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Le contrat assurant l’approvisionnement en électricité de l’Aluminerie Alouette jusqu’en 2045, annoncé en grande pompe l’été dernier, vient d’être officialisé par un décret publié dans la Gazette officielle du Québec.
C’est l’aboutissement d’une négociation qui a duré plusieurs mois entre Hydro-Québec et l’aluminerie. Pour marquer l’importance de ce contrat, le premier ministre François Legault s’était déplacé à l’usine de Sept-Îles en juillet 2025 pour annoncer une entente de principe.
Claude Gosselin, le PDG d’Alouette, affirmait à l’époque que ce contrat était essentiel à la compétitivité de son entreprise sur la scène internationale, dans un contexte économique incertain.
Pour ce faire, l’accord prévoit plusieurs mesures, dont cette nouveauté : l’ajustement du tarif payé à Hydro-Québec en fonction des droits de douane et des tarifs américains sur l’aluminium, qui fluctuent depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.
La facture d’électricité d’Alouette continuera par ailleurs de varier en fonction de la valeur de l’aluminium sur le marché international.
Alouette paye déjà son électricité en fonction du prix de l’aluminium sur le marché, selon un contrat spécial. La plupart des autres grandes entreprises, elles, paient leur électricité au tarif L, qui est le tarif industriel pour la clientèle de grande puissance de la société d’État.

Le présent contrat en approvisionnement d’électricité d’Aluminerie Alouette, signé en 2017, vient à échéance en 2029. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Le coût de l’aluminium dépendra aussi de la prime Midwest, qui fixe le prix de vente de l’aluminium en Amérique du Nord ainsi qu’en Amérique centrale, et qui s’ajoute au prix de base de l’aluminium fixé sur le Marché des métaux de Londres (LME).
Le présent contrat est basé sur un principe de tarification à partage de risques, selon Québec et Alouette.

L'analyste indépendant du secteur de l'énergie, Jean-François Blain, mentionnait l'été dernier que l’Aluminerie Alouette consomme environ 5% de l'électricité de tout le Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Ce que l’entente prévoit
Dans le cas où les États-Unis ou l’Union européenne imposeraient des mesures de représailles contre cette entente ou les ajustements qui y sont faits, le tarif payé par Alouette pourrait être à nouveau ajusté, peut-on lire dans la Gazette officielle du Québec.
D’autre part, si l’entente entre le gouvernement du Québec et Terre-Neuve-et-Labrador concernant le complexe hydroélectrique de Churchill Falls n’est pas signée avant 2030, le contrat d’Alouette pourrait être modifié pour la période de 2041 à 2045.

Le contrat pourrait également être modifié pour cette même période advenant qu’une fois conclue, l’entente de Churchill Falls ne reflète pas ce qui était prévu, et qui a guidé les négociations entre Hydro-Québec et Alouette. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Puis, si jamais la société d’État conclut avec un autre producteur d'aluminium un contrat plus avantageux, une nouvelle négociation pourrait survenir pour offrir des termes commercialement raisonnables, équivalents, à Alouette.
La puissance octroyée par la société d’État à Alouette sera également bonifiée : un premier bloc de 25 mégawatts sera accordé lors de l’entrée en vigueur du contrat, puis un deuxième de la même ampleur en janvier 2032. L’aluminerie disposera ainsi de 1060 mégawatts pour alimenter près de 600 cuves.
Les promesses d’Alouette
En contrepartie, Alouette s’était engagée en 2025 à investir 1,5 milliard de dollars sur ses installations lors des 20 prochaines années. L’entreprise prévoit donc de multiples projets de décarbonation et de modernisation des installations préexistantes.
Le vice-président des activités commerciales chez Hydro-Québec, Dave Rhéaume, affirmait l’année dernière que l’entreprise pourrait augmenter sa productivité et son efficacité grâce à ces investissements. Ainsi, elle serait capable de payer un prix d'électricité plus élevé, selon lui.
Il y a des éléments à l’intérieur de [l'entente] qui vont permettre à Hydro-Québec de toucher plus de revenus dans les temps meilleurs, ce qui va faire en sorte de mieux couvrir le risque des basses périodes, lorsqu’on paye un peu moins cher d’énergie, affirmait le PDG d’Aluminerie Alouette sur les ondes de l’émission Bonjour la Côte en juillet 2025.
De plus, l'entente comprend une bonification de puissance interruptible hivernale.

Ce programme permet à Hydro-Québec de demander à Alouette de réduire temporairement ses opérations et la puissance des cuves, et ce, pour répondre aux besoins énergétiques élevés de la période du 1er décembre au 31 mars. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Le programme de puissance interruptible permet déjà à Hydro-Québec de regagner, de la part d’Alouette, 330 mégawatts pendant trois heures durant les périodes de pointe.
Par contre, le chiffre bonifié n’est pas précisé directement dans l’entente. Il pourrait aussi être révisé dépendamment des capacités de l’aluminerie et des besoins de la société d’État.


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