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Une citoyenne de Saguenay souhaite que les cliniques vétérinaires offrent des services de base jour et nuit pour répondre aux urgences des animaux sur le territoire. Elle a créé une pétition en ligne pour sensibiliser les vétérinaires à l’absence de services pour les animaux en dehors des heures régulières.
Pour remédier à cette carence, je propose la mise en place d’un système rotatif entre les différentes cliniques vétérinaires de notre région, afin qu’un service d’urgence soit toujours disponible, écrit Valérie Simard dans la présentation de sa pétition sur la plateforme Change.org.
En quelques jours, plus de 3200 personnes ont signé la pétition. Valérie Simard ajoute qu’une offre de services de garde, sept jours sur sept et 24 heures sur 24, pourrait se faire en collaboration avec les professionnels du domaine.
Cela pourrait se faire en collaboration avec les autorités locales et les professionnels vétérinaires pour définir une planification qui permettra à chacun de respecter ses obligations professionnelles tout en répondant aux besoins de notre communauté, explique la résidente de Saguenay.
La citoyenne dit qu’elle a eu l’idée de lancer cette pétition après avoir vécu une situation inquiétante avec son chien.
Ce soir-là, il était à peu près 18 h 30, puis j'avais laissé ma médication traîner. J''étais supposée prendre deux minutes et, en revenant, ma médication n'était plus là. C'était un peu la panique parce que je sais que cette médication peut être forte, donc je n'imagine pas pour un chien de 5 livres, a raconté Valérie Simard au micro de Place publique.
Pendant une demi-heure, j'ai essayé d'appeler. À 19 h, les lignes ferment, quand, sur Google, c'était marqué qu'ils fermaient à 19 h 30. Et le message dit d'appeler à tel numéro, à la clinique vétérinaire de Québec. Ils nous réfèrent en dehors de la région, à deux heures de route d'ici [...]

Un chien de chasse tacheté de blanc et de marron et la queue coupée sur un bateau.
Photo : Getty Images / Cheri Alguire
Au bout du fil, le personnel de la clinique de la capitale nationale lui suggère de se déplacer. Devant l'incertitude et le stress qu'un voyage de quatre heures aller-retour imposerait à son chien de petite taille, Mme Simard a préféré évaluer d'autres options.
La Saguenéenne a alors pensé à contacter le centre antipoison pour animaux, situé en Ontario. Bien qu'elle était tout à fait disposée à payer pour ce service, la barrière de la langue l'a rapidement freinée.
Une ultime tentative auprès d'une autre clinique vétérinaire de la région s'est également soldée par un échec, l'établissement n'ayant aucun vétérinaire sur place et la référant à son tour vers Québec.
Laissée à elle-même, la propriétaire a finalement choisi de garder son chien en observation à la maison.
Je travaille dans le domaine de la santé. On dit tout le temps à nos patients : Docteur Google, ce n'est pas une solution, mais là, moi, je l'avais pris comme solution, avoue-t-elle. S'improvisant vétérinaire à l'aide de ses recherches sur le web pour connaître les symptômes à surveiller, elle a veillé sur son chien. Heureusement pour elle, l'histoire s'est bien terminée et le petit animal s'en est sorti indemne.
Des demandes réalistes
Si son chien va bien aujourd'hui, cette mésaventure lui a confirmé qu'il y a un cruel manque de ressources d'urgence au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Valérie Simard se dit très consciente des enjeux actuels, notamment de la pénurie de vétérinaires et de la surcharge de travail exacerbée par l'augmentation des adoptions depuis la pandémie. C'est pourquoi ses attentes demeurent réalistes.
Je comprends qu'on n'opère pas pendant la nuit et que cette opération peut être à Québec. Mais, on peut-tu faire un plâtre ? On peut-tu lui donner des antidouleurs au moins jusqu'à demain et que, demain, je me rende à Québec pour faire le reste?, a-t-elle illustré, plaidant pour un filet de sécurité permettant d'offrir un service de base et de stabiliser les animaux blessés ou intoxiqués.
La citoyenne compte maintenant acheminer sa pétition à l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec. Elle prévoit également la transmettre aux cliniques vétérinaires de Saguenay dans l'espoir d'ouvrir un dialogue et de trouver un compromis, comme un système de garde en rotation, pour rassurer les nombreux propriétaires d'animaux de la région.


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