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Duncan Kinney a plaidé coupable de méfait contre une statue controversée représentant un commandant militaire ukrainien, en 2021, à Edmonton. Il a admis l’avoir dégradée et avoir ensuite rédigé un article sur cet incident.
La semaine dernière, Duncan Kinney, 43 ans, a admis avoir recouvert la statue de Roman Shukhevych avec de la peinture rouge et avoir inscrit les mots vrai nazi sur le socle en pierre de la statue avant de quitter les lieux, selon un exposé conjoint des faits déposé devant le tribunal.
L’incident s’est produit peu après minuit, le 10 août 2021, à l Ukrainian Youth Unity Complex, dans le nord d’Edmonton.
À l’époque, M. Kinney était rédacteur en chef de The Progress Report, une publication en ligne de gauche.
Les caméras de sécurité du complexe ont enregistré cet acte de vandalisme, selon les documents judiciaires.
Plus tard dans la matinée, vers 8 h 48, Duncan Kinney est revenu au complexe à bord de son véhicule et a pris plusieurs photos de la statue dégradée avec son téléphone cellulaire.
À 12 h 08, il a envoyé un courriel au personnel du complexe, se présentant comme journaliste et indiquant que son journal avait reçu des photos de l’acte de vandalisme.
Il a demandé si le personnel avait une déclaration ou des renseignements concernant l’incident, et si Roman Shukhevych avait été un nazi ou un collaborateur nazi.
Plus tard dans la journée, The Progress Report a publié un article sur cet acte de vandalisme, signé par Duncan Kinney lui-même, et dans lequel il avait écrit que l’acte avait été commis par une ou plusieurs personnes inconnues.

Sur cette image dévoilée par la cour, qui avait été captée par une caméra de surveillance, on voit Duncan Kinney en train de prendre des photographies avec un téléphone cellulaire sur le lieu du vandalisme.
Photo : Photographie présentée en cour
Stupéfaction et indignation
Dans un communiqué, le conseil d’administration (CA) du journal pour lequel il travaillait a fait part de sa stupéfaction.
M. Kinney a toujours clamé son innocence dans cette affaire et nous lui avons fait confiance. La nouvelle d’aujourd’hui a été une surprise désagréable pour nous.
Le fait que M. Kinney a commis cet acte et l’a faussement attribué à quelqu’un d’autre constitue une violation flagrante de l’éthique journalistique et un comportement inacceptable au sein de tout organisme médiatique, lit-on également dans le communiqué.
Le communiqué précise que les articles de M. Kinney, qui a pris sa retraite du journalisme au printemps 2025, resteront dans les archives du journal.

Roman Shukhevych, dont la statue a été dégradée par Duncan Kinney, est une figure controversée de l'histoire ukrainienne.
Photo : Radio-Canada
L’héritage controversé de Shukhevych
Par ailleurs, l’héritage de Roman Shukhevych, l’homme dont la statue a été vandalisée, fait l’objet de controverses.
Par exemple, son rôle à la tête de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, pendant la Seconde Guerre mondiale, a suscité des interrogations quant à la mort de dizaines de milliers de Biélorusses, de juifs, de Polonais et d’Ukrainiens.
En 2021, Friends of Simon Wiesenthal, un centre d’études sur l’Holocauste, a réclamé le retrait des monuments érigés en l’honneur de Roman Shukhevych, les qualifiant d’hommages à des collaborateurs nazis et criminels de guerre.
Quant à la sentence concernant Duncan Kinney, elle devrait être prononcée le 25 janvier 2027.
D’après un texte (nouvelle fenêtre) de Jesmeen Gill


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