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Une candidate à Windsor reçoit des menaces de mort après de présumés propos antisémites

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Rasha Zaid, candidate au conseil municipal de Windsor dans le quartier 4, affirme avoir reçu des menaces après la résurgence de vidéos où elle tient des propos critiques envers le sionisme. La candidate dit vouloir distinguer clairement antisionisme et antisémitisme. La Fédération juive de Windsor estime que certains de ses propos peuvent avoir des répercussions sur la communauté juive.

Habitante de Windsor depuis 26 ans, fondatrice du groupe militant Windsor4Palestine et ayant elle-même des membres de sa famille à Gaza, Rasha Zaid se décrit comme ouvertement antisioniste.

La candidate pour les élections municipales maintient cette position, alors que des extraits de plusieurs manifestations pro-palestiniennes auxquelles elle a participé dans les dernières années circulent à nouveau sur les réseaux sociaux. Dans ces extraits, elle affirme notamment que les personnes qui se déclarent sionistes devraient être emprisonnées et décrit les sionistes comme des tueurs en série et des terroristes.

Mme Zaid soutient que ses propos visaient les personnes impliquées dans des crimes de guerre ou qui soutiennent de tels actes, et non les personnes juives en tant que groupe.

Être antisioniste ne fait pas de vous une personne antisémite. Critiquer une idéologie politique ne fait pas de vous une personne antisémite.

Des manifestants pour la Palestine à l'Université de Windsor en 2024.

Depuis 2024, Windsor a été le théâtre de tensions importantes liées au conflit israélo-palestinien, avec notamment la présence d'un campement propalestinien sur le campus de l'Université de Windsor en 2024. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Kathleen Saylors

Une distinction qui fait débat

La Fédération juive de Windsor reconnaît qu’il existe une différence entre critiquer le gouvernement israélien ou certaines de ses politiques et tenir des propos antisémites. Cependant, l’organisation estime que les déclarations de Rasha Zaid dépassent la seule critique politique.

Le premier ministre prend la parole dans une synagogue de Toronto, le 1er juin 2026.

Le Canada a adopté la définition de l'antisémitisme de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (AIMH) en juin 2019, dans le cadre de sa première Stratégie canadienne de lutte contre le racisme (2019-2022). (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Pour Miriam Cedroni, directrice générale intérimaire de la Fédération, le sionisme est profondément lié à l’histoire et à l’identité d’une grande partie de la population juive. Elle estime donc que des déclarations générales visant les sionistes peuvent aussi avoir des répercussions sur des personnes juives.

Il existe une distinction importante entre critiquer une idéologie politique ou une politique gouvernementale et apposer des étiquettes comme "terroriste" ou "tueur en série" à un groupe entier de personnes.

La Fédération soutient que ce type de discours peut affecter le sentiment de sécurité et d’appartenance des résidents juifs de Windsor.

Pour Pierre Anctil, spécialiste de l’histoire des communautés juives au Canada, l’antisionisme et l’antisémitisme ne sont pas pour autant synonymes. Tous les Juifs ne sont pas sionistes, rappelle-t-il. Certaines personnes juives s’opposent au sionisme.

Le sionisme n’est d’ailleurs pas une composante de la définition de l’antisémitisme de l’AIMH adoptée par le Canada, souligne M. Anctil.

Selon la définition de l’antisémitisme de l’AIMH adoptée par le Canada, celui-ci désigne une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Le sionisme désigne quant à lui l’opposition au sionisme, soit le mouvement national visant l'existence et le maintien d'un État en Israël.

Être contre l’État d’Israël, ne pas aimer l’État d’Israël, ne pas aimer le gouvernement, c’est tout à fait raisonnable , explique-t-il. Le problème survient, selon lui, lorsque les actions d’un État ou de son gouvernement sont attribuées à l’ensemble des personnes juives.

Si on considère que tous les Juifs sont responsables de ce qui se produit en Israël, c’est là que ça devient de l’antisémitisme.

Un rassemblement de personnes de croyance juive.

Selon Statistique Canada, le nombre de crimes haineux antisémites au Canada est passé de 331 à 920 entre 2020 à 2024. Selon le Centre for Israel and Jewish Affairs (CIJA), un Canadien juif est 22 fois plus susceptible d'être victime d'un crime haineux qu'un autre Canadien. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Carsten Koall

Rasha Zaid, de son côté, affirme n’avoir aucune hostilité envers le judaïsme ou les personnes juives. Je n’ai aucune haine envers la foi des gens, assure-t-elle. Ma haine est dirigée contre la haine.

Rasha Zaid maintient ses propos

Interrogée sur les extraits qui circulent, Rasha Zaid explique qu’elle ne s’oppose pas au fait que des personnes juives souhaitent exercer leur droit à l’autodétermination. Ce qu’elle condamne, dit-elle, sont les actions commises pour parvenir à cet objectif.

Elle évoque notamment les morts de civils et les bombardements d’hôpitaux et d’écoles par le gouvernement israélien.

Vouloir une terre pour soi est une chose. Tuer des gens et commettre des atrocités en est une autre.

Mme Zaid défend également son utilisation du terme tueurs en série. Elle soutient que le terme ne constitue pas, selon elle, une opinion personnelle, mais renvoie plutôt aux meurtres répétés de civils par Israël.

Des menaces signalées à la police

Depuis la diffusion des vidéos, la candidate du quartier 4 affirme avoir reçu des menaces de mort à plusieurs reprises, par le biais de courriels, d’appels téléphoniques, de messages et d’images menaçantes.

Elle raconte également que ses comptes personnels sur les médias sociaux, ainsi que ceux liés à sa campagne, ont été piratés.

Insigne de policier.

Rasha Zaid, qui a reçu plusieurs menaces de mort depuis ses prises de position sur le sionisme, indique avoir signalé la situation à la police de Windsor. (Photo d’archives)

Photo : CBC

La Fédération juive de Windsor condamne de son côté sans équivoque les menaces, le harcèlement et l’intimidation visant la candidate. Personne ne devrait être menacé ou craindre pour sa sécurité en raison de ses opinions, de son identité ou de sa participation à la vie publique, déclare Mme Cedroni.

Pour la Fédération, condamner les propos de Rasha Zaid et condamner les menaces qui la visent ne sont pas des positions contradictoires. Les deux sont nécessaires si nous voulons un environnement civique sûr et respectueux, affirme-t-elle.

Rasha Zaid souhaite maintenant se concentrer sur la campagne pour les élections municipales, et que les électeurs examinent sa plateforme et les changements qu’elle propose pour le quartier 4 de Windsor. Les autres candidats du quartier sont Catherine Gariepy-Schulze, Mike Burton, Christ Holt et Xsander Moisenko.

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