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Une enquête sur le décès d’un homme dans une salle d’urgence à Edmonton a eu lieu devant un tribunal cette semaine. L’enquête vise à déterminer les circonstances entourant le décès, et pourrait offrir des recommandations afin d'éviter un décès similaire à l’avenir.
Prashant Sreekumar, un père de trois enfants âgé de 44 ans, est décédé à l'hôpital Grey Nuns, dans le sud d’Edmonton, le 22 décembre 2025. Selon sa famille, il a attendu presque huit heures aux urgences avant de voir un médecin.
Depuis le début de la semaine, le juge Randal Brandt a écouté des témoignages d'infirmiers, de chirurgiens et de représentants d'associations médicales.
Sean Kydd, un infirmier au triage, a déclaré lundi que, la journée du décès en question, la salle d’urgence à l'hôpital Grey Nuns était bondée et qu’il n’y avait pas assez de lits.
Il était le premier à évaluer l'état de santé de Prashant Sreekumar, qui semblait mal à l’aise, inquiet et anxieux. Selon lui, il n'affichait cependant aucun des signes classiques d'une crise cardiaque.
La conjointe de l’homme, Niharika Sreekumar, se souvient que son mari était étourdi avant de s’écrouler dans ses bras. Et voilà, c'était tout, a-t-elle déclaré à la sortie du tribunal, indiquant qu’il est décédé peu après dans ses bras.
Une pathologiste judiciaire a déterminé la cause du décès : une dissection aortique ascendante aiguë, une déchirure de la paroi interne de l'aorte, qui achemine le sang depuis le cœur.
Une scène de chaos, selon une infirmière autorisée
Celina Lee, une infirmière autorisée qui était à l’hôpital ce soir-là, se souvient d’une scène de chaos, au point qu’un de ses collègues avait décrit la situation comme la pire en 18 ans de carrière.
Elle a dû appeler les services de sécurité après qu’un patient s’en est pris verbalement à une de ses collègues.
L’infirmière se rappelle avoir brièvement pris en charge M. Sreekumar, qui avait une hypertension artérielle. Mais elle a été interrompue avant de pouvoir continuer son évaluation.
Celina Lee a suggéré au juge Brandt que, dans l’avenir, avoir moins d’interruptions pourrait permettre d’éviter des situations similaires.
Le docteur Miles Shang, un médecin urgentiste, avait tenté de réanimer l’homme avec l’aide d’autres infirmiers.
Il a affirmé que l'état de santé de l’homme était difficile à prévoir, car souvent les symptômes peuvent varier. Il dit n’avoir pas été informé du temps d’attente, de son score de triage, de ses signes vitaux ou des résultats d’examens avant son intervention.
Par contre, il qualifie une attente de huit heures pour un patient souffrant de douleurs à la poitrine d'inacceptable. Il croit que son plus grand obstacle pour traiter M. Sreekumar est le manque d’espace de soins.
Un problème systémique?
Selon un médecin à l’hôpital Grey Nuns et un membre élu de l'Association médicale de l'Alberta, l'hôpital fonctionne au-delà de la capacité depuis 2024.
Le docteur Greg Hrynchyshyn précise que le problème ne sera pas corrigé simplement en embauchant plus de personnel. Il croit que le plus grand problème est un manque d’espace de soins dans les hôpitaux.
Il existe une limite physique réelle aux soins qui peuvent être fournis.
Il ajoute qu'il est très rare qu'une unité médicale fonctionne à moins de 100 %.
L’enquête a été ajournée vendredi; les procédures reprendront en décembre.
Avec les informations de Jesmeen Gill


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