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L'organisme North Shore Mi'kmaq Tribal Council a reçu 150 000 $ de Services aux Autochtones Canada pour étudier les effets de DDT et de glyphosate chez les orignaux du Nouveau-Brunswick.
L'étude analysera de petits échantillons de foie d'orignal pour déterminer la présence de DDT ou de glyphosate. Elle tentera de déterminer si ces produits chimiques ont un effet sur ces animaux qui sont importants pour le régime alimentaire des Mi’kmaq.
Ethan Augustine, biologiste principal de l'équipe de gestion des ressources Anqotum de l'organisme, affirme que même si le pesticide DDT — dichlorodiphényltrichloroéthane — a été utilisé pour la dernière fois en 1968, ses impacts environnementaux sont durables.

Les pygargues à tête blanche sont très importants sur le plan culturel pour les Mi'kmaq. (Photo d'archives)
Photo : Fournie par le Gouvernement du Yukon / Martin Founds
À l'époque, nous ne savions pas à quel point la situation était grave, mais vous savez, nous avons commencé à constater une chute vertigineuse des populations d'oiseaux, notamment du pygargue à tête blanche, une espèce très importante sur le plan culturel pour les Mi'kmaq , explique le biologiste.
Concrètement, l'étude va tester le foie d'orignaux dans toute la région de Miramichi et celle de la Péninsule acadienne afin de déterminer si cette source alimentaire traditionnelle est contaminée par les pesticides.
Le biologiste indique que trois communautés Mi'kmaq sont situées dans la zone d'étude — Metepenagiag, Natoaganeg et Oinpegitjoig — et que certains de leurs membres recueilleront également des échantillons lors des chasses d'automne en 2026 et 2027.
De nombreux membres de la communauté chassent l’orignal pour nourrir leurs familles, les aînés et les banques alimentaires, explique Ethan Augustine. Il nous faut juste un morceau de foie d’environ 20 grammes que nous envoyons au laboratoire.
L’équipe de biologistes commencera par analyser le foie de l'orignal et, si nécessaire, un échantillon de muscle.
Cette étude fait suite aux recherches menées par Joshua Kurek de l'Université Mount Allison, qui ont révélé des niveaux élevés de traces de DDT dans les tissus de poissons et dans des sédiments de lacs du centre-nord du Nouveau-Brunswick.
Ces lacs se trouvent dans des zones où les membres de ma communauté pratiquent la chasse à l'orignal, et c'est pourquoi nous avons décidé de faire cette proposition, dit Ethan Augustine.
Le biologiste croit qu’il y aurait présence de DDT dans les échantillons de tissu prélevés, puisque les orignaux ont tendance à manger des plantes qui poussent au fond des lacs et des étangs.

Un hélicoptère pulvérise du glyphosate sur une forêt. (Photo d'archives)
Photo : James Steidle
Le North Shore Mi'kmaq Tribal Council souhaite également que l'étude se penche sur le glyphosate, un herbicide encore utilisé aujourd'hui dans l'industrie forestière et qui suscite l'inquiétude des membres de la communauté.
Il précise toutefois qu'il pourrait être plus difficile de déterminer l'effet du glyphosate sur les orignaux, car ce produit chimique est souvent utilisé pour éliminer les plantes vivaces à feuilles larges, dont les orignaux raffolent. Ces derniers ont donc tendance à quitter la région si cette source de nourriture disparaît.
Tout dépend du moment où le produit a été pulvérisé, du renouvellement des tissus de l'orignal et de la dégradation du glyphosate lui-même dans l'environnement, car sa dégradation se fait en quelques semaines, contrairement au DDT pour lequel il faut des décennies, dit Ethan Augustine.

Les orignaux raffolent de plantes vivaces que l'on élimine avec du glyphosate. (Photo d'archives)
Photo : Fournie par le Gouvernement du Yukon / Derek Crowe
Si des concentrations élevées de DDT ou de glyphosate étaient présentes dans l'animal, cela pourrait poser problème aux personnes qui dépendent de la viande d'orignal comme principale source de nourriture.
L’insécurité alimentaire touche de manière disproportionnée les communautés autochtones partout au Canada. Par conséquent, si nous constatons que nos sources alimentaires traditionnelles sont contaminées, il s’agit d’une des principales mesures sur lesquelles nous demandons au gouvernement de collaborer avec nos communautés, dit-il.
En 1999, l’arrêt Marshall de la Cour suprême a affirmé le droit des Autochtones, en vertu de traités, à la pêche, à la chasse, et à la cueillette pour assurer un moyen de subsistance convenable.
Avec des informations d’Hannah Rudderham de CBC


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