À Aberhosan, petit village du Powys, au pays de Galles, tout le monde perdait le haut débit chaque matin vers 7 h. Les coupures ont duré 18 mois. Le coupable n’était ni un câble défaillant ni un orage, mais une vieille télévision d’occasion, allumée chaque jour à la même heure par un habitant.
Dix-huit mois de pannes, un village entier, et un poste de seconde main.
À retenir
- Un village gallois a subi des coupures internet quotidiennes et régulières pendant 18 mois à 7 h du matin.
- Une vieille télévision d’occasion allumée chaque jour à la même heure émettait un parasite électrique brouillant le réseau entier.
- Les pannes électriques domestiques banales peuvent affecter l’intégralité d’un réseau internet quand l’appareil n’est pas correctement protégé.
Sommaire
Des câbles remplacés pour rien
La panne avait une signature étrange. Chaque matin vers 7 h, le haut débit disparaissait pour l’ensemble du village, pas seulement pour quelques maisons. La logique voulait qu’on soupçonne le réseau, et les câbles ont donc été remplacés. Sans le moindre effet : la coupure revenait le lendemain à la même heure.
Cette régularité aurait pu servir d’indice. Une usure de câble, une averse ou un pic de trafic suivent rarement un horaire aussi strict, alors qu’un geste quotidien répété, lui, tombe toujours à la même minute.
Les ingénieurs d’Openreach, la société qui entretient le réseau britannique, ont fini par changer de méthode. Ils ont fait le tour du village avec un analyseur de spectre, un appareil qui détecte les parasites électriques sur les lignes. À 7 h, « comme une horloge », le phénomène s’est reproduit sous leurs yeux, et la piste menait à une maison.
Le SHINE, un parasite qui brouille la ligne
Dans cette maison, un habitant allumait chaque matin sa vieille télévision d’occasion. Le poste émettait un parasite électrique que les techniciens désignent par le sigle SHINE, pour « single high-level impulse noise », soit une impulsion de bruit électrique unique et de forte intensité. Ce parasite brouillait la ligne du village entier. Reste à savoir pourquoi un seul téléviseur pouvait tout perturber : un appareil ancien est probablement moins bien protégé qu’un modèle récent, mais le brief de l’enquête ne le détaille pas.
Le propriétaire s’est dit « mortifié ».
Il a promis de ne plus utiliser le poste. Depuis, la panne n’est pas revenue. L’affaire a été annoncée par la BBC le 22 septembre 2020, et le cas d’Aberhosan est devenu l’exemple type de la panne dont on cherche la cause à des kilomètres de là, alors qu’elle se trouvait à quelques mètres d’une prise.
Votre box n’est pas toujours la coupable
Cette histoire en rappelle d’autres. Des signaux mystérieux captés par un radiotélescope ont ainsi fini par être attribués au four à micro-ondes d’une cuisine. Dans les 2 cas, la cause était banale et familière, donc écartée trop vite.
Chez vous, un décrochage de la connexion à heure régulière mérite le même réflexe qu’à Aberhosan. Notez l’heure exacte des coupures pendant quelques jours, puis cherchez ce qui s’allume à ce moment-là : télévision, appareil ancien, matériel d’occasion branché dans la maison ou chez un voisin. Vous n’aurez pas d’analyseur de spectre, mais vous pouvez procéder par élimination, en débranchant les appareils suspects 1 par 1 et en observant si la ligne tient.
La box reste évidemment un suspect légitime, et un opérateur peut vérifier la ligne avant tout autre test. Mais un matériel défectueux n’est pas toujours celui qu’on loue : il peut aussi être celui qu’on a acheté d’occasion, et qui tourne depuis des années sans que personne s’en inquiète.
Un détail manque encore à l’histoire : la date précise de la découverte n’est pas connue, seule l’annonce du 22 septembre 2020 est datée.
Sources : thenextweb.com | news.yahoo.com


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