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Se décrivant elle-même comme une sportive et une adepte de plein air, la nouvelle ministre responsable du Sport, Kariane Bourassa, a eu un choc à son entrée en poste, au printemps dernier, en constatant les statistiques concernant le sport féminin.
Il y a seulement 15 % des filles de 12 à 17 ans qui bougent suffisamment, selon les normes de l’OMS. Ça parle. Surtout que présentement, il y a un momentum, a expliqué Mme Bourassa, lundi, dans le jardin de la guinguette sportive Le Nadia, après avoir annoncé la bonification de l’aide financière de deux organismes œuvrant dans le sport féminin.
On a des équipes féminines très performantes. On a les filles de la Victoire qui ont remporté la Coupe Walter et on a vu un engouement chez Hockey Québec, où il y a de plus en plus d’inscriptions, a relaté la ministre. On s’est dit : “pourquoi ne pas profiter de cet engouement-là pour faire de la sensibilisation et outiller les organismes comme Fillactive et Égale Action pour tenter de rejoindre davantage les filles et les femmes?”
Les deux organismes bénéficieront de 500 000 dollars supplémentaires à leur financement régulier pour les trois prochaines années afin de rejoindre des clientèles qui font face à plus d'obstacles vers la pratique du sport.
Fillactive, qui travaillait principalement avec les jeunes filles du secondaire, consacrera aussi ses efforts maintenant à celles qui s’apprêtent à quitter l’école primaire. L’objectif est de faciliter leur transition, en les initiant davantage aux sports et en rendant l’expérience amusante, afin qu’elles continuent de bouger.
On en perd [des filles] au passage du primaire au secondaire. Soit pour une question d’estime de soi, parce que c’est un sport qui n’est pas offert au secondaire, parfois c’est qu’il n’y a pas de modèles… Les filles arrêtent et lorsqu’elles le font, c’est difficile de les raccrocher aux sports.
Père de jumelles de 12 ans, Jean-Philippe Bradette a choisi de s’impliquer dans Fillactive après l’expérience malheureuse d’une de ses filles qui souhaitait jouer au football drapeau (flag football). N’ayant pas été retenue dans l’équipe et devant l'impossibilité de jouer au niveau récréatif, elle a finalement renoncé au sport.
Comme parent, on se demande qu’est-ce qui se passe. Il y a des terrains à Montréal, des espaces verts, tout le monde devrait pouvoir jouer, se demande M. Bradette.
Pour une petite fille de 12 ans, ça remet en question ta valeur, poursuit-il. Est-ce qu’on peut faire côtoyer le compétitif et le non structuré [...] afin de ramener ces jeunes filles-là dans la boucle pour qu’elles puissent avoir du fun et faire du sport au quotidien?
C’est là que Fillactive et Égale Action deviennent tellement importantes.
Les femmes adultes aussi
Une fois que les jeunes filles ont été attirées dans le sport, le travail n’est pas terminé, comme le souligne la ministre Bourassa. Les femmes doivent aussi être actives après, insiste-t-elle.
Égale Action a ainsi obtenu une aide financière supplémentaire par le gouvernement du Québec pour réaliser le Passeport au féminin, un projet visant à retenir les femmes dans le sport.

La ministre responsable du Sport, du Loisir et du Plein air, Kariane Bourassa (à gauche), et la directrice générale d'Égale Action, Kim Lalanne (à droite).
Photo : Égale Action
On veut mieux comprendre les obstacles qui font en sorte que les femmes poursuivent ou non leurs activités physiques et sportives, et voir de quelle façon on peut les aider à être actives dans la durée, explique Kim Lalanne, directrice générale d'Égale Action.
On veut aussi offrir des occasions d’expérimenter, de développer ou de consolider les activités motrices qu’elles ont pu apprendre quand elles étaient jeunes et pour lesquelles elles ont peut-être perdu confiance.
Les sports visés ne sont pas le yoga, l’aquaforme ou la randonnée, mais plutôt des activités qui incluent davantage une prise de risques. Avec son Passeport au féminin, Égale Action veut donc créer des ateliers qui permettront aux femmes de pratiquer une panoplie de sports.
Pour que, si les femmes veulent jouer à la balle, aller dans une ligue récréative de hockey, s’inscrire au volleyball, joindre une équipe de soccer dans le volet récréatif, qu’elles se sentent habileté à le faire et qu’elles soient confiantes.
Un temps extraordinaire
Travaillant depuis 25 ans à promouvoir l’équité et l’égalité dans le sport, l’équipe d’Égale Action est aux premières loges pour témoigner des avancées du sport féminin. Et des avancées, il y en a eu ces dernières années, estime Kim Lalanne.
C’est un temps extraordinaire présentement; on sent que c’est très effervescent. On sent que l’enjeu d’équité est vraiment plus présent qu’avant, dit-elle.
On voit le chemin parcouru et que les choses avancent. Mais au niveau des statistiques, que ce soit de la participation, du nombre d'entraîneurs féminins, de la visibilité médiatique, des conditions dans le sport professionnel, des occasions offertes aux filles, on est encore vraiment en retrait, enchaîne Mme Lalanne.
Malgré ce constat, la directrice générale d’Égale Action est convaincue d’une chose : les femmes et les filles sont prêtes à s’investir davantage dans le sport.
C’est d’être à l’écoute de ce qu’elles veulent, d’offrir les occasions, de mieux diffuser l’offre aussi ou sinon de la créer lorsqu’elle n’est pas disponible.


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