Elle domine le vallon de Terlincthun, au nord de Boulogne-sur-Mer, sur la commune de Wimille. La colonne de la Grande Armée mesure 54 m. Ses soldats-mécènes l’ont financée pour célébrer une invasion de l’Angleterre qui n’a jamais été lancée.
La traversée n’a jamais eu lieu.
Entre 1803 et 1805, Napoléon fait du camp de Boulogne le point de rassemblement de l’armée destinée à franchir la Manche. Le 18 brumaire an XIII, soit le 9 novembre 1804, on pose la première pierre d’un monument commémoratif de ce rassemblement. L’idée vient du maréchal Soult, qui pose lui-même cette pierre, cinq ans jour pour jour après le coup d’État de Brumaire. Le terrain est acquis par la ville de Boulogne, qui s’associe ainsi au geste de l’armée.
À retenir
- La colonne de la Grande Armée mesure 54 m et a été financée par les soldats eux-mêmes via une retenue de demi-journée de solde par mois.
- Commencée en 1804 pour célébrer une invasion de l’Angleterre, la construction s’est arrêtée lors du départ des troupes en 1805.
- Le monument n’a été achevé qu’en 1841, soit 37 ans après sa première pierre, sous le règne de Louis-Philippe.
Sommaire
Une demi-journée de solde par mois
Ce sont les hommes du camp qui paient. Une retenue est prélevée sur leur solde : une demi-journée par mois pour les hommes de troupe, une journée entière pour les officiers. Sur une année, un simple soldat laisse donc l’équivalent de 6 jours de paie dans la pierre d’un monument qu’il ne verra pas debout.
En 1805, l’armée lève le camp. Elle ne embarque pas vers l’Angleterre : elle part pour l’Autriche, et c’est la campagne qui mène à Austerlitz.
Les cotisations, elles, sont déjà versées. Le chantier, lui, reste sur la colline.
37 ans de chantier
Le rythme des travaux s’effondre avec le départ des troupes. À la chute de l’Empire, le monument dépasse à peine 20 m, soit à peine plus du tiers de sa hauteur finale. Il faut attendre le règne de Louis-Philippe pour voir l’ouvrage terminé, en 1841, soit 37 ans après la première pierre. Le sommet reçoit sa statue le 15 août de cette année-là.
L’objet a changé de sens en route. Commandé pour fêter une conquête, il est achevé comme un monument à la mémoire de l’armée rassemblée à Boulogne, et notamment de la première distribution des croix de la Légion d’honneur. Le plan est signé de l’architecte Étienne-Éloi Labarre, qui est mort en 1833, huit ans avant d’avoir pu voir la colonne terminée.
Une statue dos à la mer
Au sommet, Napoléon tourne le dos à la mer. Le détail alimente les conversations depuis des générations. Selon certains, l’empereur ignore ainsi son ennemi britannique, tandis que pour d’autres, la statue est simplement orientée vers l’entrée du site. Aucune source solide ne tranche entre les deux lectures.
La statue a payé son tribut à la guerre. Endommagée par les obus lors de la libération de Boulogne en 1944, l’œuvre de Bosio est remplacée en 1962 par une statue de Pierre Stenne, celle qu’on voit aujourd’hui.
Le monument est classé monument historique depuis le 31 mars 1905. Il appartient à l’État et il est géré par le Centre des monuments nationaux.
On peut monter jusqu’en haut pour embrasser le panorama sur Boulogne, et un petit musée occupe le pavillon de droite. La fréquentation reste modeste : 22 000 visiteurs en 2014, environ 13 000 en 2022.
Sources : monumentum.fr | mycityhunt.com


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