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Toronto pourrait voir davantage de vendeurs et d’artistes dans les rues du centre-ville si la Ville décide de mettre fin à un moratoire de près de 25 ans.
Le comité pour le développement économique et communautaire de la Municipalité se penchera sur la proposition des fonctionnaires la semaine prochaine. L'ensemble des conseillers pourraient par la suite l'étudier lors de la rencontre du conseil qui débute le 22 avril.
La Ville, qui propose de mettre fin au moratoire, souhaite ainsi aider les entrepreneurs et artistes indépendants, tout en redynamisant les quartiers du centre-ville.
Un moratoire de 24 ans
Adopté en 2002, le moratoire visait à restreindre le nombre de vendeurs ambulants au centre-ville à la suite de plaintes indiquant qu’ils encombraient trop la voie publique et entravaient la circulation sur les trottoirs.
Le conseil municipal de l’époque avait alors décidé de mettre un frein à l’octroi de nouveaux permis.
Depuis le début des années 2000, le nombre de vendeurs itinérants au centre-ville de Toronto a diminué de plus de 50 %, passant de 134 en 2002 à 47 à la fin de 2025.

Les élus municipaux avaient adopté le moratoire en 2002 afin de répondre à des plaintes qui laissaient entendre que les vendeurs itinérants étaient devenus trop encombrants et entravaient la circulation sur les trottoirs. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Aaron Harris
Près de 25 ans plus tard, des résidents aimeraient le retour de ces vendeurs de rue.
Dans un sondage effectué par la Ville, 70 % des répondants étaient en désaccord avec l’affirmation selon laquelle il y a suffisamment de vendeurs de rue à Toronto.
Les difficultés du métier
À l’heure actuelle, le trois quarts des vendeurs itinérants sont situés dans trois secteurs du centre-ville, soit University-Rosedale, Toronto Centre et Spadina-Fort York.
Cependant, l’étude effectuée par le comité révèle que les vendeurs de rue toujours actifs peinent à survivre avec l’augmentation des coûts d’exploitation.
Pour ce faire, le comité propose également d’assouplir les règles encadrant les exploitants de camions de cuisine de rue, les artistes ainsi que les vendeurs de rue.

Certaines zones d’amélioration commerciales craignent que l’arrivée de vendeurs de rue fasse concurrence aux restaurateurs et commerçants du centre-ville. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Lyne-Françoise Pelletier
Par exemple, les fonctionnaires recommandent aux conseillers de prolonger de 5 à 12 heures la période durant laquelle les camions de rue peuvent demeurer au même endroit.
La Ville veut aussi réduire les coûts et frais associés à l’obtention de permis. En ce moment, les vendeurs de rue de Toronto payent leur permis entre 3000 et 7000 $ annuellement, alors qu'à Vancouver, par exemple, ce permis coûte entre 1100 $ et 1600 $ par année.
Les vendeurs de rue de Toronto sont sujets à des frais d’exploitation beaucoup plus élevés que dans les autres grandes villes canadiennes, et même américaines.
L’idée ne fait pas l’unanimité
Toutefois, l’idée de rouvrir les rues du centre-ville à de nouveaux vendeurs itinérants ne plaît pas à tous.
Certaines zones d’amélioration commerciales (BIA) croient que l’arrivée de nouveaux vendeurs de rue risque de faire concurrence aux restaurateurs et commerçants du centre-ville, d’après les réponses que le Comité a reçues.
En réponse à ces préoccupations, le personnel recommande aux conseillers de délimiter une zone tampon de 25 mètres autour des restaurants, advenant que le Conseil aille de l’avant avec le projet. Le même règlement s'appliquerait aussi aux vendeurs itinérants de bijoux ou de souvenirs, par exemple.


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