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Cinq ans après avoir perdu subitement son conjoint, une Septilienne trouve encore du réconfort dans les cinq vies qu’il a permis de sauver ou d’améliorer. Derrière ce geste de générosité se cache une conviction que le couple partageait depuis longtemps.
En août 2021, Mylène Barbeau et son conjoint, Dave Cléments, reviennent de vacances. Rien ne laisse présager le drame. Un matin, l’homme se réveille avec un violent mal de tête. Le couple se rend à l’urgence, où une hémorragie cérébrale est diagnostiquée. Son état se détériore rapidement jusqu’au décès neurologique.
Pour sa conjointe, avec qui il partageait sa vie depuis 15 ans, le choc est immense. Pourtant, lorsqu’un médecin aborde la possibilité du don d’organes, la décision ne fait aucun doute. « Pour nous, c’était clair dans la famille que c’était ça, la décision », se souvient-elle.
Dave Cléments avait fait connaître ses volontés. Son geste permettra de sauver ou d’améliorer la vie de cinq personnes.
Une cause qui lui tenait à cœur
Le don d’organes occupait déjà une place importante dans la vie du couple. Dave présidait l’organisme septilien Greffe-toi à nous, qui soutient les personnes greffées ou en attente d’une transplantation dans la région de Duplessis.
Son engagement était notamment lié au parcours de sa sœur Marie, qui avait reçu une greffe du cœur, puis du rein. Décédée en 2020, elle avait pu profiter de plusieurs années supplémentaires grâce à ces transplantations.
Au moment du décès de Dave, sa conjointe et son frère Denis savaient donc quelle décision il aurait souhaité qu’ils prennent.
Aujourd’hui, Denis Cléments préside Greffe-toi à nous, tandis que Mylène demeure impliquée. Depuis sa création, l’organisme a soutenu 46 personnes de Duplessis, notamment pour leurs déplacements médicaux.
Denis Cléments et Mylène Barbeau poursuivent l’engagement de Dave au sein de l’organisme septilien Greffe-toi à nous, qui soutient les personnes greffées ou en attente d’une transplantation sur la Côte-Nord. Photo courtoisie
En parler avant qu’il ne soit trop tard
Cinq ans plus tard, Mylène Barbeau souhaite surtout rappeler l’importance de faire connaître ses volontés. « C’est important d’en parler autour de nous parce que ça arrive vite quand ça arrive », insiste-t-elle.
Un message partagé par Martine Bouchard, présidente-directrice générale de Transplant Québec, qui rappelle que la signature au verso de la carte d’assurance maladie ne suffit pas toujours. « C’est plus qu’une signature, c’est comme un engagement », souligne-t-elle.
Selon la dirigeante, environ 24 % des familles s’opposent au don dans les situations concernées, malgré les volontés exprimées par leur proche. Une discussion préalable peut donc faire toute la différence.
En région éloignée, le processus comporte aussi des défis. Le maintien d’un donneur potentiel nécessite parfois son transfert vers un centre spécialisé, à Québec ou à Montréal. Une réalité vécue par Mylène, dont le conjoint avait été transporté par avion-ambulance.
Un héritage qui se poursuit
Alors que la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe était soulignée le 17 octobre, le témoignage de Mylène Barbeau rappelle qu’une simple discussion avec ses proches peut changer plusieurs vies.
Pour la Septilienne, cette cause dépasse le souvenir de son conjoint. Sa propre mère, décédée dans les années 1990, avait elle aussi fait don de ses organes. « Nous, on en parle très ouvertement, c’est un sujet de discussion », confie-t-elle.
Cinq ans après la disparition de Dave, son geste continue de porter ses fruits. Un héritage qui rappelle que le don d’organes commence parfois bien avant le drame, par une simple conversation.
Satistiques sur la Côte-Nord
Selon le bilan annuel de Transplant Québec, deux donneurs de la Côte-Nord ont permis la transplantation de quatre organes en 2025.
Durant la même année, six résidents de la région ont reçu une greffe, tandis que six autres étaient toujours en attente au 31 décembre.
À l’échelle provinciale, 196 donneurs ont permis la transplantation de 617 organes. Malgré ces gestes, 898 Québécois demeuraient sur une liste d’attente à la fin de l’année.
Anne-Sophie Paquet-T.
Active dans les médias depuis 12 ans, Anne-Sophie Paquet-T a œuvré à la radio et à la télévision comme animatrice, chroniqueuse et reporter terrain. Journaliste... Lire la suite


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