Aux Etats-Unis, des chercheurs ont pour la première fois établi un lien entre l’usage de la climatisation et la baisse de la mortalité pour cause de chaleur. De plus, il est pas question d’un usage excessif, bien au contraire. Néanmoins, ce lien ne doit pas empêcher la recherche d’alternatives plus durables aux actuels systèmes de climatisation.
Une baisse de 57% du risque de mortalité face aux canicules
Dans un premier temps, rappelons que les besoins en refroidissement représentent environ 10% de la demande d’électricité mondiale. Les rejets sont estimés à 1,13 milliard de tonnes de CO2 par an, dans un contexte d’augmentation de la quantité d’équipements en raison de la hausse des températures. Par ailleurs, les climatiseurs génèrent des hydrofluorocarbures (HFC), des gaz dont le pouvoir réchauffant est bien plus important que celui du CO2.
Sur les plans environnemental et climatique, la climatisation ne présent pas d’arguments favorables mais la situation est différente sur celui de la santé. Une équipe de la Yale School of Public Health (Etats-Unis) a publié une étude sur le sujet dans la revue Nature Health le 31 aout. Selon les chercheurs, utilisation de la climatisation réduit d’environ 57% le risque de mortalité relatif aux vagues de chaleur extrême. Les auteurs ont notamment basé leur conclusion sur la donnée suivante : la climatisation résidentielle permet d’éviter plus de 5 250 décès par an aux États-Unis.
« Aux États-Unis, les propriétaires sont tenus de fournir du chauffage en hiver, et notre étude contribue à un ensemble de travaux convaincants qui indiquent qu’ils devraient également être tenus de fournir de la climatisation en été. », peut-on lire dans le communiqué relatant l’étude.
Un usage modéré suffit à maintenir l’effet protecteur
L’avantage sanitaire vient avec un autre constat. En effet, les auteurs de l’étude ont affirmé que pousser les climatiseurs au maximum n’offre aucun bénéfice supplémentaire, par rapport à un usage moyen. Il s’avère que l’effet protecteur plafonne dès que l’on atteint une température de confort raisonnable. Autrement dit, il n’y a aucunement besoin de régler la machine sur des températures très basse, ce qui implique une consommation modérée.
Précisons au passage que la température de confort raisonnable permet de maintenir l’organisme au frais et donc d’empêcher l’apparition de l’hyperthermie. Les bénéfices incluent également un soulagement du système cardiovasculaire et une prévention face à de la déshydratation sévère. Ainsi, il est question d’une réduction des risques d’accidents vasculaires cérébraux et d’insuffisances cardiaques.
Crédit : PxHere
Une étude a considérer avec précaution
Malgré ces résultats en apparence plutôt positifs, les chercheurs ont tenu à souligner plusieurs points pour lesquels la vigilance est de mise. Pousser davantage de personnes à acquérir un climatiseur – peu importe le niveau de consommation – peut entrainer une surconsommation d’énergie. Surtout que le fait de posséder un climatiseur ne garantit pas nécessairement la sécurité. En effet, plus d’un quart des ménages sont en situation de précarité énergétique et renoncent à allumer leur équipement par peur de la facture d’électricité.
Enfin, une augmentation des climatiseurs à l’échelle mondiale, toujours sans prendre en compte le niveau de consommation, entraine obligatoirement davantage de rejets de chaleur à l’extérieur. Or, ces rejets contribuent à l’augmentation de l’effet d’îlot de chaleur urbain et fatalement, à l’accélération du réchauffement climatique. En somme, le besoin de climatiser est légitime mais les équipements restent encore trop énergivores et polluants. Ces travaux devraient booster encore un peu plus la recherche d’alternatives plus durables.


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