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Trois-Rivières, une ville accueillante, qui doit faire mieux

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L'intégration des personnes immigrantes reste un défi à Trois-Rivières. Bien que perçue comme peu fréquente, la discrimination est bel et bien présente et l’accès au logement demeure une préoccupation importante.

C’est ce que révèle un rapport commandé par la Ville afin de dresser un portrait de l’attraction, de l’accueil et de l’intégration des personnes immigrantes dans la cité trifluvienne.

Celui-ci met en lumière la persistance de la discrimination, et le fait que de nombreuses personnes immigrantes occupent des emplois en deçà de leurs qualifications.

Malgré ces constats, le portrait général demeure plutôt positif. Trois-Rivières est perçue comme une municipalité dans laquelle il fait bon vivre et dans laquelle la population trifluvienne est plutôt accueillante envers les personnes immigrantes, peut-on lire dans le rapport.

À propos de l'étude

Le rapport Portrait-diagnostic de la situation en matière d’attraction, d’intégration et de pleine participation des personnes immigrantes et des minorités ethnoculturelles produit par l’Institut de recherche sur l’immigration et sur les pratiques interculturelles et inclusives (IRIPII), un centre de recherche affilié au Collège de Maisonneuve. 193 personnes immigrantes établies à Trois-Rivières ont participé.

Le logement demeure un obstacle

Bien que les conditions d’accès à un toit se soient améliorées au cours des dernières années, le logement demeure l’un des principaux défis qui persistent.

Une vaste majorité des personnes immigrantes sondées (85,7 %) sont locataires. En comparaison, 45 % des personnes nées au pays sont propriétaires de leur domicile. Même si le coût élevé des loyers et le manque de logements disponibles figurent parmi les principales difficultés, des situations discriminatoires sont également observées.

Ils nous ont demandé un dépôt de trois mois de garantie. Ce qui est normalement interdit, mais c’était la seule solution, raconte une personne ayant participé à l’étude.

Ce genre de situation n’est pas inconnu d’Info Logis, qui dit avoir constaté de telles pratiques auprès de personnes qu’il accompagne.

 On voit beaucoup de propriétaires imposer des clauses déraisonnables, déplore le responsable au soutien des locataires, Charles Alexandre Bilodeau. Il cite en exemple des familles qui ont plusieurs enfants qui se voient imposés des frais additionnels à la location, puisqu’ils ont plusieurs enfants.

 Ils se disent : ''si je ne prends pas le loyer, je vais avoir de la difficulté à m’en trouver un'' , a ajouté M. Bilodeau, qui souligne que les nouveaux arrivants ne sont pas toujours au courant des lois.

Certains témoignages, tant dans l’étude que chez les utilisateurs d’Info Logis, font également état d’une méfiance de la part de propriétaires envers les nouveaux arrivants.

Selon Info Logis, les mères immigrantes monoparentales constituent un groupe de la société qui rencontre plusieurs embûches lorsque vient le temps de se loger.

Une discrimination peu déclarée, mais toujours présente

À première vue, les données semblent montrer que la discrimination est marginale. Une analyse plus détaillée du rapport vient toutefois nuancer ce constat. On y affirme que la discrimination est moins formelle que par le passé, et elle est moins souvent déclarée comme telle. Cela ne veut pas pour autant dire qu’elle a disparu.

Parmi les expériences discriminatoires rapportées, les motifs les plus souvent évoqués sont : la couleur de peau (36 mentions), la langue ou l’accent (34 mentions) ainsi que l’appartenance ethnique ou culturelle (32 mentions).

 Certaines personnes, notamment racisées, perçoivent des préjugés persistants envers les personnes immigrantes, rapportent une vigilance accrue dans leurs interactions et expriment une réticence à partager leur culture par crainte du jugement, peut-on lire.

Les espaces publics et les transports figurent également parmi les lieux où des expériences discriminatoires sont rapportées.

De l’installation, à l’enracinement, à la participation

Malgré un niveau d’études supérieur (57,1 % de diplômés universitaires contre 40,9 % chez les personnes nées au pays), les personnes issues de l’immigration se heurtent à des obstacles sur le marché du travail. Elles touchent souvent de plus faibles revenus ou sont surqualifiées pour leur emploi. 60 % des répondants occupent un poste inférieur à leurs compétences.

 Il faut réfléchir à comment on voit nos immigrants , souligne l’entrepreneure Elvire B. Toffa, qui milite et accompagne les personnes issues de l’immigration à Trois-Rivières. Elle insiste qu’il est important de les percevoir comme une valeur ajoutée, et non pas comme des gens qui viennent remplir une case.

D’après elle, le fait de reconnaître et d’estimer leur parcours personnel ainsi que professionnel facilitera leur inclusion et leur donnera un sentiment de valorisation au sein de la société. Cette démarche stimulera du même coup leur volonté de s’engager activement dans la collectivité. L’étude démontre d’ailleurs que l’isolement social touche un grand nombre de répondants.

La majorité considère Trois-Rivières accueillante. Plus de la moitié des répondants y éprouvent même un profond sentiment d’appartenance, et ce, en dépit des obstacles rencontrés.

Un plan d’action dans la continuité

Lors de la séance du conseil municipal du 18 août dernier, les élus de Trois-Rivières ont adopté un plan d’action en immigration, pour améliorer l’intégration des personnes immigrantes. 

On le sait, notre ville s’est enrichie ces dernières années [grâce] aux gens issus de l’immigration, issus de différentes nationalités, avait déclaré le maire Jean-François Aubin avant la séance. Il faut continuer à intégrer les gens pour éviter de se retrouver avec des ghettos .

La Ville doit d’ailleurs présenter ce nouveau plan d’action le 22 septembre prochain.  On va renommer des éléments importants sur lesquels on veut travailler , avait précisé ce dernier.

Le maire avait d’ailleurs précisé que la Ville de Trois-Rivières est en discussion avec le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, afin de pérenniser le financement lié au programme.

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