autre langue.
Issue d’un milieu familial francophone du côté de son père, Adèle Oleschuk avait suivi de longues années d'immersion scolaire au Manitoba, mais elle ressentait une barrière entre le français scolaire et la langue vivante.
Si de nombreux étudiants choisissent leur pays d'accueil pour le climat ou le dépaysement total, Adèle Oleschuk, elle, avait un objectif très précis en faisant de la France son premier choix. Elle souhaitait améliorer son français, mais aussi en savoir plus sur la culture artistique et architecturale du pays.
C’est donc avec le Rotary Club de Winnipeg-Charleswood, qui fait partie du district 5550 et regroupe des clubs de la Saskatchewan, du Manitoba et du nord-ouest de l’Ontario, qu’elle est partie.
La composition des pays participant à l’échange de jeunes varie quelque peu en fonction du district, explique Glenn Campbell, directeur des services jeunesse du Rotary Club de Winnipeg-Charleswood. La commission de district chargée de l’échange de jeunes établit la liste des pays proposés aux étudiants partants.
Adèle Oleschuk était la première de son club à repartir en échange depuis un certain temps.
Même avant la pandémie de COVID, notre club n’avait plus organisé d’échanges de jeunes depuis plusieurs années, dit Glenn Campbell. Deux obstacles se dressaient : d’une part, la difficulté à recruter des familles d’accueil et, d’autre part, le manque de soutien de la part de la division scolaire de Winnipeg.
Après un processus de sélection rigoureux, comportant envoi des dossiers complets, entretiens et lettres de recommandation, Adèle Oleschuk a ensuite rejoint le district 1520, dans le nord de la France.
Au total, quatre familles d’accueil ont reçu la jeune Winnipégoise pour lui permettre de découvrir plusieurs modes de vie, mais aussi pour partager la charge de l’accueil.
En arrivant à Arras en septembre 2025, Adèle Oleschuk a intégré la Cité Scolaire Gambetta-Carnot en classe de terminale, l’équivalent de la douzième année. Elle y a découvert un système scolaire radicalement différent du modèle canadien.
La jeune Winnipégoise s'est notamment orientée vers les spécialités arts plastiques et humanité, littérature et philosophie.
Quatre autres jeunes de différents Rotary Clubs à travers le monde ont aussi étudié aux côtes d’Adèle. Cela lui a permis de tisser des liens très solides.
Je pense que j’ai beaucoup grandi comme personne. Maintenant, j’ai des amis dans tous les coins du monde.
La curiosité d'Adèle Oleschuk l'a poussée à explorer le nord de la France sous toutes les coutures. Passionnée d'histoire et d'architecture, elle a multiplié les visites avec ses familles d’accueil, soit le Louvre-Lens, la Piscine de Roubaix, le Musée d'Orsay, ou encore la découverte des terrils et des beffrois de la région.

La couleur de la veste dépend du pays d'origine des étudiants. Les étudiants d'échange canadiens arborent des vestes rouges.
Photo : Radio-Canada / Bérénice Claude
Sur sa veste, les épinglettes collectées racontent cette année singulière. Certains symbolisent des liens historiques forts entre le Canada et la France, comme celui de Vimy, témoin du passage de ses ancêtres ou compatriotes sur ces terres. D’autres ont été offerts par ses familles d'accueil, des amis français et étrangers.
En plus des cours et de ses familles d’accueil, Adèle a aussi amélioré son français en écoutant des œuvres de musiques françaises, ou encore en tenant un carnet dans lequel elle écrivait en français.
C'est surtout en famille et avec ses amis que le français est devenu une langue naturelle.
Je pense que d’avoir eu plusieurs amis français de mon âge, ça m'a beaucoup aidée à parler couramment français, raconte-t-elle.

Adèle Oleschuk a profité de cette année pour visiter de nombreux endroits de son pays d'échange, comme Paris, en compagnie d'autres jeunes venus d'ailleurs.
Photo : Gracieuseté / Adèle Oleschuk
Son évolution en français a été marquée par l'obtention du Diplôme d’études en langue française (DELF) niveau B2, un diplôme dont elle est particulièrement fière.
De retour à Winnipeg depuis le 30 juin, Adèle Oleschuk ne compte pas laisser son français s'étioler.
Alors qu'elle s'apprête à entamer ses études universitaires, elle nourrit le projet de participer à des activités culturelles en français et espère partager ce lien linguistique avec sa grand-mère. J’ai vraiment envie de ne pas perdre mon français, explique-t-elle.
Cette année passée au cœur de la francophonie aura été, comme elle le résume elle-même, bien plus qu'une année de scolarité. Ce n'est pas une année de ta vie, c'est une vie dans une année.


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