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Un entrepreneur doit débourser des dizaines de milliers de dollars après avoir fait une sortie de route. Ce dernier déplore que sa compagnie d'assurance ne règle pas la facture puisqu’il a accidenté son véhicule en tentant d’éviter une collision avec un véhicule qui empiétait dans sa voie.
Le propriétaire du Centre local d'aménagement à Sherbrooke, Samuel Jutras, était au volant de son camion pour effectuer une livraison dans le secteur de Lac-Brome, lorsqu’à l’approche d’une courbe, il a aperçu un véhicule qui circulait sur la ligne centrale. Instinctivement, il raconte s’être déporté sur le bas-côté du chemin de campagne pour contourner l’automobiliste.
C'était vraiment comme dans un film.
Mon camion s'est mis à déraper tranquillement sur à peu près 200 pieds. Mon devant était sur la chaussée. Ce sont les roues arrières qui ont commencé à rentrer tranquillement dans le fossé, témoigne celui dont le poids lourd a fini sa course contre un arbre. Samuel Jutras affirme que l’autre conducteur ne s’est pas arrêté.
Une situation qu’il qualifie d’absurde
Samuel Jutras en veut à sa compagnie d'assurance qui lui refile la facture. Étant donné que j'ai perdu le contrôle, je suis à 100 % responsable, déplore-t-il. Résultat : il dit devoir payer une franchise de 15 000 dollars pour que son assureur aille de l’avant avec les réparations.
Les dépenses ne s’arrêtent pas là, ajoute Samuel Jutras, qui doit également louer un autre poids lourd d’ici à ce que son camion soit prêt à reprendre la route. Un 12 roues, c'est minimum 8000 dollars par mois, estime celui-ci. J’en ai pour 2 mois, alors je suis déjà à 16 000 dollars. Ma franchise est de 15 000 dollars, on est donc rendu à 31 000 dollars.

Samuel Jutras est propriétaire du Centre local d'aménagement
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
J'aurais été récompensé de le percuter et je suis pénalisé de l'avoir évité.
Si j'avais percuté le véhicule [l’assureur] aurait payé ma franchise et m'aurait loué un véhicule, ce qui est un petit peu absurde parce que la personne dans le véhicule serait sûrement décédée, résume Samuel Jutras, qui n’aurait toutefois pas fait autrement.
C'est de valeur de payer pour ça, mais ça fait partie des risques du métier, note-t-il. Je vais l'assumer.
Par écrit, le Bureau d'Assurance du Canada (BAC) explique que la Convention d’indemnisation directe s’applique lors d’une collision impliquant au moins deux véhicules et pour laquelle tous les propriétaires sont identifiés.
En vertu de cette entente, chaque automobiliste est indemnisé directement par son propre assureur tandis que la responsabilité de chaque conducteur impliqué dans une collision est déterminée à l’aide des barèmes contenus dans la Convention, ajoute le BAC.


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