Pour entrer et sortir de chez elle, Marjolaine* doit slalomer entre les corps engourdis des personnes sans domicile qui se regroupent pour consommer du crack devant la porte de son immeuble, un bâtiment ancien, en pierre de taille. Dans ce quartier cosmopolite et branché du centre de la ville, la nuit, cris et bagarres réveillent le voisinage. Au lever du soleil, ce sont des odeurs pestilentielles et un sol jonché de détritus, de vêtements et de restes alimentaires qui accueillent les habitants. A Marseille, les associations parlent d’une «crise humanitaire». Depuis quelques mois, le nombre de personnes en grande précarité consommatrices de drogue a explosé dans le centre-ville, bien loin des quartiers nord, qui alimentent d’ordinaire la chronique du narcotrafic.
Dans un communiqué publié ce 1er octobre, les associations mobilisées dans le cadre de Tempo, un projet lancé par Médecins du monde pour les fédérer, réclament la mise en place d’un plan et détaillent 41 actions urgentes. «Il faut des dispositifs de mise à l’abri, d’accès aux soins renforcés et des moyens financiers», résume Marianne Poisson, coordinatrice du projet. Les professionnels chiffrent les investissements nécessaires à 20,5 millions d’euros, alors que la dette publique française atteint des records.


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