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Un ancien enseignant de l’école catholique St. Maurice, à Winnipeg, a été condamné à neuf mois de prison pour avoir envoyé, pendant plusieurs mois, des messages inappropriés à une élève mineure. Ketan Badiani, 59 ans, avait plaidé coupable de leurre d’une personne de moins de 18 ans. Le juge a rappelé le déséquilibre fondamental de leur relation, soit qu'il était un adulte en position de pouvoir, alors que l'élève est une enfant.
Ketan Badiani a été placé en détention lundi, après que sa peine ait été prononcée par le juge Timothy J. P. Killeen, de la Cour provinciale du Manitoba.
Les messages en question ont été échangés entre octobre 2024 et mars 2025 sur Microsoft Teams, la plateforme utilisée par le personnel enseignant et les élèves de l’école St. Maurice, dans le quartier de Fort Garry.
Au départ les échanges étaient liés aux études, mais les messages sont progressivement devenus plus personnels au fil du temps. L’enseignant complimentait l’apparence physique et l'accoutrement de l’adolescente, avant de lui exprimer son amour, notamment au moyen de formulations romantiques et d’émoticônes.
Un enseignant qui complimente une élève sur son travail, ses capacités ou son dévouement, cela fait partie de l’enseignement. Un enseignant qui la complimente sur son apparence ou ses vêtements, c’est totalement différent, a souligné le juge Timothy Killeen.
Il a insisté sur la responsabilité particulière de l’enseignant, même si l’élève avait d’abord répondu à ses messages de façon similaire.
Il était l’enseignant. Elle était une enfant, a affirmé le juge Timothy Killeen. Elle s’est peut-être sentie obligée de répondre de manière similaire.
Son brevet d’enseignement est suspendu
La cour a également entendu que les échanges ne se limitaient pas aux messages. À une occasion, alors qu’ils étaient seuls dans une salle de classe, l’élève a eu le sentiment que son enseignant souhaitait la revoir à l’extérieur de l’école, lorsqu’elle serait âgée de 18 ans.
L’enseignant a également proposé de lui acheter des boucles d’oreilles coûteuses pour Noël. Après qu’elle eut refusé, ce dernier lui a offert une carte-cadeau de 50 $. L'élève a accepté ce cadeau, car elle craignait de le rejeter une seconde fois, selon le juge.
Au fil des semaines, l’adolescente a commencé à prendre ses distances. Lorsqu’il a évoqué l’idée de jouer ensemble au badminton un samedi, elle lui a répondu qu'il ne s'agissait pas d'une bonne idée, avant de rompre tout contact avec lui.
Un parent qui envoie son enfant à l’école doit avoir la certitude que l’enfant ne recevra pas ce genre de déclarations de la part d’un enseignant, a affirmé le juge.
La Couronne réclamait une peine de deux ans et demi d’emprisonnement. La défense proposait plutôt une peine à purger dans la collectivité ou une détention de neuf à douze mois.
L'ancien enseignant a perdu son emploi à la suite des événements. Son brevet d’enseignement a été suspendu en avril 2025. Selon le Bureau de la Commissaire à la conduite professionnelle des enseignants du Manitoba, il n’est plus autorisé à enseigner. Son dossier professionnel sera finalisé conformément à la loi maintenant que la peine a été prononcée.
La peine de neuf mois de prison sera suivie de trois ans de probation surveillée. Ketan Badiani n'a aussi pas le droit de communiquer avec l’élève.
Avec les informations de Caitlyn Gowriluk


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