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C’est un triste record national pour l’Île-du-Prince-Édouard. Selon les dernières données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), les patients de la province sont désormais ceux qui attendent le plus longtemps au pays pour obtenir une prothèse de hanche ou de genou.
Alors que le reste du Canada amorce une lente convalescence post-pandémie, les listes d'attente sur l'île continuent de s'allonger.
Pendant la crise de la COVID-19, toutes les provinces canadiennes ont vu leurs blocs opératoires tourner au ralenti pour prioriser les soins intensifs, provoquant un effondrement du nombre d'arthroplasties.
Cependant, au cours des deux ou trois dernières années, la dynamique s'est inversée presque partout au pays grâce à une réorganisation des services. Sauf à l'Île-du-Prince-Édouard, regrette Sean Chen, responsable de l'analyse du système de santé à l'ICIS.
Seulement 30 % des patients de l'Île-du-Prince-Édouard ont pu obtenir leur prothèse de hanche dans le délai recommandé de six mois, contre une moyenne nationale de 69 %.
Orage parfait sur le système de santé
Le constat est encore plus sévère pour les prothèses de genou : à peine 12 % des Insulaires sont opérés dans la fenêtre standard de six mois, alors que la moyenne canadienne grimpe à 63 %, indique Sean Chen.
Sean Chen rappelle que pour l'Institut, le calcul du temps d'attente ne commence ni au premier symptôme ni lors de la consultation avec le médecin de famille.
Le délai officiel s'enclenche au moment précis où le chirurgien orthopédiste et son patient s'entendent sur la nécessité de l'intervention et programment l'opération. Le chronomètre s'arrête uniquement le jour de l'entrée au bloc.
Plusieurs facteurs structurels expliquent pourquoi la province se retrouve ainsi engluée dans ces retards, selon Sean Chen.
D'une part, la population de l'île traverse un boom démographique tout en vieillissant rapidement, ce qui fait exploser les besoins en chirurgie orthopédique.
De plus, les patients qui se présentent aujourd'hui affichent des profils médicaux de plus en plus complexes, exigeant des interventions plus longues ainsi que des suivis postopératoires accrus.
Pénurie de personnel
Enfin, le véritable nœud du problème reste la pénurie persistante de médecins et d'infirmières, un manque de personnel qui empêche tout simplement de faire tourner les blocs opératoires à plein régime.
Face à la crise, Santé Île-du-Prince-Édouard tente d'imposer une note d'optimisme par voie de communiqué. Entre avril 2025 et mars 2026, le nombre de chirurgies du genou a bondi de 22 % dans la province, et celui de la hanche a progressé de 8 %.
L'autorité sanitaire prévoit également de centraliser l'accès aux soins par l'entremise d'une liste d'attente unique pour optimiser la prise en charge des patients.
Pourtant, malgré cette hausse d'activité, les statistiques officielles de la province mettront du temps avant de repasser au vert, prévient Sean Chen.
C'est le grand paradoxe des listes d'attente. Pour vider l'arriéré, les hôpitaux doivent prioriser les patients qui attendent parfois depuis un ou deux ans. En opérant en priorité ces dossiers de longue date, le système enregistre des temps d'attente historiquement élevés dans ses rapports mensuels.
Le rattrapage est bel et bien amorcé, mais pour les patients de l'Île-du-Prince-Édouard, la guérison du système de santé sera un travail de longue haleine.
Avec des informations de CBC


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