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Gaétane Bernier dit héberger environ 70 animaux chez elle, tout en travaillant à temps plein. À bout de souffle, elle demande à la Ville de Matane de faire avancer le projet de refuge animalier municipal.
Elle recueille notamment des ratons laveurs, des renards et des écureuils, ainsi que des chiens, des chats et quelques animaux de ferme.
Elle a commencé à prendre soin d’animaux sauvages il y a environ six ans. Des chiens et des chats se sont ajoutés progressivement après la fermeture de l’ancienne fourrière de Matane, il y a environ trois ans. Gaétane Bernier précise qu’elle a entrepris cette activité de sa propre initiative, sans mandat de la Ville.

Gaétane Bernier accueille des animaux sauvages blessés ou orphelins depuis plus de six ans.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Je ne suis pas capable de laisser un animal souffrir sur le bord du chemin , explique celle qui travaille 40 heures par semaine comme secrétaire-assistante dans une clinique vétérinaire. Les dons l’aident à payer les soins et la nourriture, mais elle dit devoir aussi puiser dans son budget personnel.
Aujourd’hui, elle presse la Ville de réaliser le refuge animalier municipal. Je suis fatiguée, je n’ai plus de vie sociale, confie-t-elle. Sans progrès, elle envisage de cesser ses activités. J'essaie de m'occuper du refuge. Oui les gens vont dire que "c'est un choix que tu as fait", sauf que si je ne fais pas ce choix-là, il va arriver quoi avec ces pauvres petites bêtes ?
Elle a lancé une pétition pour presser la Ville de Matane de réaliser le refuge municipal qui est dans les cartons depuis plusieurs années, trop longtemps à son goût. Ils se lavent carrément les mains. Ils délèguent aux gens comme moi qui ont un cœur puis qui soucient du bien-être animal.

La propriétaire du centre et refuge chez Marny, Gaétane Bernier, est épuisée d'accueillir chez elle des animaux sauvages et domestiques sans aide des autorités.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Elle peut toujours me contacter et prendre rendez-vous souligne le maire de Matane, Eddy Métivier, qui assure du même souffle qu'un projet est toujours à l’étude. Une première estimation évaluait à environ un million de dollars la création d’un refuge répondant aux normes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), explique-t-il.

Une pétition demande à la Ville de Matane de faire avancer le projet de refuge animalier.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
La Ville examine maintenant la possibilité d’un projet commun avec les MRC de La Matanie, de La Matapédia et de La Mitis. Se regrouper avec d’autres MRC, d’autres municipalités […] permettrait de minimiser l’impact financier, soutient le maire. La Ville attend cet automne les résultats d’une étude sur la création d’un refuge animalier régional.
M. Métivier précise que la Ville soutient déjà financièrement Les Animaux de la seconde chance, un organisme qui s’occupe de chats errants, mais la porte-parole de cet organisme n’a pas souhaité commenter.
Selon le maire, les revenus des médailles pour animaux reviennent aux Entreprises Léopold-Desrosiers, chargées de leur gestion.
Il ne sait pas quand les portes du nouveau refuge pourraient ouvrir.
De son côté, Gaétane Bernier songe à fermer celles de son refuge. Elle se donne encore quelques mois avant de prendre une décision finale.
D'après le reportage de Jean-François Deschênes


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