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Ministre du Travail de Donald Trump depuis mars 2025, Lori Chavez-DeRemer, 58 ans, a annoncé lundi sa démission dans un contexte de scandales qui l'impliquent non seulement elle, mais aussi ses proches collaborateurs et jusqu'à son mari et son père. Cela porte à trois – toutes des femmes – les évictions au sein du gouvernement américain, après le limogeage de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, le 5 mars, et celui de la secrétaire à la Justice (Attorney General), Pam Bondi, le 2 avril. La liste pourrait s'allonger, alors que des nuages planent sur le directeur du FBI, Kash Patel.
Objet d'accusations dans les médias depuis plusieurs semaines, sous le coup d'une enquête menée par l'inspecteur général du ministère, Chavez-DeRemer était acculée au départ. On lui impute des fautes professionnelles, notamment la consommation d'alcool dans l'exercice de ses fonctions et l'utilisation de fonds publics pour des voyages privés. On lui reproche également une relation extraconjugale avec un collaborateur, qui a dû démissionner depuis. Le mari de la ministre et son père sont également accusés de comportements inappropriés avec de jeunes employées du département.
Pourquoi le limogeage de Pam Bondi est une bonne et une mauvaise nouvelle pour la démocratie américaine"Un boulot formidable"
La Maison-Blanche s'est efforcée de protéger Lori Chavez-DeRemer. En janvier encore, Donald Trump déclarait qu'elle faisait "un boulot formidable". Il est vrai qu'elle représentait pour lui un atout. Éphémère députée de l'Oregon, de 2022 à 2024, cette Républicaine modérée avait dû louvoyer pour se faire élire dans une circonscription plutôt démocrate. À tel point que Trump ironisait à peine en la considérant comme une Démocrate quand le président de l'influent syndicat des chauffeurs routiers, Sean O'Brien, la recommanda auprès de lui pour diriger le ministère du Travail.
Chavez-DeRemer est elle-même la fille d'un syndicaliste de la Teamsters Union. Elle était donc prédisposée à entretenir de bonnes relations avec le monde du travail, ce qui ne pouvait qu'aider Donald Trump à marquer des points au sein de cet électorat. Son retrait forcé, à six mois des législatives de la mi-mandat, est donc un coup dur pour le camp républicain. Il incombera à son adjoint, Keith Sonderling, qui assurera l'intérim, de l'amortir.
Virement de bord
Si un porte-parole de Teamsters Union croit pouvoir affirmer qu'il n'y a jamais eu de secrétaire au Travail plus dévoué à la cause ouvrière sous une Administration républicaine (en un an, elle est allée à la rencontre des travailleurs dans les cinquante États de l'Union), Chavez-DeRemer n'en avait pas moins pris soin de donner des gages à son nouvel employeur en menant une politique "pro business", qui a provoqué aussi du mécontentement. Elle a encouragé ainsi la déréglementation dans de nombreux secteurs, au risque parfois de compromettre la sécurité des travailleurs. Et elle a pris sa part dans la lutte contre l'immigration en traquant le recrutement de clandestins par les entreprises ou en contrôlant l'usage des visas H-1B délivrés aux étrangers qui ont "des compétences exceptionnelles".
Paranoïaque et alcoolique
Sans doute la Maison-Blanche n'aura-t-elle guère le temps de s'apitoyer sur le sort de Lori Chavez-DeRemer. Toute son attention doit probablement se porter à présent sur celui de Kash Patel. Personnage d'emblée controversé (le Sénat avait approuvé sa nomination de justesse par 51 voix contre 49, contrairement à Chavez-DeRemer qui avait reçu le soutien d'une quinzaine de Démocrates pour l'emporter avec 67 votes contre 32), cet ancien avocat de 46 ans refait les gros titres de la presse depuis la parution, le 17 avril, d'un article du mensuel The Atlantic. Il dépeint le directeur du FBI non seulement comme quelqu'un d'impulsif et de paranoïaque, mais aussi comme un noceur et un alcoolique invétéré.
Le renseignement américain en danger ? L'ancien directeur du FBI et de la CIA s'inquiète : "Un précédent dangereux"L'addiction dont Patel serait affligé est telle qu'il arriverait fréquemment en retard au bureau, quand il n'est pas tout simplement absent – l'article de The Atlantic est intitulé "The FBI Director is MIA", pour Missing in Action (l'expression qui désigne généralement les soldats portés disparus après une opération militaire). En une occasion, rapporte le magazine, le directeur, ivre, s'était enfermé et, comme il ne répondait pas, il a fallu enfoncer la porte avec du matériel utilisé lors des prises d'otage par le SWAT, l'équivalent américain du GIGN.
Des absences qui font peur
Les absences, physiques ou mentales, du directeur du FBI inquiètent de plus en plus. Que se passerait-il, demande-t-on, s'il n'était pas en état d'assumer ses responsabilités en cas d'attentat, par exemple, alors que le conflit au Moyen-Orient fait craindre des représailles terroristes ? Kash Patel a réagi en portant plainte pour diffamation – il réclame 250 millions de dollars de dommages et intérêts. The Atlantic, pour sa part, rapporte une anecdote, confirmée selon lui par neuf témoins. Le 10 avril, le directeur du FBI aurait cédé à la panique parce qu'il ne parvenait plus à allumer son ordinateur. Il pensait qu'il avait été viré par la Maison-Blanche, sans qu'on l'avertisse.
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